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25.04.2007
Que la chasse aux pistoleros s'ouvre enfin!
Le drame de Virginia Park où un étudiant américain d’origine coréenne a abattu froidement 32 de ses camarades, avec son arme, avant de se donner lui-même la mort vient rappeler l’épineuse nécessité de contrôler la circulation des armes dans nos pays. En effet, si aux États-Unis le port est quasiment garanti par la loi fondamentale de ce pays de paradoxes, ici, les engins de la mort qui circulent sont détenus dans la plupart des cas en toute illégalité. Les spécialistes de la question estiment à plus de 30 millions le nombre d’armes qui sont dans cette situation en Afrique subsaharienne, dont 10 millions en Afrique de l’Ouest. On aurait bien aimé savoir combien en charrie le pays des Hommes intègres. Mais en la matière les autorités préfèrent garder le cadenas sous la langue.
Et pourtant, tout le monde en parle. Depuis que la RDP (Révolution démocratique et populaire) et les conflits libérien, sierra-leonais et ivoirien sont passés par là, le Burkina ploie sous le poids des armes légères. Des organisations internationales de défense des droits de l’Homme n’avaient pas hésité, en son temps, à remonter les bretelles aux autorités burkinabè à propos d’un certain transit d’armes via leur territoire vers les pays en guerre. Mais le tout n’est pas d’alerter, il faut agir et vite. Et c’est là où le bât blesse.
Car, dans cette course contre le monstre, le Burkina Faso, comme la plupart des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), se hâte lentement pour ratifier les conventions internationales. À en croire la dernière mission que l’institution sous-régionale a diligentée en mars dernier à Ouagadougou, seul le Niger figurait dans le registre des États ayant ratifié la convention signée depuis le 14 juin 2006 à Abuja par 15 chefs d’État et de gouvernement. Pour que cet instrument entre en vigueur, il faut qu’il soit approuvé par au moins 9 pays. Pourquoi traîne-t-on autant les pieds?
Ils sont peu enthousiastes, les États qui voudraient «réduire leurs budgets sur les armes légères et assurer la transparence en donnant l’information au public sur la production, la possession et le transfert des armes», selon l’esprit des concepteurs du traité. L’info sur les armes demeure encore top secret alors que même les législations nationales ne sont que partiellement, voire pas du tout, appliquées. Toutes choses qui ne permettent d’ouvrir véritablement la chasse aux pistoleros. Au nom de la garantie des droits humains et d’une meilleure sûreté et sécurité des biens et des personnes. Que s’ouvre donc la chasse aux pistoleros!
L’équation des sociétés de gardiennage
En prenant, en mars 2002, un arrêté conjoint des ministères en charge de la Justice, de l’Administration du territoire et de la Défense, le Burkina semble avoir fait un pas qualitatif dans la réglementation des «formes et des conditions de délivrance de l’autorisation d’achat d’armes à feu, du permis de détention, du permis de port d’armes à feu et de l’agrément de fabricant ou du commerçant d’armes à feu et de munitions civiles». Mais dans la pratique, des zones d’ombre demeurent, notamment dans la prise en compte de la situation des sociétés de gardiennage où celui qui porte l’arme n’est pas le détenteur et donc ne subit pas les enquêtes exigées à cet effet. Le drame survenu le mois dernier à Ouaga où le responsable d’une société de gardiennage a refroidi un de ses employés avec une arme à feu a achevé de convaincre le ministre de la Sécurité qu’il faut un peu plus de vigilance sur la moralité des vigiles et de leurs patrons. Mais entre les déclarations d’intention et l’action, beaucoup d’eau peut encore couler sous les ponts. Ainsi va la gouvernance au Faso.
Militaires flingueurs et voleurs d’armes
Si au Faso on a eu vent de peu de cas de tragédies causées par des civils détenteurs d’armes à feu, les «corps habillés» - ou les militaires, si vous préférez - se sont illustrés comme des champions en matière de gaffe. On se souvient encore de ces histoires de gendarmes flingueurs pour de vulgaires affaires de fesses. Un autre gendarme en service à Kaya s’est même rendu coupable de vol d’armes qu’il n’hésitait pas à liquider au marché noir. Un autre douanier, en formation militaire à Bobo-Dioulasso, s’est fait prendre en flagrant délit de vente d’armes de guerre à une société de gardiennage. N’eût été la prudence de son interlocuteur qui a informé les services de sécurité, il aurait réussi son forfait.
