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29.11.2006

Les tâches noires du SIAO

Les rideaux et les pailles sont tombés sur la 10e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Plus de peur que de mal, la fête a tenu son pari; organisateurs et convives peuvent globalement se satisfaire d’avoir réussi une biennale sans accrocs majeurs. Mais sur le plan de la communication, l’image du Salon n’en a pas moins pris un sale coup avec les bagarres pour le contrôle de l’espace publicitaire par des brasseries. Le bras de fer qui couvait depuis la 9e édition du Salon a fini par s’étaler sur la place publique en pleine préparation de la manifestation. On retiendra également que l’agence de publicité DEFICOM a traîné en justice le Commissariat général du SIAO pour avoir, unilatéralement, rompu le contrat de “régie publicitaire” qui les liait. Mais si le premier a eu gain de cause contre le second, les Brasseries du Faso (Brafaso) -la société qui s’estime lésée dans l’octroi de la qualité de sponsor- n’a pas pu entrer dans ses droits; du moins pas à la dernière édition du SIAO.

Ainsi, avant et pendant la fête de l’artisanat africain, on a assisté à des passes d’armes par médias interposés entre le Commissariat général du SIAO et l’agence DEFICOM et son client Brafaso. A coups de conférences, de points de presse ou d’interviews, chaque partie ne s’est pas privée de l’occasion d’envoyer une réponse du berger à la bergère. Jean-Claude Bouda, le tonitruant Commissaire général du SIAO a beau clamer qu’il n’a pas “de problème avec Brafaso”, les journalistes ne lui ont pas moins tiré les vers du nez au point qu’il a même failli craquer. A la question de savoir pourquoi Brafaso ne fait pas partie des sponsors officiels du Salon, sa réponse trahit son agacement. “Brafaso n’est pas la seule entreprise du Burkina Faso. Et Deficom n’avait pas pour mission de prospecter cette société, mais plutôt de le faire vis-à-vis d’un certain nombre d’annonceurs. Pourquoi les gens se focalisent-ils sur le seul cas de Brafaso?” peut-on lire dans L’Observateur n°6758 du vendredi 3 novembre.

Comme on peut le voir, les germes de la guéguerre se trouvent dans le flou artistique qui entoure l’interprétation du contrat qui a été scellé entre le Commissariat du SIAO et l’agence de publicité DEFICOM. Chacun s’étant fait son idée des clients à prospecter, il va sans dire que la guerre des interprétations était inévitable. Et lorsque des intérêts souterrains s’en mêlent, bonjour les amalgames.

Le bon sens aurait voulu que le SIAO joue la carte de la transparence sur les critères d’attribution de la qualité de sponsor et de tous les droits d’exclusivité qui y sont afférents. Ce qui aura pour avantage d’être clair pour tous les postulants et d’éviter ainsi cette guéguerre d’interprétation qui montre malheureusement qu’après 20 ans d’existence, la “Vitrine de l’artisanat” traîne des taches noires qu’on gagnerait à nettoyer avant qu’il ne soit trop tard.   

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