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07.06.2007

Blaise Compaoré remanie ses lieutenants

Le Blaiso a encore dribblé ceux qui croyaient lire une logique d’alternance continue au perchoir. Le changement n’a pas eu lieu. Contrairement à 1997 et à 2002, la présidence du Parlement burkinabè observe son premier statu quo. Roch Marc Christian Kaboré, le Rocco, a vu son bail prolongé de 5 nouvelles années. Des langues fourchues ont certainement déjà dit qu’il a eu un meilleur sort que ces prédécesseurs de l’ère démocratique: Bobognessan Arsène Yé et Mélégué Traoré, le danseur émérite de Kankalaba. Ainsi va la vie... politique.

En tout cas, les supputations ne manquent pas sur l’option de la stabilité que l’enfant terrible de Ziniaré a choisi de faire cette fois-ci. À l’issue de sa réélection à la dernière présidentielle du 13 novembre 2005, il en avait déjà surpris plus d’un en reconduisant Che Ernesto Yonli comme Premier ministre, lui permettant ainsi de battre tous les records de longévité à ce poste. Aujourd’hui, c’est donc au tour du Rocco de briser cette tradition non écrite qui voulait que l’occupant du perchoir ne rebelote pas. Pour une «révolution de palais», ça en est vraiment une. Apparemment, tous les prétendants au petit marteau du président du Parlement semblent acquiescer le renouvellement de bail de l’ancien occupant qui n’est autre que le président du méga parti qui a reconquis - au prix d’une révision du Code électoral - une majorité confortable qu’il avait laissé perdre cinq années plus tôt.

En misant pour le statu quo, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) veut sans doute prouver que sa vague déferlante est assez puissante pour ne pas changer de capitaine. Michel Norbert Tiendrebeogo, candidat consensuel de la maigrelette opposition toutes tendances confondues, l’a appris à ses dépens en se présentant symboliquement contre le Rocco. Le jeu en valait la chandelle, puisqu’il a réussi à engranger 13 voix - soit plus que les 11 députés de tous les partis d’opposition - contre 90 au candidat du méga parti.

En attendant les retombées concrètes du «progrès continu pour une société d’espérance», Roch peut se réjouir de voir continuer son bail au perchoir.

 

God Blaise Testicus

Dans notre numéro 818 du 24 au 30 mai dernier, il figurait parmi les «rapatriables» auxquels le Blaiso devrait faire appel pour constituer sa nouvelle équipe gouvernementale. Dans le dessin qui barrait la Une du canard, son nom était d’ailleurs en bonne place parmi les Premier-ministrables les plus en vue sur l’échiquier de Blaise Compaoré. Dans la nuit du lundi 4 juin, c’est à Tertius Zongo, ambassadeur du Burkina au pays de l’Oncle Sam depuis 2002, qu’est revenu l’onction de 5e Premier ministre de la 4e République.

C’est un retour en force à la tête du gouvernement. En effet, il a déjà été ministre de l’Economie et des Finances et porte-parole du gouvernement dans l’équipe de Kadré Désiré Ouédraogo de 1996 à 2000, il a marqué l’opinion nationale, notamment par ses interventions pendant la crise consécutive à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Visiblement, il a réussi à s’imposer comme «un homme du président». Ce n’est certainement pas par hasard que c’est à lui que l’enfant terrible de Ziniaré a confié la délicate mission d’amorcer un New Deal entre Washington et Ouagadougou. L’homme semble avoir réussi son challenge.

En le portant à la tête de son gouvernement, c’est sans doute un signal fort que Blaise donne en direction de Doubleyou Bush dont l’Administration a marqué son intérêt pour le Burkina à travers son entrée dans le Millenium Challenge Corporation (MCC), la mise en route d’une coopération militaire et l’entrée du pays des Hommes intègres dans l’AGOA.   

S’il doit y avoir une logique dans la nomination de Tertius Zongo, c’est bien d’avoir réussi, en très peu de temps, des paris stratégiques. Si une chose est d’être prophète hors de son pays, une autre est de l’être ici et maintenant. Pour être un chrétien convaincu et convaincant, le nouveau Premier ministre sait plus que quiconque le sort qui est réservé aux prophètes parmi les siens. God bless le Burkina et l’attelage Blaiso-Testicus-Rocco.

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