Des fabriques d’armes à Ouagadougou
La détention d’armes est une affaire de tradition dans certaines contrées du Burkina. Ainsi, un fils hérite-t-il de l’arme de son pater, sans se donner la peine de se conformer à la réglementation qui dit que «le permis de port d’armes à feu est strictement personnel». En ville comme au village, des forgerons se jettent dans la fabrication d’armes sans se soucier d’en obtenir l’agrément. Et puisque les détenteurs d’armes ne sont aucunement des enfants de chœur, il arrive que des coupeurs de route et des bandits de grand chemin s’approvisionnent dans ces fabriques illégales. La dernière illustration de cette situation a été le démantèlement par la police, en février 2006, de sites illicites dans les secteurs 16, 17 et 22 de Ouagadougou.
La CNLPAL a du pain sur la planche
Présidée par le colonel Paul Yaméogo, la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL) créée par décret n°2001-167/PRES/PM/DEF du 25 avril 2001 ne devrait pas chômer, tellement l’enjeu du contrôle de la détention et de la circulation d’armes est important au Burkina Faso. Mais le péché mignon de ces commissions qui prolifèrent ici et là, c’est que les missions ne sont pas toujours accompagnées de moyens nécessaires pour leur accomplissement. En plus, leurs animateurs n’ont pas nécessairement les coudées franches pour mener des actions à la mesure de leurs ambitions.
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Faut-il montrer les fétiches à la télé?
Yelsolma, l’émission de la TéNéBreuse qui fait le zoom sur certaines pratiques «mystiques» de notre terroir, est en passe de devenir une émission fétiche. Le pari paraissait délicat à prendre au départ, mais à force de persévérance, notre confrère Gambila Casimir Sanfo a réussi à élargir son cercle d’influence grâce à l’audace de ses initiatives. C’est tant mieux pour l’audimat d’une télévision nationale qui avait besoin de convaincre sur sa capacité d’embrasser tous les pans non seulement de notre culture, mais aussi des us et coutumes qui fondent l’être et l’existence des Burkinabè.
En sortant des sentiers battus pour donner à voir des pratiques et faits considérés - à tort ou à raison - comme occultes, cette émission constitue en elle-même une innovation incitatrice. En effet, la télévision ne s’est intéressée aux fétiches, gris-gris et autres «wacks» que pour satisfaire une curiosité exotique qui frise parfois l’irrévérence, voire le mépris. Avec l’émission Yelsolma, la TNB semble avoir sorti les «fétiches» d’une certaine marginalité dans laquelle ils ont été confinés. Mais est-il judicieux de braquer trivialement les projecteurs sur des réalités rendues mystérieuses par la force des choses? Faut-il montrer aussi vulgairement les fétiches à la télé?
Ce sont là des questions qui taraudent bien des esprits. Surtout de ceux qui pensent que ces «choses-là» ne s’étalent pas impunément sur la place publique, à plus forte raison au travers d’ondes télévisuelles. Comme on a d’ailleurs pu le constater dans la réalisation de certaines images diffusées lors des différents numéros de Yelsolma, la frontière est parfois ténue entre la mise en scène et l’authenticité des faits extraordinaires que l’on tente de montrer. Trop de lumière peut contribuer à banaliser ce patrimoine traditionnel et religieux que l’on croit promouvoir. Une chose est de montrer les fétiches à la télé, mais une autre est de ne pas leur faire perdre leurs âmes. C’est à ce prix que Yelsolma peut espérer s’imposer dans le paysage médiatique comme une émission véritablement fétiche. Gambila et ses «wackmen» sont interpellés!
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23.04.2007
Ni pour Sarko ni pour Sego, mais negro et fier de l'être!
Nos "amis" français viennent de nous donner une belle leçon de démocratie. Non pas en donnant une avance excitante à Sarko sur Sego ou en infligeant une bonne claque à Le Pen et à son front national. Mais en participant massivement à la présidentielle. Près de 80% de participation, ça fait rêver, ça donne du tonus à la démocratie. Mais est-ce à dire que l'electorat français est plus démocrate que celui du Nigeria ou des autres pays africains?
