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27.05.2007

Le jeu d'échecs de Blaise Compaoré

Quel sort Blaise Compaoré va-t-il réserver aux nouveaux pions politiques qui s’offrent à lui? Telle est la question qui brûle les lèvres depuis la proclamation des résultats provisoires des législatives du 6 mai. «Quand une soupe n’est pas trop épicée, elle fait chier», dit-on. Mais, il ne faut peut-être pas la prendre trop chaude. Surtout que el presidente du Conseil constitutionnel, Idrissa Traoré, se hâte lentement pour rendre définitif le verdict livré il y a maintenant presque deux semaines par l’archange Moussa Michel Tape-So-Bas. Les mauvaises langues susurrent que le Tapeur de sable de Tansarga devrait être débarqué de son fauteuil de Premier ministre qu’il a occupé plus de 7 ans durant. Mais comme l’enfant terrible de Ziniaré a plus d’un tour dans son chapeau, il vaut mieux attendre de voir.

Le Dromadaire n’est d’ailleurs pas le seul à attendre. Les 34 ministres du gouvernement attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Ceux qui ont réussi à assurer leurs arrières en se faisant élire comme députés n’ont pas trop de souci à se faire lorsqu’ils seront remerciés. Mais cela n’exclut pas qu’ils fassent des pieds et des mains pour se maintenir le plus longtemps possible au sein de l’Exécutif.

Même avec une majorité confortable de 73 députés contre seulement 57 à l’avant-dernière législature de 2002, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a encore beaucoup de monde à caser. Quand on est un méga parti, on a aussi de méga problèmes, et le chef suprême se fait toujours de mégas soucis pour mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, pour qu’il ne devienne pas un os dans sa gorge.

Avec un large éventail de pions, on pouvait croire que ce sera une partie de plaisir pour le Blaiso. Mais rien ne doit être joué d’avance dans un jeu d’échecs. Il va lui falloir faire une combinaison intelligente et stratégique. Et pour ce faire, un mauvais positionnement de cavaliers, de tours, de fous, de roi, de reine ou de simples pions peut produire un effet boomerang pour «le progrès continu pour une société d’espérance». Faites vos jeux, une nouvelle distribution des cartes est ouverte!

 

 

Le perchoir sera-t-il fondé

sur du Roch ?

La tradition non écrite qui a prévalu depuis l’avènement de l’ère démocratique aura voulu que le perchoir du Parlement soit un fauteuil éjectable à chaque nouveau mandat. Ainsi, après les règnes étriqués de Bobognessan (92-97) et du célèbre danseur de Kankalaba (97-2002), la logique voudrait que le Rocco cède la place. Dans le secret des dieux du méga parti au pouvoir, certains chuchotent que le prochain n° 2 de l’Etat porte le patronyme de Compaoré. Mais quand on sait qu’ils ne sont que deux élus à briller sous cette étoile, on se demande si le perchoir ne sera pas trop haut pour Simon et trop large pour Jean-Léonard ? D’autres voient plutôt le vent tourner vers le Nord où Antoine Komi Sambo, l’ex-président de la défunte Cour suprême, vient d’être élu sous la bannière du CDP. Il n’est pas non plus exclu que d’autres prétendants, qui attendent leur tour, soient tapis dans l’ombre du très convoité président de l’Assemblée nationale. A moins que le docteur Honoré ne feinte tout le monde et plante une fois encore le perchoir dans le Roc(h).

