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  • Le 20e Fespaco en instantanés

    Samedi prochain, les lampions seront éteints sur la 20e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) et les réalisateurs en compétition sauront à quelle sauce ils seront mangés. 

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    Blaiso retrouve le plateau

    Mis en bouteille à l’issue de l’élection présidentielle de novembre 2005, le Blaiso nouveau a retrouvé le plateau du Festival à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 20e édition. Depuis 1999, l’enfant terrible de Ziniaré semblait bouder les cérémonies d’ouverture du Fespaco après l’épisode malencontreux de la chanson d’Alpha Blondy. Finie la fâcherie du PF. Et les organisateurs le lui ont bien rendu en lui rendant un hommage sur écran géant.

     

    Un hommage partisan ?

    Dans l’hommage rendu aux personnalités qui ont donné ses lettres de noblesse au Fespaco, il y avait de quoi regretter l’absence de figures tels Thom’Sank, le «père de la Révolution d’août 83» et Moustapha Laabli Thombiano, à qui l’on doit, au moins, la rue marchande et donc le côté festif et populaire de la manif’. On ne peut sans doute pas rendre hommage à tous ceux qui se réclament d’être les géniteurs du Fespaco, mais les images projetées samedi dernier avaient un goût de non-dit.

     

    Le Fespaco dans la cour des grands

    L’histoire retiendra qu’après les festivals de Cannes en France et de Marrakech au Maroc, le Fespaco a reçu la médaille Frederico Fellini de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en signe de reconnaissance de l’institution onusienne pour sa contribution au rayonnement du cinéma et de la culture africaine.  

     

    Une cérémonie aux goûts divers

    La cérémonie d’ouverture aura été d’une longueur déconcertante pour les uns et riche en couleurs pour les autres. Avec une sono qui a lâché un moment et un podium trop loin de la grande masse des nombreux spectateurs de la cuvette du 4-Août, le plaisir n’a pas été le même pour tous. Le groupe Yeelen aura gagné le pari d’exécuter «Dar es-salaam», son morceau fétiche, en live et en direct devant Blaise Compaoré. Quant à Manu Dibanga, parrain ou président d’honneur (c’est selon) du festival, il n’a pas goûté au plaisir de donner le clap de la 20e édition. Visiblement embrouillés, les organisateurs de la cérémonie ont laissé le Blaiso s’emmêler les pinceaux. 

     

    Fespaco-off aussi croustillant que varié

    Le 20e Fespaco ne déroge pas à la règle du off. En plus des cadres et espaces officiels, les festivaliers ont la possibilité de déguster gratuitement d’autres films enrôlés ou non par la sélection officielle. Vendredi dernier, la Brigade verte de la commune de Ouagadougou, encore appelée «Les femmes de Simon», a fait son Fespaco à la Maison des jeunes et de la culture à travers la projection du court-métrage «Poussière de femmes». Ce fut au tour de «Thomas Sankara, l’Homme intègre» mardi au Centre national de presse Norbert-Zongo (CNP-NZ) et ce soir à l’Atelier théâtre burkinabè (ATB). Durant toute la période du Fespaco, Cinomade a implanté sa tente à l’hôtel mercure Silmandé, pour une Semaine de cinéma africain à ciel ouvert. Sans compter les autres initiatives ouvertes à gauche et à droite.

    Voir Bamako et mourir

    Sans être dans la compétition officielle, le long-métrage «Bamako» du Malien Abderrahmane Sissako a drainé un monde fou dimanche dernier au centre culturel français. La salle s’est révélée trop petite pour contenir tous les festivaliers dont plus de la moitié est repartie très déçue de ne pas voir Bamako. Sissako est désormais averti que la demande de Bamako est très forte au Faso.   

    Un lobbying qui tombe APIC

    Présent au 20e Fespaco pour présenter son sitcom «3 filles 2 garçons», le réalisateur et producteur camerounais Lambert Ndzana fait d’une pierre deux coups. Il est également à la tête d’une délégation de 3 membres de l’Association des producteurs indépendants du Cameroun (APIC) créée le 6 janvier 2007. Pour son 1er Fespaco, l’APIC est venue sensibiliser réalisateurs et producteurs du continent sur la nécessité de se coaliser pour rendre possible la coopération Sud-Sud, gage d’une prise en charge des Africains par les Africains et de l’assainissement de l’environnement des affaires cinématographiques et télévisuelles.