Absolument non. Lorsque le jeu politique est clair et que l'alternance ne souffre pas de débat ni d'ébats inutiles, il n'y pas de raison de ne pas aller voter. Tout excitait à aller voter parce qu'on sait que quelque chose va changer. Au moins, Chirac va céder son fauteuil à quelqu'un d'autre, qu'il soit de droite ou de gauche. Or, en Afrique, lorsque ces potentats soutenue par la même France s'accrochent au pouvoir et refusent de s'en aller, les jeunes n'ont aucune envie d'aller voter. Et ils ont raison. Le problème entre les Français et les Africains, c'est qu'ils semblent nous dénier même le droit d'aspirer à la même démocratie qu'eux. C'est cela qui nous blessent au point de leur souhaiter le pire, comme Le Pen président ou Sarko. Sinon..., nous n'avons rien à leur envier... A bon entendeur, salut
17:59 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.04.2007
Nous sommes tous des racommodeurs de nos langues nationales!
Le député Mahama Sawadogo, encore lui, a jeté un pavé dans la mare, en mettant le doigt sur les travers de la traduction des articles de la presse écrite en langues nationales à la radio. Dans une diatribe distillée, au début de ce mois, dans les principaux quotidiens de la place, l’honorable parlementaire fustige ce qu’il considère comme la presse «écrite-parlée» et attire l’attention de l’opinion nationale sur «les problèmes éventuels qui pourraient survenir du fait de la non maîtrise de la fidélité de la traduction par certains journalistes des radios FM».
On n’a pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour comprendre que les cibles de la critique du député sont les fameuses «revues de presse» qui ont fait leur apparition ces dernières années sur les ondes de certaines radios de proximité. Très prisée au regard de l’engouement qu’elle suscite, cette nouvelle forme d’information a eu, jusque-là, le mérite de traduire en langues locales des informations qui étaient, jusque-là, monopolisées par les maîtres de l’écrit et confisquées par la minorité de ceux qui savent lire en français. Tout en brisant les «chaînes» de l’information dans une société qui se veut démocratique, ce nouveau genre journalistique ne pèche pas moins par une trahison de la substance des articles traduits. D’où la pertinence de la sonnette d’alarme que tire le député Mahama Sawadogo.
Mais «l’infidélité» des traducteurs, si promptement dénoncée par le parlementaire, est-elle le seul fait de nos confrères des radios FM? Ce serait injuste de vouloir faire porter ce chapeau aux seuls animateurs de ces radios de proximité qui ont l’ingéniosité de combler un vide qui contrastait tragiquement avec l’option démocratique du Burkina Faso. Des animateurs prenants, tel Aboubakar Zida, alias Sidnaaba, de Savane FM, pour ne pas le nommer, ont tracé des sillons utiles et novateurs en interprétant en langue locale le contenu des articles de la presse écrite à la portée de l’écrasante majorité de leurs auditeurs. Pour ne parler que de cette radio qui, en la matière, crève l’audimat, force est de reconnaître que ce ne sont pas seulement ceux qu’on qualifie péremptoirement d’analphabètes qui profitent de la presse «écrite-parlée», mais également toute la masse de scolarisés et même d’intellectuels qui n’ont toujours pas les moyens ou le temps de parcourir les journaux. La traduction des articles de presse écrite ne se fait pas nécessairement dans le respect des règles qui régissent la presse, mais de là à lui jeter l’anathème, ce serait jeter le bébé avec l’eau du bain.
Par ailleurs, en proposant la «création de vrais journaux en langues nationales» pour remédier au problème de «l’infidélité» des journalistes des radios FM, le député Mahama Sawadogo semble avoir ignoré que les raccommodeurs des langues nationales ne se trouvent pas seulement dans les rédactions des radios privées. Il faut aller les chercher également à la radio et à la télévision nationales où des animateurs de ces médias d’État, qui sont supposés avoir une formation adéquate, ne font rien d’autre que de traduire - du français aux langues nationales - généralement mot à mot des notions qui n’ont rien à voir avec les réalités dont ils tentent de parler. Même dans les journaux télévisés en langues nationales, nos confrères se contentent, la plupart du temps, d’une traduction linéaire qui ne déforme pas moins les informations originales.
Il faut aussi suivre les messages de la Commission électorale nationale indépendante qui sont diffusés en ce moment pour se rendre compte que tout le monde fait du «copier-coller». Que dire de tous ces hommes politiques incapables d’exprimer leurs opinions ou leurs programmes dans leurs langues maternelles ou qui massacrent horriblement ces langues?
Nous - politiques, journalistes, scolarisés, alphabétisés - devons tous avoir le courage de reconnaître que nous sommes tous des analphabètes dans nos langues nationales. La solution à ce mal profond ne viendra que d’une introduction conséquente des langues nationales dans notre système éducatif et de formation et le développement de contenus d’enseignement à caractère social, culturel et politique. Ainsi, on ferait un pas qualitatif important vers la démocratisation de l’information.
