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21.02.2007

La diversité culturelle ne doit pas être du cinéma!

medium_Affiche.jpgA quelque 48 heures du clap de la 20e grand-messe du cinéma africain, Ouagadougou grouille d’un beau monde, signe que les lampions du Fespaco sont bien allumés et que les petites calebasses sont mises dans les grandes pour offrir le zoom-kom - la traditionnelle eau de bienvenue des Moosé - à ses milliers de festivaliers. Cette année, Baba Hama a le plaisir de recevoir chez lui, dans le nouveau siège de son institution, qui a fini par mettre fin à un inconfortable statut de SDF qui dure depuis 1969. Mais comme la maison n’est pas encore totalement achevée, on va devoir «squatter» quand même la Maison du Peuple et la place de la Nation pour abriter respectivement espace godet et brochettes - et les autres B - et la fameuse galerie marchande qui attire autant que les salles obscures.

La 20e édition du Fespaco coïncidant avec le lancement du processus d’adoption de la convention sur la diversité culturelle, les cinéastes ont voulu annoncer les couleurs en balisant, à Ouagadougou, le débat sur ce qui peut être la contribution du 7e art aux réflexions et surtout aux actions à mettre en œuvre pour que ce machin-là ne soit pas un nouveau mirage. Mais d’ores et déjà, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le vrai problème de notre siècle étant le développement des inégalités culturelles, on doit prendre garde pour que la diversité culturelle ne soit pas du cinéma.

En tout cas, malgré tous ces thèmes aussi riches qu’engagés sur «le rôle du cinéma dans l’éveil d’une conscience de civilisation noire» en 1973, «Cinéma et identité culturelle» en 1987 ou encore «Cinéma et histoire de l’Afrique en 1995», le Fespaco est encore à la recherche du remède miracle. Le cinéma africain est à la recherche de ses lettres de noblesse. Et ses maux et obstacles sont aussi récurrents qu’actuels. En plus des sempiternels problèmes de financement, de promotion et de circuits de distribution... le 20e Fespaco devra permettre de remuer les méninges autour des problématiques du cinéma d’auteur et du cinéma populaire, des droits d’auteur, et surtout des enjeux du numérique.

Dans la foulée, il y a 20 prétendants à la conquête de l’Etalon de Yennenga en chaîne et en or, dont 3 de l’écurie du Burkina que sont Tahirou Tasséré avec «Djanta», Issa Traoré de Brahima - avec «Le monde est un ballet» - et le bossu du Dromadaire, Boubakar Diallo, avec «Code Phénix».

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