 

L’équation des premiers ministrables

Contrairement au principe mathématique, l’équation du prochain Premier ministre est difficile à pronostiquer à cause d’une certaine pléthore de candidables connus ou reconnus, à tort ou à raison. «Blaise ne va quand même pas continuer à dribbler les gens en reconduisant indéfiniment Che Yonli», pensent certains sans trop d’assurance. On ne sait donc jamais. Mais cela n’empêche pas d’avancer des noms pour qui les analystes politiques ont des raisons que l’enfant terrible de Ziniaré ne devrait pas ignorer. Il s’agit d’abord de Julie Bon-coup avec qui il pourra réparer la faible représentativité des femmes dans les sphères de décision. L’actuelle ambassadeure du Burkina au Canada a suffisamment fait la preuve dans la direction des hommes et des femmes. Il y a également Justin Damo Barro qui assure l’interminable intérim du gouverneur de la BCEAO. Son avantage est qu’il constitue un bon pion pour l’équilibre régionaliste entre le Plateau central et l’Ouest, une autre tradition non écrite de la politique burkinabè. Dans le sillage des premiers ministrables, on cite également le nom de Seydou Bouda, le gentil gentleman qui assure le maroquin de l’Economie et du v’loppement. Son élection comme député dans la province du Bulkiemdé lui confère une onction politique qui semblait faire défaut dans son curriculum vitae.

 

Les rapatriables

Pour les besoins de la formation du futur gouvernement, le Blaiso pourrait être amené à jouer la carte du rapatriement de certains de ses pions. Dans ce registre, on cite entre autres Ablassé, qui porte déjà le pseudonyme prémonitoire de «Petitpion». Cela fait en effet longtemps que cet ancien chef de la diplomatie burkinabè rêve de revenir au bercail, mais pas pour jouer les seconds rôles. Il y en est de même pour Filippe Sawadogo, l’inamovible ambassadeur du Burkina à Paris. Apparemment, on ne saurait pas où le caser et cette fois-ci, le docteur Honoré pourrait trouver la bonne combinaison. Une opération Bayiri pourrait être également organisée pour Tertius Zongo depuis le pays de l’Oncle Sam. Mais, il ne faut peut-être pas devancer l’iguane dans l’eau.

 

Ceux qui sont en suspens

Parmi les ministrables, il n’est pas inutile de parler aussi de ceux qui sont assis entre deux chaises ou qui patientent en attendant d’être situés. Sont de ceux-là, Baba Hama, Délégué général du Fespaco, dont le départ imminent de son poste semble être un secret de Polichinelle pour plus d’un. Il en est de même pour Michel Ouédraogo, ancien Directeur général de Sidwaya, qui serait dans les starting-blocks pour un maroquin. Des mauvaises langues disent que c’est parce qu’il aurait lorgné trop tôt celui de son ex-patron - le ministre de l’Information - qu’il aurait été débarqué de façon brutale de son poste qui lui allait pourtant comme un gant.

 

Les tours

Dans le jeu de redistribution des pions, il faudra également compter avec les piliers ou les bonzes du CDP, les hommes du président ou les môgôs puissants du palais, si vous préférez. Ceux-là sont des partants officiels à tous les postes. Il n’est pas toujours facile de faire des pronostics sur le rôle qu’ils vont jouer prochainement. Ce sont les tours du jeu d’échecs de Blaise Compaoré. Il s’agit du calife Diallo, l’autre vrai n° 2 de l’actuel gouvernement, de l’ange Djibrill Bassolé que certains voient déjà aux commandes de la grande muette, du très discret Yéro La bagarre qui pourrait éventuellement suppléer à Youssouf 1er qui a connu pas mal d’affaires étranges ces derniers mois.

 

Les cavaliers

Il y a aussi des cavaliers que le Blaiso ne manquera pas de servir pour le plaisir du jeu de satisfaction des ambitions et des plaisirs du pouvoir. Les cavaliers de son jeu d’échecs ne sont autres que les partis de la mouvance présidentielle à qui il faudrait octroyer quelques postes pour prouver qu’ils ne sont pas les oubliés du cadeau du «progrès continu». 

 

Enfin les autres pions

Parmi les autres pions, il y en qui pourraient bien jouer le rôle de fou du roi, tel le revenant Hyacinthe Kafando, qui tronque son treillis contre le costume et l’écharpe de député. Les ministres qui ont pris la précaution d’assurer leur bail à l’Assemblée nationale - tels Alain Yoda, Benoît Ouattara, Lassané Sawadogo, Tiémoko Konaté, Aline Koala, Gisèle Guigma, etc. - espèrent ne pas être considérés comme des pions négligeables dans la nouvelle distribution. Et c’est de bonne guerre.

