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23.09.2006

Une nouvelle voie pour l’agencier du Burkina

Après avoir été phagocytée par les éditions Sidwaya pour se donner une nouvelle vie, l’Agence d’information du Burkina (AIB) vient de se donner une nouvelle voie à travers un partenariat avec les radios privées FM. L’acte de naissance de cette collaboration a été signé lundi 4 septembre dernier entre le manager Michel Ouédraogo pour la partie fournisseur d’information et le doyen Roger Nikiéma pour les promoteurs de radio. Selon les termes du contrat, les éditions Sidwaya s’engagent à mettre à la disposition de ses nouveaux partenaires, moyennant une “contribution forfaitaire” - non révélée -, des informations recueillies dans les régions, provinces et départements. Mieux, les correspondants de l’AIB peuvent intervenir, à leur demande, directement sur les radios.

L’opportunité est partagée. Les informations de l’AIB trouvent un nouveau débouché pour vendre leurs produits et se vendre - au sens propre. Car, considérés à tort ou à raison comme des “journalistes de la brousse”, ils n’avaient jusque-là d’autre plate-forme que des médias d’Etat qui ne semblent pas toujours valoriser leur boulot comme il se doit. Las d’attendre une promotion qui ne venait pas, certains avaient même opté pour une collaboration clandestine avec la presse écrite, plus demandeuse d’informations incisives. L’AIB n’est-il pas devenu synonyme de ce scribouilleur de province qui ne joue que le relais des activités d’un haut-commissaire généralement affairé à ne rien faire de bandatif? N’est pas parce qu’elle n’a pas toujours su être à la hauteur des attentes du public que l’Agence voltaïque de presse (AVP) fondée le 27 mai 1967 et devenue l’AIB à la faveur de la révolution d’août 83 a failli mettre la clé sous le paillasson?

En s’offrant la voie des radios de proximité dont l’apport est désormais incontournable dans la diffusion de l’information, l’AIB s’inscrit dans une dynamique à la fois noble et exigeante. Il va lui falloir aller au-delà de l’information institutionnelle dont l’insipidité n’est plus à démontrer. Lorsque Roger Nikiéma demande à ce que les correspondants de l’AIB soient aussi “vigilants que professionnels, intrépides”, c’est une manière diplomatique de leur faire prendre conscience du nouveau défi à relever. Le vin est donc tiré, les abonnés de la bande FM attendent impatiemment de voir s’il sera de meilleure qualité que celle des agences étrangères où on s’est abreuvé jusque-là.

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