  • La diversité culturelle ne doit pas être du cinéma!

    medium_Affiche.jpgA quelque 48 heures du clap de la 20e grand-messe du cinéma africain, Ouagadougou grouille d’un beau monde, signe que les lampions du Fespaco sont bien allumés et que les petites calebasses sont mises dans les grandes pour offrir le zoom-kom - la traditionnelle eau de bienvenue des Moosé - à ses milliers de festivaliers. Cette année, Baba Hama a le plaisir de recevoir chez lui, dans le nouveau siège de son institution, qui a fini par mettre fin à un inconfortable statut de SDF qui dure depuis 1969. Mais comme la maison n’est pas encore totalement achevée, on va devoir «squatter» quand même la Maison du Peuple et la place de la Nation pour abriter respectivement espace godet et brochettes - et les autres B - et la fameuse galerie marchande qui attire autant que les salles obscures.

    La 20e édition du Fespaco coïncidant avec le lancement du processus d’adoption de la convention sur la diversité culturelle, les cinéastes ont voulu annoncer les couleurs en balisant, à Ouagadougou, le débat sur ce qui peut être la contribution du 7e art aux réflexions et surtout aux actions à mettre en œuvre pour que ce machin-là ne soit pas un nouveau mirage. Mais d’ores et déjà, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le vrai problème de notre siècle étant le développement des inégalités culturelles, on doit prendre garde pour que la diversité culturelle ne soit pas du cinéma.

    En tout cas, malgré tous ces thèmes aussi riches qu’engagés sur «le rôle du cinéma dans l’éveil d’une conscience de civilisation noire» en 1973, «Cinéma et identité culturelle» en 1987 ou encore «Cinéma et histoire de l’Afrique en 1995», le Fespaco est encore à la recherche du remède miracle. Le cinéma africain est à la recherche de ses lettres de noblesse. Et ses maux et obstacles sont aussi récurrents qu’actuels. En plus des sempiternels problèmes de financement, de promotion et de circuits de distribution... le 20e Fespaco devra permettre de remuer les méninges autour des problématiques du cinéma d’auteur et du cinéma populaire, des droits d’auteur, et surtout des enjeux du numérique.

    Dans la foulée, il y a 20 prétendants à la conquête de l’Etalon de Yennenga en chaîne et en or, dont 3 de l’écurie du Burkina que sont Tahirou Tasséré avec «Djanta», Issa Traoré de Brahima - avec «Le monde est un ballet» - et le bossu du Dromadaire, Boubakar Diallo, avec «Code Phénix».

  • Dur, dur de trouver le "remède d'éléphant"

    medium_RCIruban.jpgBien malins les marabouts qui peuvent prédire l’issue du dialogue direct interivoirien qui s’est déporté le 5 février dernier dans la cité du Mogho Naaba. Aussi curieux que cela puisse paraître, les «frères ennemis» ivoiriens se sont résolus à obéir à la consigne du facilitateur Blaise Compaoré. Le moins que l’on puisse constater, c’est que rien ne filtre. A défaut de les faire parler d’une seule voix, l’enfant terrible de Ziniaré aura réussi le coup de maître d’obtenir de ses hôtes un mutisme qui ne manque pas d’agacer la presse.

    Las de n’avoir rien à se mettre dans le bec, les canards d’ici et surtout ceux venus de l’Eburnie ne se contentent que de réchauffer les quelques bribes d’infos distillées par le ministre Djibrill Bassolet, l’œil et l’oreille du facilitateur auprès des mystérieux «dialogueurs». Comme pour compatir à la faim de loup que ressentent des journalistes fatigués de rôder vainement autour du lieu des pourparlers, l’ange Djibi leur a promis «un festin» sans autre forme de précision. Apparemment, le lieutenant de Blaise ne se prive pas de se délecter d’avoir réussi à garder le secret autour de ces pourparlers qui aura maintenu le suspense jusqu’au bout.

    Mais le plus dur semble désormais être le dénouement final. En effet, si les marabouts et les journaleux peuvent se confondre en conjectures, tous les regards n’en sont pas moins tournés vers Ouagadougou, et tout le monde est suspendu à la bouche de Blaise Compaoré. L’homme a jusque-là fait montre d’une candeur bien calculée. Mais il ne devrait pas couver le secret plus longtemps. C’est un secret de Polichinelle que d’affirmer qu’à Abidjan comme à Bouaké on est impatient de voir ce qui sortira du fameux «dialogue direct».    

     Aux dernières nouvelles, chacune des parties en conflit aurait livré au facilitateur sa lecture des solutions à la trop longue crise dans laquelle «l’éléphant d’Afrique» s’est embourbé depuis septembre 2002. Le mal est si profond qu’il faudra certainement beaucoup de précaution et de délicatesse pour trouver le remède le plus approprié. En bon Moaga, Blaise Compaoré est familier du remède de cheval. Même malade, un éléphant ne devrait pas être confondu à un cheval. Il ne faut donc pas mélanger vitesse et précipitation.