 

Au Burkina, la guerre des mobiles dégénère en désagréments

«Quand les éléphants se battent, dit-on, c’est l’herbe qui en pâtit.» Mais lorsque les opérateurs de téléphonie se livrent une guerre larvée dont la conséquence est une baisse tous azimuts des coûts de communication, le plus grand vœu des clients est que cela dure le plus longtemps possible. Non pas pour que les plus forts gagnent les faibles - comme la compagnie aérienne Air Burkina avait écrasé Point Air pour revenir à ses anciens tarifs -, mais pour que l’équilibre des forces soit maintenu et que la clientèle en profite au maximum. En effet, il suffit qu’un opérateur lâche un peu du lest sur sa tarification pour que les autres lui trouvent la réplique.

En l’espace de quelques mois, chacun des trois opérateurs partageant le marché burkinabè de la téléphonie n’a ménagé aucune initiative pour prouver à sa clientèle qu’il est le meilleur choix. Ainsi, si Telecel a harmonisé ses valeurs de la communication nationale à 150 F la minute et internationale à 250 F la minute, Celtel a ouvert la brèche d’un marketing quasi populiste en initiant des cartes de recharge de 200 F; brèche dans laquelle sa concurrente Telmob s’est engouffrée avec des cartes de 500 F. Dans le même temps, tous se livrent à des opérations de charme via des jeux promo dont les réclames et les résultats inondent les colonnes des journaux et les ondes des radios et les écrans de télévisions. Que gagnent réellement les clients dans cette valse de prix qui a plutôt des allures de guerre des étoiles?

 

Ils aiment trop cadeau

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette guerre des opérateurs de téléphonie mobile apporte une bonne bouffée d’oxygène dans les caisses des agences de communication, des médias, des publicistes et des autres côcôs stratégiques qui rôdent autour de cette manne. Mais il n’est pas toujours évident que ce sont les consommateurs qui en profitent le plus. Tenez! Aussi subtiles qu’ils sont tous, les opérateurs de téléphonie ne concèdent une baisse de prix que lorsqu’ils qu’ils sont plus ou moins sûrs de récupérer d’une manière ou d’une autre ce qu’ils feignent de perdre. Autrement dit, ce qui s’apparente à une baisse ou à un froissement des prix ne crée pas nécessairement une tension au niveau de la trésorerie de l’opérateur. Il joue sur la loi du nombre qui veut qu’on gagne toujours en vendant «moins cher» à un plus grand nombre de clients. Seuls les nigauds se laissent attraper à ce jeu du «qui perd gagne».

 

C’est du blaguer tuer

Du reste, la loi du gain, mieux du «gain facile», rime tellement avec la téléphonie mobile qu’il a fallu qu’un esprit malin balance une fausse pub sur le réseau de Telecel pour y semer le bordel. «A partir de 0h, Telecel devient Moov, envoyez ce message à 10 personnes et gagnez 10.000 F de communication. Moov, un tout nouveau concept. Let’s moov», tel est l’attrape-nigaud qui a failli provoqué un bug, n’eût été la prompte réaction de l’entreprise.

Mais au-delà de l’intox, cet incident montre qu’en voulant toujours agiter le «cadeau» ou le «gratos» pour aguicher les clients, ils finissent par mordre à n’importe quel hameçon. A la guerre comme à la guerre, celui qui a fabriqué cette fausse information devrait au moins se satisfaire d’amener les responsables de Telecel Faso à donner de vraies infos sur son entrée imminente ou non dans le Moov. Quant à la guerre des prix, on ne peut que souhaiter que ça dure jusqu’à ... la gratuité!

