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06.09.2006

Mille réseaux et peu de roseau

medium_thumb_7media.jpgBien malin celui qui peut dire combien de réseaux de journalistes et/ou de communicateurs ont tissé leur toile dans l’espace médiatique burkinabè. Apparemment, presque tous les secteurs sont cernés par ce nouveau phénomène de co-opérative des forçats de la plume, du micro et de la caméra, mais les transformations promises se font toujours attendre. Les plus nantis en financements organisent des ateliers de «renforcement de capacités» à l’intention de leurs membres qui sont sensiblement les mêmes qui militent dans les autres réseaux. Tout est fonction de l’appât qu’agite le réseau. Et hop! On n’hésite pas à lâcher l’ancien pour le nouveau. En matière de réseau-mania, tout semble permis dans le milieu de la presse. Certains de nos confrères et consœurs poussent le bouchon jusqu’à faire partie des bureaux de plusieurs réseaux à la fois, s’ils n’en sont pas les premiers responsables.

Face à la déficience financière dont souffrent les organes de presse, le virus du réseau est visiblement tombé sur un terreau fertile à son développement. Il fait bien l’affaire des ministères, institutions ou organisations associatives qui ne jurent que par les réseaux de journalistes et de communicateurs. Il leur suffit d’organiser un atelier dit d’échanges et de formation pour déboucher sur le fameux réseau. Comme ils ne se soucient pas de savoir si les membres du bidule font déjà partie d’autres, ce sont pratiquement les mêmes journalistes et communicateurs qui voguent de réseau en réseau. Certains à la recherche d’un gombo frais immédiatement disponible. D’autres pour bénéficier de voyages et autres séminaires de formation à l’extérieur du pays. Pour être dans le cercle restreint des seconds, l’astuce est d’être le responsable du réseau ou au moins dans le bureau. Ainsi, on peut faire le tour du monde aux frais de la princesse. Que reste-t-il à la fin?

Les réseaux qui ne sont pas soutenus à bout de bras par les institutions qui les ont créés meurent de leur belle mort. Les autres vivotent au gré des financements obtenus à gauche et à droite. En somme, il est difficile de voir et de pouvoir évaluer l’apport concret des réseaux de journalistes et de communicateurs qui continuent néanmoins de se créer. En lieu et place de la production qualitative et professionnelle qu’est supposée induire les multiples réseaux, ce sont les mêmes problèmes qui enserrent la presse burkinabè. N’est-il pas temps de gratter pour savoir ce qui fait courir dans les réseaux et quel roseau on en sème vraiment pour la profession?

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