12:11 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A qui appartiennent les Etalons du Burkina?
12:09 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pourquoi "l'eau" fait courir le Burkina?!
Folle course vers «l’or bleu»
«L’eau, c’est la vie et le développement humain durable.» Ce slogan, qui vise la réalisation d’un des objectifs essentiels du millénaire pour le développement, fait désormais obligation aux pays en quête d’un mieux-être pour leurs populations de combler, avec célérité, leur déficit en eau potable et assainissement. En la matière, le Burkina brille par son retard dans le peloton de queue de l’indice du développement humain durable (DHD) et se doit, par conséquent, de mettre les bouchées doubles pour améliorer ses tristes scores consécutifs. D’où la folle course contre la montre que les autorités ont engagée ces dernières années vers l’or bleu, au point de mêler parfois vitesse et précipitation.
On se souvient encore de la diligence avec laquelle le chef de l’État avait ouvert les vannes du nouveau dispositif d’adduction d’eau potable à partir du barrage de Ziga, en juillet 2004, alors même que les travaux n’étaient pas complètement achevés. Du moins, il a fallu attendre pratiquement un an, avant de voir l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea) annoncer la possibilité de branchements tous azimuts et à des prix étudiés. De 150 000, voire 200 000 F CFA, la connexion au réseau national de l’eau potable a, aujourd’hui, chuté à 30 500 F CFA. Preuve d’un certain effort pour mettre le liquide vital à la portée du plus grand nombre. Ce n’est d’ailleurs pas l’engouement qui a fait défaut.
De 3 000 branchements attendus, une campagne-test entreprise à la fin de l’année 2006 par la nationale de l’eau lui a permis d’enregistrer plus de 12 000 demandes de branchement. Pour satisfaire cette explosion, l’Onea a été obligé d’externaliser ses services, s’ouvrant ainsi à trois entreprises sélectionnées par appel d’offres pour gérer les travaux de raccordements. Pour espérer se rapprocher des objectifs du Millénaire pour le développement, aucun ajustement n’a été exclu, même si cela provoque des désagréments et des grincements de dents sur le terrain.
Les autorités en charge de l’eau ne courent pas moins dans tous les sens pour rassembler la cagnotte nécessaire à la concrétisation de leur ambition. Le patron de l’Onea continue de taper à toutes les portes utiles. Le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques a reçu une véritable bouffée d’oxygène de la part de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui s’engage à financer 300 forages positifs, dont 173 dans la région du Plateau central et 127 dans celle du Centre-Sud où les travaux ont été lancés le week-end dernier à Gogo, dans la province du Zoundwéogo.
Mais au-delà des inaugurations et des actions d’éclat, un impératif demeure: il faut soutenir le progrès en matière d’approvisionnement en eau potable et assainissement. Vivement que la folle course qui est engagée ne noie pas les exigences de qualité des ouvrages et des prestations en campagne comme en ville. Ce serait vraiment dommage.
L’Onea revient à 30 500 F
Depuis le 17, et ce jusqu’au 17 juillet, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea) rebelote son opération de branchement grand public dont le test a été fait pendant un mois à la fin de l’année 2006. Cette opération ne comblera pas l’attente de tous les ménages qui espèrent entrer dans le réseau de la nationale de l’eau puisqu’elle ne concerne que les parcelles et les habitations qui sont à une distance inférieure ou égale à 50 m. Espérons que les entreprises partenaires de l’Onea réduisent cette fois-ci le nombre de trous dans les rues et surtout de cassures de tuyaux qui entraînent des fuites d’eau et le sevrage des populations environnantes.
Encore plus de rigueur et de célérité, SVP!
L’opération de branchement populaire de l’Onea résout, certes, un problème réel, mais elle en a créé d’autres, notamment un cafouillage dans les rapports entre les clients et l’office. Jusqu’à mardi 17 avril, date du début de la 2e opération de branchement à Ouagadougou, il y avait beaucoup de demandeurs de la précédente opération qui n’ont pas été satisfaits. Pendant 3 mois, voire plus pour certains, ils ont été balancés entre les agences de l’Onea et le siège de l’entreprise privée chargée de faire le raccordement dans leur zone. C’est la croix et la bannière. L’inorganisation et surtout le manque de communication de ces entreprises ne sont pas faits pour arranger les rapports. La direction générale de l’Onea devra veiller cette fois-ci à régler ce dysfonctionnement préjudiciable à son image.