15.05.2007

Dépités et décapités de la 4e législature burkinabè!

medium_Corps_sans_têtes.2.jpgLes résultats des législatives du 6 mai dernier sont enfin tombés. Sauf tremblement de terre au Conseil constitutionnel, les chiffres livrés samedi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne devraient pas connaître de changements majeurs. On sait donc, à peu près, ceux qui prendront (ou reprendront) les chemins de l’hémicycle et ceux qui devront ranger leurs écharpes dans leurs valises. Ainsi vont les aléas politiques.
Mais les élections ont aussi l’avantage de permettre de savoir qui est qui, qui pèse toujours quoi. Car, dans nos républiques bananières où le «pouvoir à vie» semblent être la chose la mieux partagée, certains hommes et femmes politiques ne mesurent pas toujours le pouvoir que confère le vote au citoyen. A force de ne pas prévoir l’enjeu des élections, ils en viennent à être surpris ou à se laisser surprendre.
La plupart de ceux qui se sont cassé les dents à ces législatives l’ont été soit par un mauvais positionnement dès le départ, soit par une mauvaise stratégie. A force de prendre des paris, certains en sont venus à ratisser trop large. Comme le dit l’adage, «qui trop embrasse mal étreint». D’autres ont surestimé leurs forces sur le terrain. Conséquences: ils tombent des nues en voyant les résultats.
On notera aussi que la génération des papy députés - honni qui mal y pense - est en voie de disparition dans l’hémicycle. En attendant de calculer la moyenne d’âge de nos futurs honorables députés, force est de constater qu’il y a eu plus de femmes élues que d’opposants. A force de nomadisme, l’espèce d’opposants députés est également en voie de disparition. A moins que certains politiciens - suivez mon regard - nous fassent encore croire qu’on peut soutenir Blaise Compaoré tout en s’opposant honnêtement et sincèrement à son CDP. Ce qui est sûr, c’est que tous les dépités et autres décapités de la 4e législature ne se mêleront pas à ces bagarres au cours des 5 ans à venir.

Une majorité parlementaire
de 89,17%

Les résultats provisoires donnent le CDP confortablement majoritaire avec 65.76% des 111 sièges. A cela il faut ajouter celui de ses différents alliés (notamment ceux qui sont ABC et soutiennent le «progrès continu pour une société d’espérance» de Blaise Compaoré) que sont: 4,50% de l’UPR, 1,80% du RDB, 0,90% du PAI, 0,90% du RPC, 2,70% de la CFD/B et 12,61% de l’ADF/RDA. Pour son quinquennat, l’enfant terrible de Ziniaré dispose d’une majorité parlementaire de 89,17%. Ce qui est nettement au-dessus des 80,35% qu’il a engrangé à l’issue de la présidentielle du 15 novembre 2005.

CDP: 73
ADF/RDA: 14
UPR: 5
UNIR/MS: 4:
RDB: 2
PDP/PS: 2
CFD/B: 3
UPS: 2
PAREN: 1
PDS: 1
PAI: 1
RPC: 1
UDPS: 1

La représentativité
des femmes a reculé
La 4e législature offrira l’agréable surprise de comporter plus de femmes que d’opposants. En effet, l’autre moitié du ciel sera représentée par 12 femmes, dont 9 pour le parti majoritaire, 1 pour l’ADF/RDA, 1 pour l’UNIR/MS et 1 pour la RDB. Mais il s’agit là d’un recul par rapport à la précédente législature où il y avait 14 élues. Visiblement, les genristes ont encore du pain sur la planche pour que le «sexe majoritaire» soit bien représenté dans les sphères de décision.

Le Naba de Manga en panne
Alors que le gros bonnet rouge du Gulmu boit son petit lait en attendant de prendre possession de son fauteuil fêfêtisé à l’Assemblée nationale, le chef traditionnel de Manga, lui, doit se mordre sérieusement les doigts pour avoir essuyé une défaite dans son propre fief. En effet, l’honorable Christian Gustave Bouda, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas pu résister à l’avènement du RPC de son ex-camarade Pissi Léonard Massimbo. Les coups de bec du coq -symbole du RPC- ont été fatals à l’honorable Mang’naba.

