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22.03.2007
Revoilà le diable dans la maison des Etalons!
Revoilà les guéguerres sibyllines, les feintes et les peaux de banane autour des Etalons. Au Faso, la passion du ballon rond semble rimer également avec des empoignades qui n’ont rien à voir avec le tapis vert. Une sombre tradition assombrit l’image des acteurs du Fasofoot. En effet, depuis quelques semaines, une sourde bagarre couve entre la Fédération burkinabè de football (FBF) et l’entraîneur national à propos de la gestion des joueurs de l’équipe nationale senior. Comme de coutume, le linge sale a été étalé sur la place publique par le biais de la presse qui a lavé, séché et repassé des rumeurs très tendancieuses. «Saboteur sur une pente raide», «Le torchon brûle entre Saboteur et la FBF», pouvait-on lire dans les journaux de la place. Plus subtilement, certains avaient annoncé un changement imminent d’entraîneur. Et patati, et patata.
Pendant ce temps, aucune des parties incriminées n’a osé affronter l’opinion pour donner une version officielle des faits. Elles ont préféré les médias et autres chroniqueurs de maquis et de gargottes pour se délecter de rumeurs, même les plus folles. Même si elle se targue de disposer d’une direction de la communication, la FBF préfère observer un silence qui ne la dédouane pas pour autant. Bien au contraire. Il était difficile de croire que Seydou Diakité et son équipe étaient indifférents au jeu de passe-passe qui se faisait par journaux interposés. Ailleurs, on aurait convoqué une conférence de presse pour crever définitivement l’abcès. Mais hélas.
Au Faso, les acteurs du foot adorent se haïr cordialement et s’envoyer des flèches par l’intermédiaire des journalistes acquis à leurs causes. Et cette forme de règlement de comptes ne fait que pourrir l’atmosphère autour de l’équipe nationale. Apparemment, personne ne fait rien ou pas grand-chose pour chasser ce diable de la maison. Même pas le ministre des Sports qui, malgré le franc-parler qu’on lui reconnaît, n’a réagi au problème qu’à l’initiative de nos confrères du journal «Le Pays» dans une interview publiée lundi 12 mars dernier.
On veut donc bien croire que «tous les problèmes sont effectivement réglés» entre la FBF et l’entraîneur Drissa Traoré, alias Saboteur. Mais lorsqu’il ajoute qu’un «employé ne peut pas vouloir tenir tête à son employeur», et qu’un entraîneur devrait «la fermer ou démissionner», on voit bien que le Gendarmator Jean-Pierre Palm a peut-être fait baisser la fièvre, sans pour autant soigner définitivement le mal. Mais force est de constater que les vieux démons ne semblent pas pour autant exorcisés de la maison. Il suffira qu’un autre malentendu survienne pour que le cessez-le-feu soit rompu. Il faut donc crever définitivement l’abcès. Sinon, bonjour les éternels recommencements.
Les étalons, otages d’intérêts
contradictoires
La FBF reprocherait à son «employé» Drissa Traoré, alias Saboteur, de vouloir reconstruire l’ossature de l’équipe nationale au lieu de se contenter de qualifier l’équipe pour la phase finale de la CAN Ghana 2008. L’entraîneur pense, quant à lui, que pour arriver à la qualification il faut du «sang neuf». Ce qui suppose la mise à l’écart de certains anciens. Voilà la raison du bras de fer. Apparemment très avancé dans son projet, Saboteur acceptera-t-il de mettre de l’eau dans sa nouvelle mixture? Maintenant que l’étau du ministère des Sports et de la Fédé s’est resserré sur lui, il n’a probablement pas le choix. A moins qu’il ne décide de jouer son va-tout en en faisant à sa tête, c’est-à-dire en présentant «son équipe» le 24 mars prochain contre le Mozambique. Dans ce cas, s’il venait à échouer, la Fédé aurait tous les arguments pour le remercier. Mais en cas de victoire, il reprendra du poil de la bête et c’est la Fédé et le ministère qui seront bien embarrassés. Comme on peut le voir, il y aura match dans le prochain match des Etalons contre le Mozambique. Ça passera ou ça cassera.
