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18.04.2007
Pourquoi "l'eau" fait courir le Burkina?!
Folle course vers «l’or bleu»
«L’eau, c’est la vie et le développement humain durable.» Ce slogan, qui vise la réalisation d’un des objectifs essentiels du millénaire pour le développement, fait désormais obligation aux pays en quête d’un mieux-être pour leurs populations de combler, avec célérité, leur déficit en eau potable et assainissement. En la matière, le Burkina brille par son retard dans le peloton de queue de l’indice du développement humain durable (DHD) et se doit, par conséquent, de mettre les bouchées doubles pour améliorer ses tristes scores consécutifs. D’où la folle course contre la montre que les autorités ont engagée ces dernières années vers l’or bleu, au point de mêler parfois vitesse et précipitation.
On se souvient encore de la diligence avec laquelle le chef de l’État avait ouvert les vannes du nouveau dispositif d’adduction d’eau potable à partir du barrage de Ziga, en juillet 2004, alors même que les travaux n’étaient pas complètement achevés. Du moins, il a fallu attendre pratiquement un an, avant de voir l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea) annoncer la possibilité de branchements tous azimuts et à des prix étudiés. De 150 000, voire 200 000 F CFA, la connexion au réseau national de l’eau potable a, aujourd’hui, chuté à 30 500 F CFA. Preuve d’un certain effort pour mettre le liquide vital à la portée du plus grand nombre. Ce n’est d’ailleurs pas l’engouement qui a fait défaut.
De 3 000 branchements attendus, une campagne-test entreprise à la fin de l’année 2006 par la nationale de l’eau lui a permis d’enregistrer plus de 12 000 demandes de branchement. Pour satisfaire cette explosion, l’Onea a été obligé d’externaliser ses services, s’ouvrant ainsi à trois entreprises sélectionnées par appel d’offres pour gérer les travaux de raccordements. Pour espérer se rapprocher des objectifs du Millénaire pour le développement, aucun ajustement n’a été exclu, même si cela provoque des désagréments et des grincements de dents sur le terrain.
Les autorités en charge de l’eau ne courent pas moins dans tous les sens pour rassembler la cagnotte nécessaire à la concrétisation de leur ambition. Le patron de l’Onea continue de taper à toutes les portes utiles. Le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques a reçu une véritable bouffée d’oxygène de la part de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui s’engage à financer 300 forages positifs, dont 173 dans la région du Plateau central et 127 dans celle du Centre-Sud où les travaux ont été lancés le week-end dernier à Gogo, dans la province du Zoundwéogo.
Mais au-delà des inaugurations et des actions d’éclat, un impératif demeure: il faut soutenir le progrès en matière d’approvisionnement en eau potable et assainissement. Vivement que la folle course qui est engagée ne noie pas les exigences de qualité des ouvrages et des prestations en campagne comme en ville. Ce serait vraiment dommage.
L’Onea revient à 30 500 F
Depuis le 17, et ce jusqu’au 17 juillet, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea) rebelote son opération de branchement grand public dont le test a été fait pendant un mois à la fin de l’année 2006. Cette opération ne comblera pas l’attente de tous les ménages qui espèrent entrer dans le réseau de la nationale de l’eau puisqu’elle ne concerne que les parcelles et les habitations qui sont à une distance inférieure ou égale à 50 m. Espérons que les entreprises partenaires de l’Onea réduisent cette fois-ci le nombre de trous dans les rues et surtout de cassures de tuyaux qui entraînent des fuites d’eau et le sevrage des populations environnantes.
Encore plus de rigueur et de célérité, SVP!
L’opération de branchement populaire de l’Onea résout, certes, un problème réel, mais elle en a créé d’autres, notamment un cafouillage dans les rapports entre les clients et l’office. Jusqu’à mardi 17 avril, date du début de la 2e opération de branchement à Ouagadougou, il y avait beaucoup de demandeurs de la précédente opération qui n’ont pas été satisfaits. Pendant 3 mois, voire plus pour certains, ils ont été balancés entre les agences de l’Onea et le siège de l’entreprise privée chargée de faire le raccordement dans leur zone. C’est la croix et la bannière. L’inorganisation et surtout le manque de communication de ces entreprises ne sont pas faits pour arranger les rapports. La direction générale de l’Onea devra veiller cette fois-ci à régler ce dysfonctionnement préjudiciable à son image.
Demandez l’eau et l’Onea
vous donnera...
Si le plaidoyer mondial en vue de l’eau potable et de l’assainissement pour tous estime que certains pays devraient aller jusqu’à la gratuité, à l’Onea on n’est pas disposé à emprunter cette voie. L’Office aurait commandité une étude sociologique qui lui aurait révélé que la gratuité peut coûter cher à la pérennité des branchements. C’est pourquoi, au lieu de faire des branchements à 0 F, l’Onea préfère non seulement fixer un prix forfaitaire qui peut être révisé à la baisse selon ses possibilités financières, mais également que tout branchement se fasse sur demande. Cela, pour éviter qu’au moment d’honorer les factures, personne ne vienne dire qu’il n’a jamais demandé qu’on mette de l’eau chez lui. En clair, la connexion au réseau de l’Onea ne sera jamais gratuite. Mais il faut en faire la demande et on vous l’accordera... moyennant des sous, même si c’est un peu.
12:06 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Je félicite le Burkina Faso pour son engagement en faveur de l'or blanc car l'eau est source de vie
Ecrit par : Reine | 20.04.2007
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