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12.10.2006

Quelle école pour quel journalisme au Faso ?

medium_JJ.gif“Pour des raisons de survie dans leur espace national, les journalistes ont abandonné l’information et se sont mués en communicateurs.” Cette pique du Pr Serge Théophile Balima lancée dans une interview accordée à notre confrère Sidwaya n’a visiblement pas suscité le débat auquel on pouvait s’attendre. Hélas! En homme averti des péripéties et vicissitudes de la profession de journaliste au Faso, il a pensé peut-être provoquer le débat. Mais apparemment personne n’a voulu acheter sa bagarre.

Et pourtant, le professeur a soulevé un problème certes délicat, mais réel et même embarrassant pour un corps de métier à la croisée des chemins. En effet, la recherche du gain a très souvent pris le dessus sur le souci de faire du journalisme de qualité. Dans ce contexte, on ne devrait ménager aucun effort pour organiser des débats constructifs afin de hâter l’avènement d’un statut qui fait tant défaut au journaliste burkinabè. Ce débat devrait même précéder ceux subsidiaires sur la dépénalisation du délit de presse, la convention collective et la carte de presse. Avant de mériter les avantages liés à leur statut, les journalistes doivent d’abord baliser les chemins de leur métier, redresser et dégager toutes les insalubrités qui les empêchent d’être et de faire ce qu’on est en droit d’attendre d’eux. C’est la seule voie pour sortir du misérabilisme qui pousse à tort ou à raison beaucoup de confrères dans les dédales suicidaires de la chasse au gombo.

L’avenir du journalisme au Faso tient visiblement au choix entre deux options. La première sera de rendre plus crédible le métier en y appliquant les règles de l’art. La seconde, intimement liée à la première, est de cultiver contre vents et marées une intégrité à même de booster la revendication d’un statut nécessaire pour vivre un tant soit peu du métier. Sinon, il ne servira à rien de créer des écoles de journalisme. Ce n’est pas le diplôme qui fait le journaliste, mais bien le contraire. La preuve est que même ceux qui sortent des écoles ne font pratiquement pas mieux que ceux qui n’y sont jamais allés.

Lorsque le Blaiso émet l’idée de la création d’institut panafricain d’études et de recherche sur les médias, l’information et la communication (Ipermic) à Ouaga, c’est qu’il reproche encore bien de choses au visage actuel de la presse. A en croire l’intention du projet, cette nouvelle école devrait viser à enseigner une pratique plus professionnelle du journalisme de manière à donner véritablement à ce métier son rôle de 4e pouvoir. C’est un réajustement qui aura pour effet de permettre d’enrichir le débat démocratique tout en donnant l’occasion aux gouvernants d’entendre la voix de tout le peuple afin de proposer des politiques adéquates vers le développement tant souhaité par tous.

En attendant l’Ipermic, nos confrères peuvent commencer à dépoussiérer leurs costumes, remettre de l’ordre dans leur façon d’être et de faire, dénoncer sans aucun sentimentalisme tous les trains qui n’arrivent pas à l’heure et laisser aux communicateurs le rôle des louanges. C’est peut-être le moment de réajustement des vocations avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi, les journalistes apporteront effectivement leurs pierres à l’édification de la société d’espérance promise par le Blaiso nouveau.

 

avec

G. John (stagiaire à JJ)

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