Personne ne veut parler
Face aux rumeurs persistantes dans la presse, il a été inutile de faire parler les principaux protagonistes. Au niveau de la Fédé, le colonel Jean-Baptiste Parkouda, vice-président chargé des équipes nationales, a décliné tout commentaire en déclarant simplement qu’«il n’a aucun problème avec l’entraîneur national». Quant à Saboteur, il a dit ne pas répondre à des «rumeurs». Aujourd’hui, les rumeurs ont fini par les rattraper tous. A force de vouloir cultiver un mystère qui n’en est pas vraiment un, on finit par devenir ridicule aux yeux de l’opinion. Et pourtant, la communication ne coûte rien. Surtout s’il s’agit de défendre l’image d’une institution dont le sort concerne tout le monde.
Une presse brouette
Dans ce qu’il convient d’appeler «les problèmes entre la FBF et Saboteur», la presse n’a pas moins servi de ring pour des protagonistes cagoulés. Pour des intérêts généralement occultes, des confrères ont prêté leurs plumes pour alimenter cette guéguerre. C’est apparemment le sport favori non seulement de certains journalistes, mais aussi des acteurs du foot (fédéralistes et entraîneurs) qui ne ménagent aucune manœuvre pour se servir de la presse comme on le fait d’une brouette pour aller jeter des ordures sur un dépotoir. Ainsi, il arrive même que des comptes rendus de réunions confidentielles se retrouvent sur la place du marché. C’est là aussi une vilaine plaie de la gestion du Fasofoot qui mérite d’être soignée et bien soignée.
Vous avez dit entraîneurs locaux?
Après l’épisode peu honorable de l’évasion de l’entraîneur Bernard Simondi, prédécesseur de Saboteur, la Fédé va-t-elle recourir une fois encore à un entraîneur expatrié? Selon des indiscrétions, la Fédé et le ministère auraient été obligés de jouer la carte des locaux pour des problèmes budgétaires. La plupart des CV reçus de l’extérieur demanderaient un salaire mensuel d’environ 10 millions de cfa. Pour la première fois, ce sont des entraîneurs nationaux qui encadrent les Etalons à tous les niveaux. Mais les couacs entre la Fédé et Saboteur, c’est le naturel qui a été chassé en «temps de famine» et qui risque de revenir au galop.
09:37 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Bonjour mon cher Quoffy,
Depuis Avignon où je suis depuis le 10 mars dernier c'est avec plaisir que je viens de lire les 2 articles (Affaire Kundé et Fasofoot) qui me mettent en lien avec le pays.
Sur le premier article, je crois que tu ne mets pas assez le doigt sur le manque total du sens de la responsabilité du gouvernement. C'est lamentable quand même de voir comment des affaires aussi graves ne soient pas traîtées comme il se doit, tant au niveau de la com qu'au niveau judiciaire. D'ici je peux te dire que ça fait ch...Au moment où on se dit "OK c'est bon mon pays n'est pas si mal que ça" et qu'on veut à travers les contacts qu'on prend ici intéresser des investissements au pays, on est rattrapé par ces attitudes qui font de nous des éternels "immatures" dans la gestion de la chose publique. L'Etat a un double rôle a joué dans cette affaire. D'abord appeler les entrepreneurs privés à la bonne gouvernance (transparence et communication) et démission des ministres en charge de la sécurité et de la justice. Si c'est pas la honte ça d'être le premier responsable de départements ministériels qui ne fonctionnent pas en cautionnant sous cape la Vedetta.
La politique ce n'est pas seulement pendant les élections, m... à la fin.
Ecrit par : boundaone | 02.04.2007
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