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25.09.2006
Les nouveaux habits de la TéNéBreuse
A l’instar d’un joyeux bambin paré de nouveaux habits, la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) a annoncé sa rentrée télévisuelle pour le 30 septembre prochain. En tout cas, depuis la semaine dernière, la TéNéBreuse annonce les couleurs. En faisant gravement le malin. En effet, en plus de son propre canal, la réclame de l’événement est propagée sans compter sur les flancs des bus de la Sotraco.
De mémoire de Dromadaire, ce sera la première fois qu’un média fait sa rentrée. Yacouba Traoré, le très circonspect directeur de la TéNéBreuse, marque un grand coup, en s’inscrivant comme le premier manager à accomplir l’exploit.
Mais si exploit il y aura le 30 septembre, cela apparaît d’abord comme un challenge, le tout n’étant pas d’afficher des ambitions mais d’être constant dans leur réalisation. Or, sur le plan de la pérennisation des émissions, la télévision nationale ne semblait pas avoir les moyens de sa politique. Du moins, les abonnés de la TéNéBreuse gardent un souvenir amer de la disparition prématurée de certaines émissions qui accrochaient incontestablement. Au moment où Pascal Yemboini Thombiano et son équipe de rédacteurs annoncent un nouveau «Grand jour» pour la rentrée télévisuelle, comment ne pas regretter le requiem prématuré de «Médiascopie» puis de «Presse dimanche» cette tribune de débat contradictoire qui permettait aux téléspectateurs d’entendre d’autres sons de cloche sur la télévision nationale? Le sage adage enseigne que «la charité bien ordonnée commence par soi-même», mais apparemment, la rédaction de la TéNéBreuse préfère le contraire en allongeant le temps du journal télévisé du dimanche à une heure d’horloge.
Espérons au moins que ce nouveau rendez-vous ne sera pas une rallonge de plus. Déjà que sur le plan spatial les reportages de la télévision ont du mal à aller au-delà de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, et que le contenu informationnel est pris dans le carcan de la facturation. Il en est de même pour le «Plus de sport» annoncé. On devrait logiquement voir plus de sport de haut vol que ces «coupes» qui débordent trop de marketing politico-social mal placées.
En somme, pour que «Ça se passe à la télé», comme tout le monde le souhaite, il faudrait une bonne dose d’imagination qui aille au-delà des images.
Il n’est jamais trop tard pour effectuer une rentrée dans la bonne direction. En cela, la TéNéBreuse a le mérite de montrer la voie de l’innovation et de l’audace à tous les médias du Burkina en général et aux médias d’Etat en particulier. En attendant de voir et surtout de croire aux nouvelles couleurs annoncées, force est de constater que les nouveaux habits de la TéNéBreuse ne s’afficheront pas, le 30 septembre, seulement à l’écran, mais également dans une cour rénovée. Avec de tels nouveaux habits, comme on n’en voit pas souvent dans les médias, le jeu en vaut certainement la chandelle de journées portes ouvertes. C’est tant mieux pour l’image du 955 Boulevard de la Révolution.
18:44 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.09.2006
Une nouvelle voie pour l’agencier du Burkina
L’opportunité est partagée. Les informations de l’AIB trouvent un nouveau débouché pour vendre leurs produits et se vendre - au sens propre. Car, considérés à tort ou à raison comme des “journalistes de la brousse”, ils n’avaient jusque-là d’autre plate-forme que des médias d’Etat qui ne semblent pas toujours valoriser leur boulot comme il se doit. Las d’attendre une promotion qui ne venait pas, certains avaient même opté pour une collaboration clandestine avec la presse écrite, plus demandeuse d’informations incisives. L’AIB n’est-il pas devenu synonyme de ce scribouilleur de province qui ne joue que le relais des activités d’un haut-commissaire généralement affairé à ne rien faire de bandatif? N’est pas parce qu’elle n’a pas toujours su être à la hauteur des attentes du public que l’Agence voltaïque de presse (AVP) fondée le 27 mai 1967 et devenue l’AIB à la faveur de la révolution d’août 83 a failli mettre la clé sous le paillasson?
