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20.12.2006

Une Culture de festivals

Si la terre des Hommes intègres peut légitimement se targuer d’avoir secrété les plus grands festivals qui font la fierté de toute l’Afrique, sa culture nationale semble en passe de se réduire en culture de festivals. Le moins que l’on puisse, c’est que les festivals y poussent comme des champignons, et il ne se passe pratiquement pas de semaine sans qu’on en crée un nouveau. Sans risque de se tromper, on peut même affirmer que chaque village du Burkina a son festival.
Il suffit de ressusciter les vestiges d’une danse ou d’une pratique coutumière de son terroir, de s’attraper un politicien ou un homme d’affaires en mal de notoriété comme parrain et le tour est joué. Ainsi, un business de type nouveau dans lequel la promotion de la culture n’est qu’un prétexte pour faire de la villégiature et de l’exhibitionnisme.
Dans ce bal masqué où l’on se chatouille dans le cou, tous les coups d’éclat sont permis. En boubou dagara, pardon d’apparat, ou en costume cravate, ceux qui se font passer pour les bons samaritains de la culture n’ont qu’un souci: récolter tout et tout de suite les fruits de leur investissement. A qui la faute si la promotion de la culture nationale manque de mécène alors que les parrains et marraines des manifestations dites culturelles se recrutent tous les week-ends? A force de faire ou de laisser-faire une culture de festival et de manifestation politico-pseudo-culturelle, le ministère en charge de la Culture ne s’est-il pas fait complice de cette divagation à laquelle on assiste aujourd’hui?
Quand la culture se réduit à une sorte de loisir, c’est la porte ouverte à toutes les impostures. Déjà, nos artistes musiciens ne semblent avoir d’autres formes de valorisation que l’animation des galas et autres cérémonies. Que restera-t-il de notre culture lorsque les fleurs de nos festivals viendraient inévitablement et par la force des choses à se faner? That is the question.

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