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01.11.2006

Des RIPO pour sortir la peinture de l’ombre

RIPO (Rencontres internationales de peinture de Ouagadougou), c’est la nouvelle rampe de lancement que s’offrent, du 2 au 8 novembre, une cinquantaine de plasticiens de 14 pays d’Afrimedium_Statuaire_burkinabe.jpgque et d’Europe, désireux de prendre leur envol en main. Conçue et pétrie par l’Association pour la promotion des arts plastiques (Apap) créée en février 2000, l’initiative se veut “un cadre de formation professionnelle, d’expression et de rencontres”. Tout en venant compléter la galerie des festivals dont la capitale burkinabè a le secret, les RIPO se positionnent sans doute avec l’originalité de leur attachement à la seule discipline qu’est la peinture.

En effet, Suzanne Ouédraogo, une des chevilles ouvrières des RIPO, peut se gargariser du fait que la peinture “constitue, au même titre que la culture, le médium privilégié des artistes contemporains burkinabè”. Il n’en demeure pas moins que cet art est peu reconnu et soutenu par les Africains en général. Ses plus grands amateurs - et donc ses acheteurs - sont ailleurs ou viennent d’ailleurs. Or, aussi longtemps que les arts plastiques n’auront d’autres marchés qu’étrangers à leurs lieux de création et de production, il ne faut pas s’étonner que les peintres africains n’aient d’autre choix que de s’exiler pour vivre de leur métier. Or, à force de dormir sur “la natte des autres”, on risque d’avoir tôt ou tard un réveil douloureux. Les plasticiens africains se doivent de réinventer l’avenir ou périr.

C’est probablement pourquoi, en marge de l’exposition des œuvres créées par la cinquantaine de plasticiens conviés, les RIPO ont voulu joindre l’esthétique à la réflexion active en tenant les 3 et 4 novembre un séminaire international sur les problèmes et les perspectives du marché de l’art africain contemporain. Pour l’épanouissement des plasticiens africains désireux de vivre et de s’épanouir dans leur art, une chose est d’avoir des talents et des potentialités, une autre chose est de pouvoir les vendre. Telle est la question à laquelle aucun acteur culturel ne devrait se dérober. Les initiateurs des RIPO ont le mérite d’en poser les premiers jalons, pour que leur passion commune qu’est la peinture sorte enfin de l’ombre.  

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