Demandez l’eau et l’Onea
vous donnera...
Si le plaidoyer mondial en vue de l’eau potable et de l’assainissement pour tous estime que certains pays devraient aller jusqu’à la gratuité, à l’Onea on n’est pas disposé à emprunter cette voie. L’Office aurait commandité une étude sociologique qui lui aurait révélé que la gratuité peut coûter cher à la pérennité des branchements. C’est pourquoi, au lieu de faire des branchements à 0 F, l’Onea préfère non seulement fixer un prix forfaitaire qui peut être révisé à la baisse selon ses possibilités financières, mais également que tout branchement se fasse sur demande. Cela, pour éviter qu’au moment d’honorer les factures, personne ne vienne dire qu’il n’a jamais demandé qu’on mette de l’eau chez lui. En clair, la connexion au réseau de l’Onea ne sera jamais gratuite. Mais il faut en faire la demande et on vous l’accordera... moyennant des sous, même si c’est un peu.
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12.04.2007
Le Filep re-file le coton de la liberté d'expression et de presse!
Plus de 7 ans après avoir semé ses premières graines sur les terres de Ouagadougou, le Festival international de la liberté de la presse (Filep) reprend du service du 11 au 14 avril dans la capitale burkinabè. Une centaine de défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression et de presse venus d’une trentaine de pays du continent déroulent, en principe, le programme du 2e Filep autour du thème: «Sauver la liberté d’expression et de presse pour sauver la démocratie».
Une préoccupation bien à propos dans des démocraties tropicalisées où la liberté d’expression et de presse n’est pas particulièrement élevée comme un enfant dans du coton. Son sort est même si tragique que ceux qui osent en user pour que triomphent la liberté et la justice l’ont payé de leur vie. Le journalisme demeure, malheureusement encore, un métier à haut risque sur le continent africain. Au pays des Hommes intègres, l’affaire, toujours insoluble au plan judiciaire, de Norbert Zongo, le directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant fauché le 13 décembre 1998, demeure un trou noir dans la galaxie des libertés fondamentales.
C’est justement pour fustiger cet horrible liberticide et immortaliser le combat des journalistes assassinés en Afrique que le 1er Filep s’est déroulé, en 2000, au pays de Norbert Zongo, ce journaliste qui «a refusé de bâillonner sa plume», selon l’hommage que le reggaeman ivoirien Alpha Blondy lui a rendu. Obligées d’accepter, à contrecœur, ce festival qui n’avait pas l’esprit aux habituels salamalecks et autres bamboulas, les autorités burkinabè n’avaient pas moins mis les bâtons dans les roues des organisateurs. À l’époque, le Filep devait se tenir du 13 au 16 décembre, soit en marge du 2e anniversaire de la commémoration de l’assassinat du directeur de publication de L’Indépendant.
Il n’en fallait pas plus pour que certaines personnalités de défense des droits humains soient déclarées persona non grata au Faso. En plus, les manifestations prévues se sont achevées en queue de poisson. Dans la matinée du 13 décembre 2000, les festivaliers ont été stoppés à 5 km de Sapouy par une horde de policiers qui ont «reçu des ordres» de... ne rien comprendre. Cela faisait suite à une mise en garde musclée proférée quelques jours plus tôt par le ministre délégué à la Sécurité, Djibrill Bassolé. La première pierre du «monument de la liberté de la presse», prévu pour être érigé sur les lieux du crime, n’a pu être posée. Pire, une soixantaine de festivaliers a été refoulée à la frontière Ghana-Burkina, le Centre national de presse Norbert-Zongo, pied-à-terre du Filep, a été investi par la police anti-émeute et interdit d’accès, le concert que devait animer l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a été annulé sans autre forme de procès. Tout semble avoir été mis en œuvre pour tuer le Filep dans l’œuf. Les conditions sont-elles réunies pour que ce festival assez particulier file du bon coton? Rien n’est moins sûr.
Sans être dans le secret des négociations qui ont scellé sa reconduction, force est de reconnaître qu’il a dû y avoir beaucoup de compromis de part et d’autre. En effet, le choix de la période du 11 au 14 avril paraît plus «neutre». On constate aussi que l’idée de l’érection d’un «monument de la liberté de la presse» à Sapouy ne figure plus dans l’agenda du Filep. A la place, les participants feront un pèlerinage au cimetière de Gounghin où gît Norbert Zongo. Par ailleurs, en plaçant la 2e édition sous le patronage de Roch Marc Christian Kaboré, président de l’Assemblée nationale mais aussi du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir, les organisateurs du 2e Filep achèvent de convaincre que leur initiative n’est plus un sujet qui fâche au sommet de l’État.