Touré, tu as perdu la tête
S’il y a bien un chef de parti qui doit s’arracher les cheveux, c’est bien Soumane Touré. De 5 sièges en 2002, son parti n’a pu engranger cette fois qu’un seul dans le Kénédougou. Mais lui-même est passé royalement à côté de la plaque. Les bagarres inutiles qu’il a engagées à la veille des élections contre ses camarades d’hier que sont Tout-doux Césaoul et Alphonse le Bobo-clair se sont retournées contre lui. Preuve qu’en politique les inconséquences se paient cash. Sa seule consolation est peut-être que son frère-ennemi Philippe Ouédraogo -de l’autre PAI- est aussi sorti de l’hémicycle par l’issue de secours.

Trop de paris a tué le PARIS
Parmi les députés qui écouteront les débats et les ébats de l’Assemblée nationale à la radio, Cyrille Goungounga sera un absent remarqué. A force de prendre trop de PARIS (au propre comme au figuré), il a fini par tout perdre. En 7 ans, il a transhumé du CDP pour (prendre) son 1er PARI avant de faire une alliance fusionnelle avec l’ADF/RDA. Elu en 2002 sous la bannière de ce dernier parti, il a poursuivi son nomadisme jusqu’à reprendre un autre PARIS qui a fait un fiasco électoral le 6 mai. Même s’il a reconnu sa défaite, force est de constater que ces «va-et-vient» entre la majorité et l’opposition semblent finalement une goungoungaffe qui lui a coûté cher. Son avenir politique nous le dira.

Hermann comme Phénix
A l’instar de cet oiseau fabuleux de la mythologie antique, unique en son espèce, qui se brûlait lui-même sur un bûcher pour renaître de ses cendres, Me Hermann Yaméogo semble avoir précipité sa chute en décidant de ne pas voter le jour même du scrutin pour lequel il a fait une contre-campagne. Seulement en ne récoltant aucun siège à l’issue de ces élections, ce n’est pas moins une défaite politique, surtout d’un leader de sa carrure. Sans représentant au Parlement, sa voix et ses idées politiquent ne risquent-ils pas de sombrer ? That is the question. En tout cas, la renaissance du phénix risque fort d’être rude cette fois-ci.

Séraphine est passée juste à côté de la plaque
La mairesse de l’arrondissement de Boulmiougou aura eu moins de chance que sa consoeur de Bogodogo. Alors que Zoénabo Drabo/Ouédraogo a été élue dans la province du Sanmatenga, Séraphine W. Solange Ouédraogo est passée juste à côté de la victoire. Dans la liste du CDP Kadiogo où elle était positionnée à la 4e place, le nombre d’élus s’est arrêté juste à 3. Des mauvaises langues susurrent qu’elle se serait évanouie en apprenant les résultats.

1er couple de parlementaires
Pour la 1ère fois dans l’histoire du parlement burkinabè -à moins d’une méprise de notre part-, un homme et sa femme sont élus en même temps députés. Il s’agit du couple Laya et Blandine Sawadogo tous les deux du CDP. Au cours des sessions nocturnes, ce sont les enfants qui seront dépités de l’absence de leurs parents. A moins qu’en plus de l’hôtel du député, on construise aussi une garderie parlementaire.

Les «papys» n’ont pas pipé grand’chose
De 10 députés en 2002 à seulement 2 élus maintenant, le PDP/PS a connu la plus grosse débâcle de l’opposition parlementaire. De quoi faire retourner le vieux Samo dans sa tombe. Mais à la vérité, ces résultats ne reflètent pas moins une certaine réalité du terrain. Les «papys» n’ont pas fait grand’chose ces dernières années pour ne pas mériter ce triste sort. Exit également Ram Ouédraogo et son RDEB apparenté au groupe parlementaire PDP/PS.