En s’offrant la voie des radios de proximité dont l’apport est désormais incontournable dans la diffusion de l’information, l’AIB s’inscrit dans une dynamique à la fois noble et exigeante. Il va lui falloir aller au-delà de l’information institutionnelle dont l’insipidité n’est plus à démontrer. Lorsque Roger Nikiéma demande à ce que les correspondants de l’AIB soient aussi “vigilants que professionnels, intrépides”, c’est une manière diplomatique de leur faire prendre conscience du nouveau défi à relever. Le vin est donc tiré, les abonnés de la bande FM attendent impatiemment de voir s’il sera de meilleure qualité que celle des agences étrangères où on s’est abreuvé jusque-là.
07:42 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aura ou Nora pas son prodige
Aimer. Ce verbe, qui semble être le plus prodigieux de ceux que les hommes affectionnent conjuguer, n’est pas moins plein de paradoxe vital. Pour les uns, aimer voudrait dire “regarder dans la même direction”. Mais que vaut l’amour qu’un homme a pour sa femme s’il n’est pas capable de sacrifier son honneur pour sa bien-aimée? Nora, l’épouse de l’avocat Helmer promu directeur général de la banque populaire, a mis sa réputation dans la balance pour que son homme soit ce qu’il est devenu. En revanche, elle a attendu en vain de voir se réaliser ce qui se trame comme le prodige de la pièce.
Dans une mise en scène parfaitement réalisée par Dani Kouyaté, l’enfant prodige du théâtre et du cinéma burkinabè, l’adaptation d’“Une maison de poupée” du dramaturge norvégien Henrik Ibsen dans “Le prodige de Nora” est une réussite. Ce, grâce aux talents enivrants de Rasmata Ouédraogo dans le rôle de Nora, Ildevert Méda (Helmer), Charles Wattara (Krostad), Pascaline Ouédraogo (Christine Linde) et Alain Héma (Docteur Rank).
Prévue pour être jouée en 30 représentations, la pièce poursuit son petit bonhomme de chemin sur les planches du Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO), à côté du stade Municipal, les mercredi, jeudi, vendredi et samedi à partir de 20 heures jusqu’au 21 octobre avec une suspension du 4 au 7 octobre.
07:35 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.09.2006
France-à-fric pour la gloire père et du fils Gnassingbé
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Jacques Chirac, le grand blanc qui préside à la destinée de la France a, enfin, reçu ce jeudi 7 septembre 2006, à l'Elysée Faure Gnassingbé, le nouveau roi contesté du Togo. Certains observateurs ont vu dans cet acte politico-diplomatique l'onction de l'ex-puissance coloniale au jeune président mal élu en avril 2005; schéma classique d'une légende pratique france-à-fricaine qui finit toujours par normaliser ce qui n'aurait jamais pu être normal en France et dans les pays dits civilisés. Pour la gloire du père Eyadéma Gnassingbé qui a règné sans partage sur le Togo pendant près de 4 decennies et du fils qui fait bien la volonté de ses maîtres, la France de Chirac est prêt à tout. Sauf à l'honneur du peuple togolais qui, à l'instar des français voudrait avoir non seulement un président digne de lui, mais un président légitime et légitimé par lui, avec lui et pour lui.
Si j'étais rancunier, je souhaiterais que Nicolas Sarkosy devienne président de la France en 2007. Ainsi les Français que j'aime et dont je respecte l'autodétermination si un peuple a toujours le président qu'il mérite.
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06.09.2006
Mille réseaux et peu de roseau
Face à la déficience financière dont souffrent les organes de presse, le virus du réseau est visiblement tombé sur un terreau fertile à son développement. Il fait bien l’affaire des ministères, institutions ou organisations associatives qui ne jurent que par les réseaux de journalistes et de communicateurs. Il leur suffit d’organiser un atelier dit d’échanges et de formation pour déboucher sur le fameux réseau. Comme ils ne se soucient pas de savoir si les membres du bidule font déjà partie d’autres, ce sont pratiquement les mêmes journalistes et communicateurs qui voguent de réseau en réseau. Certains à la recherche d’un gombo frais immédiatement disponible. D’autres pour bénéficier de voyages et autres séminaires de formation à l’extérieur du pays. Pour être dans le cercle restreint des seconds, l’astuce est d’être le responsable du réseau ou au moins dans le bureau. Ainsi, on peut faire le tour du monde aux frais de la princesse. Que reste-t-il à la fin?