Pour le temps d’un festival, tout le monde gagne, peut-être, à sauver les apparences. Quand on sait que la justice burkinabè a confirmé les «funérailles de première classe» du dossier Norbert Zongo il n’y a pas longtemps encore, il y a de quoi craindre pour le coton que le Filep semble contraint de filer. À l’instar des autres valeurs cardinales de la démocratie si chères à l’Afrique, la liberté d’expression et de presse a probablement besoin d’une fête. Mais que vaut une fête sans l’achèvement du combat?
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Les politiciens burkinabè et le "wack"
Les meurtres à répétition dont les victimes sont jetées aux quatre points cardinaux de la ville de Ouagadougou auraient-ils un lien de cause à effet avec les élections législatives du 6 mai prochain? Cette soudaine montée du crime serait-elle simplement le fait d’une insécurité caractérisée ou bien ces homicides seraient commandités pour des pratiques de magie noire à des fins électoralistes? Ces questions alimentent des discussions dans certains cercles dits d’initiés et ne méritent pas moins d’être posées au grand jour.
Surtout dans une société burkinabè dont l’écrasante majorité reste dominée «par des principes et des règles de la société traditionnelle», pour emprunter cette expression au Premier ministre et «tapeur de sable», Paramanga Ernest Yonli dans son discours sur l’état de la nation prononcé le 29 mars dernier devant la représentation nationale. Pour être assis entre le fauteuil de la modernité et le tabouret de la tradition, le Prince de Tansarga sait certainement de quoi il parle. Ils sont légion, les Burkinabè, qui croient à la magie noire ou au «wack», pour donner une coloration locale à la chose.
Et lorsque des faits, comme les meurtres de ces dernières semaines, deviennent récurrents, il y a lieu de s’inquiéter et de s’interroger. Entre l’attente des résultats des enquêtes d’une police qui se hâte lentement et les ravages d’une rumeur qui ne fait pas moins de victimes - dont les dernières sont la chaîne des maquis, les Kundé -, les spéculations vont bon train. D’aucuns n’hésitent pas à fonder leur argumentation sur les échéances législatives. Certains candidats à la députation seraient-ils prêts à tout, y compris des sacrifices humains, pour assouvir leur soif de pouvoir?
Une suspicion certaine pèse sur les hommes politiques et semble se justifier dans un contexte sociopolitique dominé par l’omniprésence de «sorciers» ou de «marabouts» blancs et noirs qui gravitent autour de ceux qui détiennent le pouvoir. C’est un secret de Polichinelle d’affirmer que la plupart des «môgô puissants» qui règnent sur le pays ont chacun leur wackman de service. C’est également une idée répandue qu’à la veille des élections chacun active ses réseaux visibles ou occultes afin de mettre toutes les chances de son côté. Quand on sait que ce n’est pas seulement le mérite ou le charisme politique qui permet d’être élu ou d’être nommé à un poste dit juteux, il n’est peut-être pas inutile de chercher la main invisible des «chercheurs de pouvoir» derrière ces meurtres à répétition à la veille des législatives. À moins que la police scientifique, qui cherche encore ses marques dans les sables mouvants du Faso, ne s’attelle à dissiper ces crédulités tenaces de l’opinion.
LAURENT BADO Y CROIT
Malgré sa «foi droite comme les tecks de Pabré», l’ancien président du PAREN, Laurent Bado, n’a pas moins cru à une tentative de «wackage» au cours de la campagne présidentielle de novembre 2005. Alors qu’il tenait un meeting à Bobo-Dioulasso, le chantre du Tercérisme a eu un malaise qui a fait jaser plus d’un. Dans une interview accordée à notre confrère «Le Pays», il avait lui-même déclaré «qu’il y a quelque chose de bizarre au Burkina Faso pour la compétition électorale», en parlant de «coupure mystérieuse d’électricité». Qui aurait voulu le «danser»? Le professeur ne semble pas avoir percé le mystère, mais a reconnu qu’«en politique on fait non seulement le wack, mais aussi de vrais sacrifices. On tue». Quand cette déclaration vient d’un éminent professeur de droit et éminent homme politique, ça veut dire ce que ça veut dire.