04.05.2007

ATT, un "général-président" comme les autres!

medium_ATT.jpgLe miracle n'a donc pas eu lieu pour l'opposition malienne. Le général Ahmadou Toumani Touré a été réélu à plus de 70%. Même si les candidats malheureux contestent ces résultats à la soviétique, ils doivent se rendre à l'évidence que la démocratie malienne n'est pas allée plus loin que de secréter un "général-président devenu" l'otage d'un système politique dans lequel, des Maliens, visiblement naïfs dans leur grande majorité ont cru qu'il était possible de faire de la démocratie sans opposition. Le faux vrai consensus autour de ATT ne pouvait que produire cette cacophonie électorale à laquelle on assiste ces derniers jours. "Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument".

Jusque-là, seul Nelson Mandela aura prouvé que la seule manière de préserver le pouvoir, c'est de quitter le quitter avant que le vrai pouvoir ne vous quitte. Si le général ATT n'avait résisté à la tentation de revenir au pouvoir, il paraît logique qu'il bénisse aussi toutes supposées fraudes que ses partisans se seraient rendues coupables pour le maintenir au pouvoir. Un pouvoir dont il est devenu, de gré ou de force, l'esclave. Finalement, cet officier qui avait sauvé le peuple malien de la semelle de fer de Moussa Traoré, devient lui-même un général-président comme les autres. C'est-à-dire un timonier national pour qui les électeurs sont prêts à offrir les scores les plus fous. Ainsi va la démocratie en Afrique: un pas en avant, deux pas en arrière.

02.05.2007

Elections fades = corvée pour la presse

medium_Presse1.jpgIci au Faso, les campagnes électorales se suivent mais ne se ressemblent pas. Et cela rend le travail des journaleux particulièrement dur et délicat. Surtout lorsque le Conseil supérieur de la communication (CSC) décide - enfin! - de jouer pleinement son rôle de «censeur» vigilant de la couverture médiatique de la campagne électorale. Saint Luc Adolphe avait averti: «Aucun dérapage ne sera toléré.» Et cela s’est traduit par de nombreux cartons distribués en fin de semaine dernière à l’occasion du bilan de la 2e semaine de surveillance des faits et gestes des médias publics et privés.

Nos confrères Sidwaya et L’Observateur paalga ont pris des cartons jaunes pour avoir publié des articles faisant la part belle à des candidats en course pour les législatives. Il s’agit respectivement du député Mahama Sawadogo et de Christian T. Koné. Les deux canards ont été pris en flagrant délit de valorisation d’un candidat en période électorale. Quant à la télévision privée Canal 3, elle a reçu un carton rouge de suspension de son émission «Le débat», pour avoir laissé tchatcher le sieur Mamadou Kabré qui avait bien de mal à dissimuler sa casquette de candidat à la députation sur la liste de l’Union des partis sankaristes (UPS). La TéNéBreuse a été aussi épinglée pour avoir été trop généreuse avec le parti au pouvoir pour le compte duquel elle a distillé des «images d’inaugurations et d’activité publique donnant parfois la parole à des candidats à de telles occasions» en plus d’une gestion un peu trop large des campagnes du CDP et du temps d’antenne. Enfin, «sur saisine du Parti démocratique et le socialisme (PDS)», le directeur de radio «Daandé Sahel» de Dori a reçu un carton rouge pour avoir diffusé des «propos régionalistes, xénophobes et discriminatoires». 

Au-delà de ces sanctions qui feront couler de l’encre et de la salive, force est de reconnaître qu’on assiste globalement à une campagne très peu pimentée. C’est toujours la même rengaine au niveau des partis politiques qui semblent se réfugier dans une soi-disant «campagne de proximité» ou de «porte-à-porte» qui cache mal leur incapacité à honorer financièrement une campagne électorale digne de ce nom. Sans compter que la plupart des formations politiques, qui ont poussé comme des champignons, ne sont même pas capables de profiter des temps d’antenne et des espaces de communication que le CSC leur offre gracieusement à la radio, à la télévision et dans le quotidien publics. Disons-le net, au Faso, la communication politique est pauvre. Même si on déversait des milliards sur les états-majors des partis politiques, ils ne feraient pas mieux.