Les réseaux qui ne sont pas soutenus à bout de bras par les institutions qui les ont créés meurent de leur belle mort. Les autres vivotent au gré des financements obtenus à gauche et à droite. En somme, il est difficile de voir et de pouvoir évaluer l’apport concret des réseaux de journalistes et de communicateurs qui continuent néanmoins de se créer. En lieu et place de la production qualitative et professionnelle qu’est supposée induire les multiples réseaux, ce sont les mêmes problèmes qui enserrent la presse burkinabè. N’est-il pas temps de gratter pour savoir ce qui fait courir dans les réseaux et quel roseau on en sème vraiment pour la profession?
15:55 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Floby, le petit Mossi qui monte!
Un nouveau bourgeon vient d’éclore dans le microcosme du showbiz burkinabè. La bande FM, les boîtes de nuit, les maquis, les gargottes et autres ambianceurs de quartier ont cru trouver dans l’opus de Floby le tube des vacances 2006. En quelques semaines, le premier album de Florent Belemgnégré l’a propulsé au sommet du hit-parade. Pour son coup d’essai, le jeune virtuose prouve, à travers son œuvre intitulée «Maam sooré» - qui veut dire «mon destin», en mooré - que son destin d’artiste n’est pas le fait du hasard.
De ce qui a été distillé sur sa personnalité, on retient que le talent de Floby a pris sa source dans un patrimoine familial. C’est un musicien de souche, bercé et nourri de sonorités traditionnelles par une mère griotte. A l’école primaire, il aurait même eu le privilège exceptionnel de chanter alors que ses camarades devaient choisir entre le chant et la récitation. Déjà l’instituteur ne résistait pas aux mélodies suaves et envoûtantes du petit Florent. Mais s’il est vrai qu’«aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années», Floby a, lui, subi l’épreuve d’attendre son heure pour éclore au grand jour.
Comme la plupart des jeunes de son âge, il a cru trouver sa voie dans le mouvement Hip-Hop. C’est le concours de chant Nescafé Révélations qui a révélé ses grandes potentialités vocales, lesquelles ont tout de suite tapé dans l’œil de l’opérateur culturel Ismaël Zongo, alias Commandant Papus. Une complicité féconde ne tarda pas à se nouer entre l’artiste et son manager. Il a suffi que le mentor offre une guitare à son protégé pour que les notes qui bouillonnaient dans le cœur de Floby trouvent leur meilleure expression.
Dans une interview accordée à notre confrère Evasion n° 523 du 11 août, Florent se souvient encore de la joie d’avoir été «invité au studio pour la première fois». «Mes larmes ont coulé de joie. Je n’y croyais pas», a-t-il confié. A travers son album à succès «Maam sooré», le rêve est devenu réalité. Le Burkina a une nouvelle star. La légende de Floby est née des entrailles de Merveille Production, la non moins nouvelle boîte du Commandant Papus.
Dans un maniement élégant de son mooré maternel, le jeune Belemgnégré s’est inscrit dans la lignée des dernières stars qui ont donné un cachet particulier au showbiz burkinabè ces dernières années. Il n’a d’ailleurs pas manqué d’aller à l’école de Yoni, qu’il appelle affectueusement son «grand frère»; il ne cache pas son admiration pour Alif Naba. Mais tout en s’inspirant des autres, Floby a trouvé sa propre voie, celle d’une musique qui puise ses sources dans le riche patrimoine burkinabè. A travers son tout premier album, le jeune virtuose a réussi à réconcilier tous les mélomanes autour de son œuvre. Chacun en a pour son compte car, incontestablement, «Maam sooré», surtout son titre fétiche «Rosine», fait danser les jeunes et les anciens, et les thèmes abordés par l’artiste ne laissent personne indifférent. Il ne se prive pas de soulager son âme prématurément meurtrie d’enfant déshérité, orphelin de père, obligé de s’occuper de ses frères et sœurs et de sa pauvre mère chérie. Sa mélodie suave, langoureuse et mélancolique n’est pas moins envoûtante, pour peu qu’on se laisse toucher par la spontanéité et la sincérité de son talent.
Floby a incontestablement trouvé son chemin: la musique. Mais le plus dur commence désormais pour lui et son manager. Il ne suffit pas qu’une nouvelle étoile apparaisse dans la galaxie du showbiz, il faut qu’elle brille longtemps et au-delà de nos frontières.
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