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21.02.2007

Dur, dur de trouver le "remède d'éléphant"

medium_RCIruban.jpgBien malins les marabouts qui peuvent prédire l’issue du dialogue direct interivoirien qui s’est déporté le 5 février dernier dans la cité du Mogho Naaba. Aussi curieux que cela puisse paraître, les «frères ennemis» ivoiriens se sont résolus à obéir à la consigne du facilitateur Blaise Compaoré. Le moins que l’on puisse constater, c’est que rien ne filtre. A défaut de les faire parler d’une seule voix, l’enfant terrible de Ziniaré aura réussi le coup de maître d’obtenir de ses hôtes un mutisme qui ne manque pas d’agacer la presse.

Las de n’avoir rien à se mettre dans le bec, les canards d’ici et surtout ceux venus de l’Eburnie ne se contentent que de réchauffer les quelques bribes d’infos distillées par le ministre Djibrill Bassolet, l’œil et l’oreille du facilitateur auprès des mystérieux «dialogueurs». Comme pour compatir à la faim de loup que ressentent des journalistes fatigués de rôder vainement autour du lieu des pourparlers, l’ange Djibi leur a promis «un festin» sans autre forme de précision. Apparemment, le lieutenant de Blaise ne se prive pas de se délecter d’avoir réussi à garder le secret autour de ces pourparlers qui aura maintenu le suspense jusqu’au bout.

Mais le plus dur semble désormais être le dénouement final. En effet, si les marabouts et les journaleux peuvent se confondre en conjectures, tous les regards n’en sont pas moins tournés vers Ouagadougou, et tout le monde est suspendu à la bouche de Blaise Compaoré. L’homme a jusque-là fait montre d’une candeur bien calculée. Mais il ne devrait pas couver le secret plus longtemps. C’est un secret de Polichinelle que d’affirmer qu’à Abidjan comme à Bouaké on est impatient de voir ce qui sortira du fameux «dialogue direct».    

 Aux dernières nouvelles, chacune des parties en conflit aurait livré au facilitateur sa lecture des solutions à la trop longue crise dans laquelle «l’éléphant d’Afrique» s’est embourbé depuis septembre 2002. Le mal est si profond qu’il faudra certainement beaucoup de précaution et de délicatesse pour trouver le remède le plus approprié. En bon Moaga, Blaise Compaoré est familier du remède de cheval. Même malade, un éléphant ne devrait pas être confondu à un cheval. Il ne faut donc pas mélanger vitesse et précipitation.

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