Ainsi, en plus d’être loin de ce qu’on pourrait espérer à travers les médias, la campagne législative 2007 révèle les avatars d’une démocratie dans laquelle il est encore difficile de joindre l’utile à l’agréable. L’utile étant ici le message des partis et formations politiques et l’agréable n’est autre chose que la vivacité avec laquelle l’utile devrait se rapporter. Or, à regarder nos confrères qui assurent les tranches réservées aux partis politiques à la radio et à la télévision, on a plutôt l’impression qu’ils font une corvée. Ce qui se ressent au niveau des auditeurs et des téléspectateurs. Même sans disposer de statistiques sur la lecture des messages des partis politiques qui sont distillés par le quotidien Sidwaya, on peut croire qu’il s’agit beaucoup plus de remplir des espaces que d’informer véritablement l’électorat.medium_Presse_2.jpg

La campagne législative 2007 manque cruellement d’entrain pour les médias publics et privés qui sont bien obligés de la traiter comme s’il s’agissait d’un événement qui s’impose de l’extérieur alors qu’il devait être proche de leurs préoccupations ordinaires. C’est vraiment dommage!

Eréctions légis'hâtives au Burkina


medium_AN.jpgLa 4e législature de la 4e République connaîtra ses heureux élus dimanche 6 mai prochain. Du moins, c’est ce jour que le sort des 3 748 candidats des 47 partis et formations politiques en lice sera scellé et on sera situé dans les jours suivants sur les 111 qui recevront leurs tickets pour l’hémicycle. D’ores et déjà, la fin de cette course qui a été lancée le 14 avril dernier s’annonce avec des fortunes diverses. Aucun sondage n’ayant été publié pour estimer, un tant soit peu, les forces en présence, les jeux sont ouverts, a priori. Mais on ne se fait pas non plus beaucoup d’illusion sur l’issue de ce scrutin où les choses semblent jouées à l’avance.

Avec un code électoral astiqué par le méga parti au pouvoir pour le débarrasser du très embarrassant mode du «plus fort reste», les dés sont d’avance pipés pour les petits partis. Fini le fair-play des législatives de 2002 qui avait permis d’avoir une Assemblée nationale multicolore quelque peu sur commande. Fini également la circonscription électorale élargie à la taille de la région qui permettait de récolter plus large. Le retour à la province va faire perdre des plumes à plus d’un parti en course. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que ce sont seulement 3 partis qui ont réussi à poster des candidats dans chacune des 45 provinces que compte le Burkina, à savoir le CDP, l’ADF/RDA et l’UNDD.

Une chose est d’avoir des candidats partout, une autre est aussi d’avoir des élus partout. Or, sur les 15 provinces où un seul siège est en jeu, le méga parti, qui dispose d’un rouleau compresseur impitoyable, part favori. L’émiettement de l’électorat jouera également contre les petits partis qui devront batailler dur pour tirer leur épingle du jeu.

L’autre inconnue de cette équation électorale sera le taux de participation. Les électeurs des villes surtout ont traîné les pieds pour aller retirer leurs nouvelles cartes. Pour les y inciter, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a prolongé son délai initial d’une semaine.

La campagne s’est déroulée, dans l’ensemble, sans incidents majeurs, hormis quelques actes de provocation signalés çà et là. Mais quand on sait que certains partis, voire certains candidats particuliers, ont des revanches à prendre à certains endroits, rien n’augure d’un 6 mai sans bobos. Sans compter les velléités de fraudes, de transport d’électeurs pour des votes multiples et autres intimidations qui planent malheureusement encore sur le processus électoral. Touchons donc du bois.

 

Kadiogo, le panier à crabes

Sur les 45 circonscriptions électorales, la province du Kadiogo seule compte 33 des 47 partis et formations politiques en course pour la conquête des 9 sièges de députés en jeu. Cette concentration confirme que la création «au wazar» de partis est un phénomène qui prend sa source dans la capitale. C’est probablement pour justifier cette génération spontanée, orchestrée surtout à la veille d’élections, que plusieurs partis se jettent dans la course pour faire au moins de la figuration. Tant que la politique sera un panier à crabes, certains politiciens plaisantins auront de beaux jours devant eux.

