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14.02.2007

Les médias vont-ils rattraper la caravane anti-pauvreté?

Mieux vaut tard que jamais. Une étude bouclée en novembre et rendue publique la semaine dernière vient d’établir un lien vital entre l’information publique et la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso. Réalisée sous la quadruple coupe du Centre d’analyse des politiques économiques et sociales (Capes), du Centre d’étude et de recherche sur les médias en Afrique (Ceram), du Conseil supérieur de la Communication (CSC) et du ministère de l’Information, cette recherche est un pavé dans la mare de la lutte contre la pauvreté, telle qu’elle se mène au pays des Hommes intègres.  Premier du genre, elle tire la sonnette d’alarme sur la nécessité d’associer les médias, et donc l’information publique, à la recherche des solutions aux problèmes du développement. Toute évidence qui n’était pas toujours partagée par les cercles jalousement fermés des «développeurs» qui écument nos villes et nos campagnes. Et pourtant ça tourne. Aussi 60% des personnes sondées, soit environ 1 860 triées dans 7 régions du Burkina, affirment que l’information publique a une incidence positive sur le processus de développement. 

Le moins que l’on puisse constater est que les experts - ou ceux qui se prennent comme tels - semblent avoir oublié la place qui revient à l’information publique. Pour la plupart de ceux qui prétendent chercher des solutions au problème de la pauvreté, la contribution des médias est purement et simplement ignorée, ou, dans le meilleur des cas, reléguée au second plan. Pouvait-il en être autrement?

La méprise, pour ne pas dire le mal, est dans le fruit. En effet, si les médias ont été royalement négligés dans l’élaboration des axes prioritaires du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), on ne devrait pas s’étonner que les «experts» locaux et expatriés du développement ne perçoivent pas toujours l’importance de l’information dans l’éloignement des frontières de la pauvreté dans lequel notre pays est piégé. A qui la faute si l’on ne sert aux médias que les cérémonies d’ouverture et de clôture de ces ateliers et séminaires qui ne transforment visiblement pas grand-chose sur le terrain? A force de prendre pour des gamins les populations des villes et des villages où on croit traquer la pauvreté, n’est-on pas arrivé à penser qu’on peut les développer au lieu de «les aider à se développer», comme l’avait si bien vu le Pr Joseph Ki-Zerbo?

En aboutissant au lien ombilical qui doit désormais exister entre l’information publique et le développement, l’étude commanditée par le Capes ne réhabilite pas moins les médias. Mais au-delà de la fierté que tous les acteurs de la recherche, du traitement et de la diffusion de l’information peuvent ressentir, force est de reconnaître que le défi de l’information publique reste encore entier au Burkina Faso, aussi bien au niveau des médias publics que ceux privés. C’est certainement une autre paire de manches qui a le mérite de ramener au goût du jour tous les goulots d’étranglements qui empêchent la presse de jouer effectivement sa partition.

Une chose est de commanditer une étude et une autre est de faire en sorte que les conclusions auxquelles elle est parvenue servent désormais de boussole et de socle à des actions plus conséquentes. Le plus dur sera certainement de créer les conditions idoines pour que les médias, et donc l’information, rattrapent effectivement le train de la lutte contre la pauvreté. Le vin est tiré, il faut le boire, maintenant, ensemble.

Commentaires

Tres bon blog que je viens de decouvrir. Je vais en parler dans mon blog de blogs africains de qualité.

Vous seriez sympa de faire un lien vers mon blog, mais c'est pas obligatoire....

Ecrit par : naomed | 21.02.2007

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