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  • Les nouveaux habits de la TéNéBreuse

    A l’instar d’un joyeux bambin paré de nouveaux habits, la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) a annoncé sa rentrée télévisuelle pour le 30 septembre prochain. En tout cas, depuis la semaine dernière, la TéNéBreuse annonce les couleurs. En faisant gravement le malin. En effet, en plus de son propre canal, la réclame de l’événement est propagée sans compter sur les flancs des bus de la Sotraco.

    De mémoire de Dromadaire, ce sera la première fois qu’un média fait sa rentrée. Yacouba Traoré, le très circonspect directeur de la TéNéBreuse, marque un grand coup, en s’inscrivant comme le premier manager à accomplir l’exploit.

    Mais si exploit il y aura le 30 septembre, cela apparaît d’abord comme un challenge, le tout n’étant pas d’afficher des ambitions mais d’être constant dans leur réalisation. Or, sur le plan de la pérennisation des émissions, la télévision nationale ne semblait pas avoir les moyens de sa politique. Du moins, les abonnés de la TéNéBreuse gardent un souvenir amer de la disparition prématurée de certaines émissions qui accrochaient incontestablement. Au moment où Pascal Yemboini Thombiano et son équipe de rédacteurs annoncent un nouveau «Grand jour» pour la rentrée télévisuelle, comment ne pas regretter le requiem prématuré de «Médiascopie» puis de «Presse dimanche» cette tribune de débat contradictoire qui permettait aux téléspectateurs d’entendre d’autres sons de cloche sur la télévision nationale? Le sage adage enseigne que «la charité bien ordonnée commence par soi-même», mais apparemment, la rédaction de la TéNéBreuse préfère le contraire en allongeant le temps du journal télévisé du dimanche à une heure d’horloge.

    Espérons au moins que ce nouveau rendez-vous ne sera pas une rallonge de plus. Déjà que sur le plan spatial les reportages de la télévision ont du mal à aller au-delà de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, et que le contenu informationnel est pris dans le carcan de la facturation. Il en est de même pour le «Plus de sport» annoncé. On devrait logiquement voir plus de sport de haut vol que ces «coupes» qui débordent trop de marketing politico-social mal placées.    

    En somme, pour que «Ça se passe à la télé», comme tout le monde le souhaite, il faudrait une bonne dose d’imagination qui aille au-delà des images.

    Il n’est jamais trop tard pour effectuer une rentrée dans la bonne direction. En cela, la TéNéBreuse a le mérite de montrer la voie de l’innovation et de l’audace à tous les médias du Burkina en général et aux médias d’Etat en particulier. En attendant de voir et surtout de croire aux nouvelles couleurs annoncées, force est de constater que les nouveaux habits de la TéNéBreuse ne s’afficheront pas, le 30 septembre, seulement à l’écran, mais également dans une cour rénovée. Avec de tels nouveaux habits, comme on n’en voit pas souvent dans les médias, le jeu en vaut certainement la chandelle de journées portes ouvertes. C’est tant mieux pour l’image du 955 Boulevard de la Révolution.

  • Une nouvelle voie pour l’agencier du Burkina

    Après avoir été phagocytée par les éditions Sidwaya pour se donner une nouvelle vie, l’Agence d’information du Burkina (AIB) vient de se donner une nouvelle voie à travers un partenariat avec les radios privées FM. L’acte de naissance de cette collaboration a été signé lundi 4 septembre dernier entre le manager Michel Ouédraogo pour la partie fournisseur d’information et le doyen Roger Nikiéma pour les promoteurs de radio. Selon les termes du contrat, les éditions Sidwaya s’engagent à mettre à la disposition de ses nouveaux partenaires, moyennant une “contribution forfaitaire” - non révélée -, des informations recueillies dans les régions, provinces et départements. Mieux, les correspondants de l’AIB peuvent intervenir, à leur demande, directement sur les radios.

    L’opportunité est partagée. Les informations de l’AIB trouvent un nouveau débouché pour vendre leurs produits et se vendre - au sens propre. Car, considérés à tort ou à raison comme des “journalistes de la brousse”, ils n’avaient jusque-là d’autre plate-forme que des médias d’Etat qui ne semblent pas toujours valoriser leur boulot comme il se doit. Las d’attendre une promotion qui ne venait pas, certains avaient même opté pour une collaboration clandestine avec la presse écrite, plus demandeuse d’informations incisives. L’AIB n’est-il pas devenu synonyme de ce scribouilleur de province qui ne joue que le relais des activités d’un haut-commissaire généralement affairé à ne rien faire de bandatif? N’est pas parce qu’elle n’a pas toujours su être à la hauteur des attentes du public que l’Agence voltaïque de presse (AVP) fondée le 27 mai 1967 et devenue l’AIB à la faveur de la révolution d’août 83 a failli mettre la clé sous le paillasson?

    En s’offrant la voie des radios de proximité dont l’apport est désormais incontournable dans la diffusion de l’information, l’AIB s’inscrit dans une dynamique à la fois noble et exigeante. Il va lui falloir aller au-delà de l’information institutionnelle dont l’insipidité n’est plus à démontrer. Lorsque Roger Nikiéma demande à ce que les correspondants de l’AIB soient aussi “vigilants que professionnels, intrépides”, c’est une manière diplomatique de leur faire prendre conscience du nouveau défi à relever. Le vin est donc tiré, les abonnés de la bande FM attendent impatiemment de voir s’il sera de meilleure qualité que celle des agences étrangères où on s’est abreuvé jusque-là.

  • Aura ou Nora pas son prodige

    Aimer. Ce verbe, qui semble être le plus prodigieux de ceux que les hommes affectionnent conjuguer, n’est pas moins plein de paradoxe vital. Pour les uns, aimer voudrait dire “regarder dans la même direction”. Mais que vaut l’amour qu’un homme a pour sa femme s’il n’est pas capable de sacrifier son honneur pour sa bien-aimée? Nora, l’épouse de l’avocat Helmer promu directeur général de la banque populaire, a mis sa réputation dans la balance pour que son homme soit ce qu’il est devenu. En revanche, elle a attendu en vain de voir se réaliser ce qui se trame comme le prodige de la pièce.

    Dans une mise en scène parfaitement réalisée par Dani Kouyaté, l’enfant prodige du théâtre et du cinéma burkinabè, l’adaptation d’“Une maison de poupée” du dramaturge norvégien Henrik Ibsen dans “Le prodige de Nora” est une réussite. Ce, grâce aux talents enivrants de Rasmata Ouédraogo dans le rôle de Nora, Ildevert Méda (Helmer), Charles Wattara (Krostad), Pascaline Ouédraogo (Christine Linde) et Alain Héma (Docteur Rank).

    Prévue pour être jouée en 30 représentations, la pièce poursuit son petit bonhomme de chemin sur les planches du Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO), à côté du stade Municipal, les mercredi, jeudi, vendredi et samedi à partir de 20 heures jusqu’au 21 octobre avec une suspension du 4 au 7 octobre.