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25.04.2007
Faut-il montrer les fétiches à la télé?
Yelsolma, l’émission de la TéNéBreuse qui fait le zoom sur certaines pratiques «mystiques» de notre terroir, est en passe de devenir une émission fétiche. Le pari paraissait délicat à prendre au départ, mais à force de persévérance, notre confrère Gambila Casimir Sanfo a réussi à élargir son cercle d’influence grâce à l’audace de ses initiatives. C’est tant mieux pour l’audimat d’une télévision nationale qui avait besoin de convaincre sur sa capacité d’embrasser tous les pans non seulement de notre culture, mais aussi des us et coutumes qui fondent l’être et l’existence des Burkinabè.
En sortant des sentiers battus pour donner à voir des pratiques et faits considérés - à tort ou à raison - comme occultes, cette émission constitue en elle-même une innovation incitatrice. En effet, la télévision ne s’est intéressée aux fétiches, gris-gris et autres «wacks» que pour satisfaire une curiosité exotique qui frise parfois l’irrévérence, voire le mépris. Avec l’émission Yelsolma, la TNB semble avoir sorti les «fétiches» d’une certaine marginalité dans laquelle ils ont été confinés. Mais est-il judicieux de braquer trivialement les projecteurs sur des réalités rendues mystérieuses par la force des choses? Faut-il montrer aussi vulgairement les fétiches à la télé?
Ce sont là des questions qui taraudent bien des esprits. Surtout de ceux qui pensent que ces «choses-là» ne s’étalent pas impunément sur la place publique, à plus forte raison au travers d’ondes télévisuelles. Comme on a d’ailleurs pu le constater dans la réalisation de certaines images diffusées lors des différents numéros de Yelsolma, la frontière est parfois ténue entre la mise en scène et l’authenticité des faits extraordinaires que l’on tente de montrer. Trop de lumière peut contribuer à banaliser ce patrimoine traditionnel et religieux que l’on croit promouvoir. Une chose est de montrer les fétiches à la télé, mais une autre est de ne pas leur faire perdre leurs âmes. C’est à ce prix que Yelsolma peut espérer s’imposer dans le paysage médiatique comme une émission véritablement fétiche. Gambila et ses «wackmen» sont interpellés!
15:10 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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