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22.03.2007

Une histoire saignante de la Compaorose

medium_Blaiso.jpgAlors que les périodiques continuent de parler du documentaire «Sankara, l’homme intègre» du réalisateur Robin Shuffield - qui a ravi la vedette au Fespaco off -, rares sont ceux qui ont ouvert leurs colonnes et leurs antennes à l’ouvrage intitulé «L’ère Compaoré: Crimes, Politiques et Gestion du Pouvoir». La littérature et le cinéma ne sont pas logés à la même enseigne de popularité. Mais le titre frondeur du livre ne devrait pas inciter particulièrement à des articles de presse. Surtout dans un contexte où les principaux acteurs sont encore au pouvoir.

Vincent Ouattara, puisque c’est lui le géniteur de l’œuvre, s’est appliqué à peindre un morceau particulièrement sanglant et encore vif de l’histoire récente du pays des Hommes intègres. Et comme il devrait le savoir, l’histoire du présent est d’autant plus délicate qu’elle choisit volontairement de croquer des faits et des gestes dont le sens profond n’est pas encore accompli. Ce qui rend le commentaire délicat.

Ainsi, malgré son originalité, cet ouvrage scientifique, qui veut, selon son auteur, «contribuer à la compréhension des enjeux politiques au Burkina Faso et donner quelques pistes de réflexion sur la gestion actuelle du pouvoir», risque fort de ne pas figurer dans le hit-parade des livres les plus lus au Burkina. On sera fort étonné de voir Vincent Ouattara invité sur le plateau de l’émission littéraire de la télévision nationale du Burkina. A moins que son animatrice, notre consoeur Safiatou Tamboula, ne décide de déchirer le voile du conformisme.

En attendant, l’auteur de «L’ère Compaoré: Crimes, Politiques et Gestion du Pouvoir» aura eu un parrain de taille pour préfacer son œuvre. En tout cas, Halidou Ouédraogo, président de l’Union interafricaine des droits de l’homme (Iudh) et du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (Mbdhp), ne tarit pas d’éloges. La lecture du bouquin semble avoir provoqué une véritable méditation chez le célébrissime rouquin qui le qualifie de «Fine analyse et saisine millimétrique de la vie sociale, politique et économique au Burkina Faso entre 1990 et nos jours» et de «gigantesque travail». De quoi gargariser l’écrivain qui avait déjà annoncé ses couleurs en publiant, en 2004, «Procès des putschistes à Ouagadougou», un opuscule qui retrace les péripéties de l’affaire du coup d’Etat qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive en 2003. Sa plume fertile avait déjà produit d’autres ouvrages tels «Aurore des accusés et des accusateurs» et «Idéologie et tradition en Afrique noire» parus respectivement en 1994 et 2002 aux éditions L’harmattan.

En trempant, une fois encore, sa plume dans la réalité d’un pan actuel et délicat de l’histoire de son Burkina natal, Vincent Ouattara donne une leçon de courage à tous ceux qui peuvent se saisir de leur plume mais préfèrent la passivité devant des faits et gestes qui nous interpellent tous. Hélas. C’est la culture de l’écriture qui manque le plus au Faso. Ailleurs, on aurait eu droit à une réplique ou du moins à une autre version des faits, comme au Sénégal à propos du livre de notre confrère Latif Coulibaly «Wade: Un opposant au pouvoir ou l’alternance piégée». Ici au Faso on préfère les commentaires de cabaret et de maquis au débat démocratique. C’est dommage!

Commentaires

Où peut-on se procurer les publications de M. Sanou ?

Ecrit par : boundaone | 02.04.2007

Je felicite beaucoup Mr Vincent Ouattara pour le combat qu'il mène au Burkina Faso

Ecrit par : Kayendé | 20.04.2007

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