« Pour quoi et pour qui devient-ils députés? | Page d'accueil | Au commissariat central, la section "accident" fait pitié! »
09.04.2007
Les députables au pouvoir prennent les médias en otage
Considérés, à raison, comme leviers et ferments essentiels de l’action politique, les médias publics et privés
C’est le 14 avril prochain que s’ouvre, officiellement, la campagne pour les élections municipales du 6 mai. Mais depuis longtemps, toutes les occasions sont bonnes pour exhiber les tronches et distiller les promesses ou les actions de ces candidats sous le couvert de cérémonies et de manifestations dont les comptes-rendus savamment orchestrés à la radio, à la télévision et dans les journaux ne trompent plus. A voir la façon dont les journaux télévisés, parlés et écrits sont inondés de ces actions en trompe-l’œil, on peut même les cataloguer, sans risque de se tromper.
Ainsi, pour appâter les médias, les ministres et môgôs puissants mettent en jeu des coupes. La pratique est si classique que sous prétexte d’«unité», de «fraternité», de «solidarité», de «développement du sport à la base», de «développement» ou de «culture», le magazine des sports de la TéNéBreuse, pour ne citer que lui, ne sait plus à quelle gymnastique se vouer pour échapper aux sollicitations qui fusent de partout. Pire, parfois il n’y a pas d’embarras de choix entre une compétition organisée par une fédération officiellement reconnue par le ministère des Sports et la coupe d’un ministre ou d’un député. Du reste, on n’a pas besoin d’un dessin pour comprendre que ces soi-disant coupes ne sont que des précampagnes déguisées.
Il en est de même pour tous ces parrainages et marrainages de manifestations. Ce n’est ni plus ni moins que de la publicité fardée pour des hommes politiques (candidats ou candidables) en manque de visibilité politique. Et puisque les réclames et les reportages semblent rapporter des ressources substantielles pour des médias en manque d’annonceurs, ce qui apparaît au départ comme une «prise d’otage» devient une compromission consentie. Tant pis pour les téléspectateurs, auditeurs et lecteurs qui ne peuvent pas aller voir, entendre ou lire ailleurs.
Ailleurs, pour ne pas citer la France, on a vu le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, se «libérer» du carcan du gouvernement pour aller battre sa campagne pour la présidentielle.
Il ne faut peut-être pas rêver qu’ici au Faso des ministres démissionnent pour se donner la latitude de vaquer librement à leurs activités de campagnes électorales. Ils préfèrent se camoufler sous leurs costumes de «serviteurs de l’Etat» pour mieux se servir des médias comme marchepied vers un hémicycle où la plupart d’entre eux ne siègent même pas. Et tant que les conseils d’administration des médias d’Etat, les directions des médias privés et surtout le Conseil supérieur de la communication (CSC) se montreront complaisants devant cette situation, l’équilibre et l’équité de l’information politique resteront un leurre.
10:48 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
et le filep?
www.filep.org
Ecrit par : zenda | 11.04.2007
je suis étonnée que vous ne transmettiez pas d'infos concernant le forum social du burkina et le filep (festival international de la liberté d'expression et de la presse), deux évènements importants de ces derniers mois.
je vous invite à visiter le site www.filep.org
Ecrit par : zenda | 11.04.2007
J'ai lu un article du pays concernant la démission du député Hyacenthe Sandwidi du groupe parlementaire PDP/PSD apparenté.
Voici ce que j’appelle une situation cornélienne : être intellectuelle et entrer en politique sous les tropiques, dans nos républiques bananières. M. Hyacinthe Sandwidi a été mon prof à la Fac pendant deux ans et nous avons eu des moments de discussion intéressants. Il a été un de ceux que j’avais tout de suite classé comme intègre et honnête même si je trouvais ses notes chères. Lorsque je l’ai vu élire député j’ai ajouté une note de courage à son profil. Il faut une certaine dose de courage pour être politicien chez nous.Car en politique, dans notre politique on n’aime pas la race des politiques (stratèges, philosophes, agitateurs d’idées), la race des penseurs, de ceux qui savent porter la contradiction, conestent la parole du chef (il y a des chefs à l’AN ?), qui bousculent les habitudes, non pas pour bloquer mais pour faire avancer les choses et qui peuvent proposer des alternatives. Car sans la réflexion dans l’action toute décision court le risque d’être mal comprise, mal appliquée et de tomber dans l’impasse. Entrer en politique chez nous c’est aussi accepté d’entrer dans un monde de loups, de fourbes où les peaux de bananes sont la chose la mieux partagée. Cher Professeur, je suis désolé, ne soyez pas dupe, mais vous venez d’avoir votre première peau et ce ne sera pas la dernière. Loin de là !Mais il faut vous armer de cran pour réagir plus rapidement la prochaine fois en comptant sur vos propres forces, car c’est à qui mordra le premier dans un panier de crabes. A bon entendeur salut ! La jeunesse consciente vous regarde désormais après l’échec de l’autre (suivez mon regard !)
Ecrit par : boundaone | 14.04.2007
Les commentaires sont fermés.