LE ‘’PETIT PRÉSIDENT’’ ET LE SACRIFICE D’UN ALBINOS
Que n’a-t-on pas entendu au sujet des albinos? Une affaire de «wack» qui fait toujours jaser est celle du «sacrifice d’un albinos» dont on tenterait de faire porter le chapeau au ‘’petit président’’, entendez, François Compaoré, conseiller spécial de son frère de président du Faso. Dans une interview accordée le 27 février dernier à l’hebdomadaire L’Indépendant, un certain Delma Daogo a déclaré que David Ouédraogo aurait été envoyé par François Compaoré à la mosquée centrale de Ouagadougou pour ramener un albinos de 16 ans pour qu’il fasse un sacrifice. Il est curieux qu’une accusation aussi grave n’ait pas fait l’objet d’un démenti de la part de l’accusé, en dehors d’une «réponse du berger à la bergère» parue dans l’Hebdomadaire du Burkina.
DES POLITICIENS QUI SE «DANSENT»
Les suspicions de «wack» sont légion dans l’histoire politique du Burkina. Des langues fourchues ont lié les décès des 14 députés enregistrés au cours de la 1re législature (1992-1997) à des «missiles» occultes lancés par des suppléants trop impatients de prendre la place des titulaires de sièges. La psychose semble avoir fait son effet, puisqu’à la législature suivante, plusieurs formations politiques ont modifié la forme de remplacement des députés. N’ayant plus la possibilité de remplacer automatiquement le titulaire du siège, le suppléant n’a plus de raison de le «danser» pour prendre sa place. On se rappelle aussi que le décès, l’année dernière, de Mamadou Koné, maire éphémère de Banfora - officiellement par suite de diabète - a fait courir le bruit que ce sont ses adversaires politiques qui l’ont tué. Il a en a été de même pour l’accident de circulation dont l’ex-ministre du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse, Alain Ludovic Tou, a été victime en 2005.
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09.04.2007
Les députables au pouvoir prennent les médias en otage
Considérés, à raison, comme leviers et ferments essentiels de l’action politique, les médias publics et privés
C’est le 14 avril prochain que s’ouvre, officiellement, la campagne pour les élections municipales du 6 mai. Mais depuis longtemps, toutes les occasions sont bonnes pour exhiber les tronches et distiller les promesses ou les actions de ces candidats sous le couvert de cérémonies et de manifestations dont les comptes-rendus savamment orchestrés à la radio, à la télévision et dans les journaux ne trompent plus. A voir la façon dont les journaux télévisés, parlés et écrits sont inondés de ces actions en trompe-l’œil, on peut même les cataloguer, sans risque de se tromper.
Ainsi, pour appâter les médias, les ministres et môgôs puissants mettent en jeu des coupes. La pratique est si classique que sous prétexte d’«unité», de «fraternité», de «solidarité», de «développement du sport à la base», de «développement» ou de «culture», le magazine des sports de la TéNéBreuse, pour ne citer que lui, ne sait plus à quelle gymnastique se vouer pour échapper aux sollicitations qui fusent de partout. Pire, parfois il n’y a pas d’embarras de choix entre une compétition organisée par une fédération officiellement reconnue par le ministère des Sports et la coupe d’un ministre ou d’un député. Du reste, on n’a pas besoin d’un dessin pour comprendre que ces soi-disant coupes ne sont que des précampagnes déguisées.
Il en est de même pour tous ces parrainages et marrainages de manifestations. Ce n’est ni plus ni moins que de la publicité fardée pour des hommes politiques (candidats ou candidables) en manque de visibilité politique. Et puisque les réclames et les reportages semblent rapporter des ressources substantielles pour des médias en manque d’annonceurs, ce qui apparaît au départ comme une «prise d’otage» devient une compromission consentie. Tant pis pour les téléspectateurs, auditeurs et lecteurs qui ne peuvent pas aller voir, entendre ou lire ailleurs.
Ailleurs, pour ne pas citer la France, on a vu le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, se «libérer» du carcan du gouvernement pour aller battre sa campagne pour la présidentielle.
Il ne faut peut-être pas rêver qu’ici au Faso des ministres démissionnent pour se donner la latitude de vaquer librement à leurs activités de campagnes électorales. Ils préfèrent se camoufler sous leurs costumes de «serviteurs de l’Etat» pour mieux se servir des médias comme marchepied vers un hémicycle où la plupart d’entre eux ne siègent même pas. Et tant que les conseils d’administration des médias d’Etat, les directions des médias privés et surtout le Conseil supérieur de la communication (CSC) se montreront complaisants devant cette situation, l’équilibre et l’équité de l’information politique resteront un leurre.
