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09.04.2007

Au commissariat central, la section "accident" fait pitié!

medium_4.jpgNavrant. C’est le constat que l’on peut faire du dysfonctionnement de la section «accident» du Commissariat central de police de Ouagadougou. Presque tous ceux qui ont fait l’amère expérience d’un accident de la circulation vous le diront: avoir un constat dans des délais raisonnables relève d’un parcours du combattant. Le service de la police commis à cette tâche ne dispose visiblement pas des moyens de sa mission. Conséquences: lorsque les accidents se chevauchent comme Ouagadougou en a l’habitude, il devient pratiquement impossible de les avoir. Avec des moyens logistiques réduits à une bâchée qui tombe régulièrement en panne sèche, les deux équipes de trois policiers affectés à cette section ne peuvent pas répondre à toutes les sollicitations. Et ce n’est pas ce qui manque dans la capitale où ânes, charrettes,... disputent la chaussée aux deux et quatre-roues. Sans compter les foutaises des chauffards et cascadeurs qui font de la circulation routière un véritable calvaire.

Selon les statistiques de la brigade des sapeurs-pompiers de Ouagadougou, ce sont 101 accidents qui ont été relevés seulement dans la semaine du 26 mars au 1er avril 2007. Théoriquement, la section «accident» du Commissariat devrait disposer, des mêmes chiffres en termes de constats. Mais, dans la pratique, elle ne s’est déplacée que pour quelques cas arbitrairement choisis. Toutes choses qui causent nécessairement des frustrations aux usagers de la route.

Ils ont beau se plaindre, ils ne savent pas à quel saint se vouer. Pire, cela fait belle lurette que cette situation perdure. Les récriminations et autres plaintes qui sont régulièrement distillées dans les journaux ne semblent pas émouvoir outre mesure les autorités policières.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dysfonctionnement de la section «accident» est devenu une fatalité. Autrement dit, il est difficile de comprendre pourquoi on maintient le service dans un tel état de dénuement dans une grande ville de près de 2 millions d’habitants. Ça fait vraiment pitié.

 

Privatisation d’une partie de la section

 

L’autre signe de dénuement de la section ‘’accident’’ est la privatisation d’une partie de ses prérogatives. En effet, lorsque, suite à un accident, un accidenté vient à être immobilisé sur la chaussée, c’est à un garage privé, le Garage du Golf pour ne pas le nommer, qu’est confié le dégagement du camion accidenté. Ce qui cloche dans ce deal apparemment normal, c’est que lorsqu’un véhicule est tracté et déposé dans le garage en question, son proprio se sent indirectement obligé de réparer ce véhicule-là, ou de se donner les moyens d’aller voir ailleurs. Auparavant, il doit s’acquitter d’une facture de l’ordre de 150 000 F CFA pour le tractage et le stationnement d’un camion, en plus des frais d’expertise des dégâts de l’accident. Pourquoi ne pas confier ce service spécifique par exemple au génie militaire qui dispose des porte-chars et de l’espace pour une gestion plus transparente de ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le milieu des taximen et des usagers qui ont été victimes de pratiques peu catholiques?

 

Une section mal lotie et indésirable

 

La section «accident» ne comporterait au total que 6 agents qui se divisent en 2 équipes de 3 par jour. Même s’ils étaient des robots, il faut avouer qu’ils ne pourraient pas répondre à toutes les sollicitations. Mais le hic c’est que malgré les nombreux recrutements de flics ces dernières années, les autorités policières n’aient pas cherché à renforcer l’équipe. La section ne serait-elle pas aussi juteuse que les autres? Pourquoi cette marginalisation? Apparemment aucun des nombreux commissaires centraux qui se sont succédés depuis 2000 n’a fait de leurs actions une priorité. Le commissaire Sondo fera-t-il mieux que les autres? En attendant et quel que soit le messie, le dysfonctionnement de la section «accident» n’honore pas le Commissariat central.

 

Où vont les 2 500 F des constats ?

 

On comprend, peut-être, que les services de police soient si pauvres qu’ils ne puissent pas investir dans le renforcement des capacités de la section ‘’accident’’. Que fait-on, depuis toutes ces années, des 2 500 F de chaque usager en guise de frais de constat? La logique aurait voulu qu’on épargne cette contribution citoyenne pour donner un peu plus de moyens à la section. Mais apparemment les patrons suivent une logique qu’il est difficile de comprendre.

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