 

La revanche de l’éléphant aura-t-elle lieu à Bobo ?

Les derniers échos de la campagne montrent que la bataille sera rude à Bobo-Dorosso, la capitale du Houet, où le «parti de l’éléphant» voudrait bien prendre sa revanche sur ses «amis» d’hier qui l’ont ‘’trompé’’ aux dernières municipales. Mais les sankaristes et les autres partis sont aussi en embuscade dans cette province qui est devenue l’objet de toutes les convoitises politiques.

 

Les voix s’effriteront pour les Yaméogo

Autrefois fief et bastion des Yaméogo (de l’opposition et du pouvoir), la province du Boulkiemdé va devoir partager ses voix avec de nouveaux venus et pas des moindres. Deux sinistres de la République sont dans la course pour le compte du parti au pouvoir, alors que Hermann va devoir se battre contre son propre frère qui prêche désormais pour une autre chapelle. Sans compter que des partis émergents, notamment à Kokologho, risquent de créer la surprise.

 

Flic, fliquette et sankaristes

Dans le Passoré, la campagne électorale a été rude et très animée entre le flic à la retraite et maire de Téma-Bokin, Ernest Nongma Ouédraogo, et la ‘’fliquette’’ députée sortante Fatou Diendéré. Me Bénéwendé Sankara, un autre sankariste et pas des moindres, n’entendra pas jouer les derniers rôles, et surtout pas Eugène Diendéré, qui s’est ligué avec d’autres partis politiques pour prendre sa revanche sur les municipales passées. Ça promet du feu dans la province natale de feu Thom’Sank... et de Golf.

 

Une amazone fera parler d’elle

 

S’il est vrai que les femmes sont mal loties sur les listes de ces législatives, il n’en demeure pas moins que certaines individualités font parler d’elles. L’illustration est donnée dans la Comoé où le CDP aura fort à faire contre le RDB qui a placé une amazone en tête de liste. Après l’épisode des municipales où ce nouveau parti a donné une fessée électorale au parti au pouvoir, tout le monde s’attend à ce qu’il réédite l’exploit. Surtout que l’ombre du défunt maire Mamadou Koné continue de planer sur Banfora.  

 

Tirage de maillots des frères Diallo

L’autre duel à observer de près, c’est sans doute Ouahigouya, où les frères ennemis Diallo semblent décidés à en découdre par leurs partis et militants interposés. La désormais traditionnelle guerre de positionnement entre le CDP et l’ADF/RDA aura bel et bien lieu dans le Yatenga. En tout cas, tous les ingrédients ont été préparés à cet effet.

 

Les bonnets rouges auront-ils les yeux rouges ?

Jetés corps, âmes et bonnets dans la bataille électorale, deux des chefs traditionnels les plus importants du Faso devront prouver à leurs sujets de plus en plus sceptiques qu’ils ont fait le bon choix. Dans le Sanmentenga, le Dima de Boussouma, en course pour la 4e fois, devra convaincre au-delà de son empire traditionnel. Quant au Kupendieli, le roi du Gulmu, qui fait son baptême de feu électoral sous la tunique d’un éléphant, rien ne semble gagné à l’avance. Les temps ont bien changé!

 

Revoilà la chasse au RSI

La campagne n’a pas été de tout repos pour le ‘’tout-puissant’’ commissaire régional du CDP, le sinistre de la Santé Alain Yoda. Certains de ses frères bissa et pas des moindres, à la tête desquels se trouve l’ancien directeur général de la Police nationale, ont décidé de rouvrir la chasse au RSI, le parti duquel Yoda a été le transfuge pour le CDP. Espérons qu’ils ne ressortiront pas les gourdins pour le 6 mai. L’ange Djibrill Bassolé a intérêt à veiller au grain dans cette région.

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