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Au commissariat central, la section "accident" fait pitié!
Navrant. C’est le constat que l’on peut faire du dysfonctionnement de la section «accident» du Commissariat central de police de Ouagadougou. Presque tous ceux qui ont fait l’amère expérience d’un accident de la circulation vous le diront: avoir un constat dans des délais raisonnables relève d’un parcours du combattant. Le service de la police commis à cette tâche ne dispose visiblement pas des moyens de sa mission. Conséquences: lorsque les accidents se chevauchent comme Ouagadougou en a l’habitude, il devient pratiquement impossible de les avoir. Avec des moyens logistiques réduits à une bâchée qui tombe régulièrement en panne sèche, les deux équipes de trois policiers affectés à cette section ne peuvent pas répondre à toutes les sollicitations. Et ce n’est pas ce qui manque dans la capitale où ânes, charrettes,... disputent la chaussée aux deux et quatre-roues. Sans compter les foutaises des chauffards et cascadeurs qui font de la circulation routière un véritable calvaire.
Selon les statistiques de la brigade des sapeurs-pompiers de Ouagadougou, ce sont 101 accidents qui ont été relevés seulement dans la semaine du 26 mars au 1er avril 2007. Théoriquement, la section «accident» du Commissariat devrait disposer, des mêmes chiffres en termes de constats. Mais, dans la pratique, elle ne s’est déplacée que pour quelques cas arbitrairement choisis. Toutes choses qui causent nécessairement des frustrations aux usagers de la route.
Ils ont beau se plaindre, ils ne savent pas à quel saint se vouer. Pire, cela fait belle lurette que cette situation perdure. Les récriminations et autres plaintes qui sont régulièrement distillées dans les journaux ne semblent pas émouvoir outre mesure les autorités policières.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dysfonctionnement de la section «accident» est devenu une fatalité. Autrement dit, il est difficile de comprendre pourquoi on maintient le service dans un tel état de dénuement dans une grande ville de près de 2 millions d’habitants. Ça fait vraiment pitié.
Privatisation d’une partie de la section
L’autre signe de dénuement de la section ‘’accident’’ est la privatisation d’une partie de ses prérogatives. En effet, lorsque, suite à un accident, un accidenté vient à être immobilisé sur la chaussée, c’est à un garage privé, le Garage du Golf pour ne pas le nommer, qu’est confié le dégagement du camion accidenté. Ce qui cloche dans ce deal apparemment normal, c’est que lorsqu’un véhicule est tracté et déposé dans le garage en question, son proprio se sent indirectement obligé de réparer ce véhicule-là, ou de se donner les moyens d’aller voir ailleurs. Auparavant, il doit s’acquitter d’une facture de l’ordre de 150 000 F CFA pour le tractage et le stationnement d’un camion, en plus des frais d’expertise des dégâts de l’accident. Pourquoi ne pas confier ce service spécifique par exemple au génie militaire qui dispose des porte-chars et de l’espace pour une gestion plus transparente de ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le milieu des taximen et des usagers qui ont été victimes de pratiques peu catholiques?
Une section mal lotie et indésirable
La section «accident» ne comporterait au total que 6 agents qui se divisent en 2 équipes de 3 par jour. Même s’ils étaient des robots, il faut avouer qu’ils ne pourraient pas répondre à toutes les sollicitations. Mais le hic c’est que malgré les nombreux recrutements de flics ces dernières années, les autorités policières n’aient pas cherché à renforcer l’équipe. La section ne serait-elle pas aussi juteuse que les autres? Pourquoi cette marginalisation? Apparemment aucun des nombreux commissaires centraux qui se sont succédés depuis 2000 n’a fait de leurs actions une priorité. Le commissaire Sondo fera-t-il mieux que les autres? En attendant et quel que soit le messie, le dysfonctionnement de la section «accident» n’honore pas le Commissariat central.
Où vont les 2 500 F des constats ?
On comprend, peut-être, que les services de police soient si pauvres qu’ils ne puissent pas investir dans le renforcement des capacités de la section ‘’accident’’. Que fait-on, depuis toutes ces années, des 2 500 F de chaque usager en guise de frais de constat? La logique aurait voulu qu’on épargne cette contribution citoyenne pour donner un peu plus de moyens à la section. Mais apparemment les patrons suivent une logique qu’il est difficile de comprendre.
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