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  • Mots et maux de presse

    medium_7media.jpgDepuis le fameux printemps de la presse qui a fait naître plusieurs titres dits indépendants et des ondes ‘’libres’’ sur la bande FM, le Burkina, comme plusieurs pays d’Afrique, rêve d’une ‘’vraie’’ presse qui comble enfin sa soif d’information indépendante. Une presse “où la critique constructive permet de chasser les médiocres, valoriser les compétences et faire la place à l’imagination créatrice”, selon le vœu émis par le professeur Serge Théophile Balima, dans une interview accordée à notre confrère Sidwaya dans sa livraison n°5652 du 18 juillet dernier. Lui-même journaliste, enseignant à l’Université de Ouagadougou et directeur du Centre d’expertise et de recherche africain sur les médias (Ceram), il n’a pas résisté à la tentation de montrer le chemin à suivre.

    Ainsi, pour lui, “La presse (ndlr: la véritable) doit impliquer les autres composantes de la société. Pas seulement les acteurs politiques mais aussi les acteurs économiques, les communautés villageoises et toutes les couches sociales. C’est à ce prix que les gouvernants sauront ce que pensent les uns et les autres afin d’apporter les ajustements nécessaires à la quête du développement”. Et blablabla...

    Pour paraphraser une expression poétique de la vedette canadienne Céline Dion, on a bien envie de dire que “s’il suffisait... qu’on théorise sur ce que la presse devrait être ou faire”, le rêve évoqué plus haut ne tiendrait qu’à un coup de bâton magique. Mais hélas! Entre le rêve, les vœux et la réalité, les contradictions, les compromissions et les trahisons sont telles que la médiocrité semble une fatalité pour la presse burkinabè. Tout le monde connaît les maux dont elle souffre, certains se vantent même de détenir le remède miracle, mais personne n’ose se salir les mains. Comme on doit s’en douter, le diagnostic et les critiques sont plus aisés.

    Pour marquer une halte aux sempiternelles palabres sur le problème de la “convention collective”, tout le monde - y compris le Pr Balima - s’accorde à reconnaître qu’il s’agit d’“une bonne chose en soi”. Mieux, il en identifie même les goulots d’étranglement. Mais le pessimisme avec lequel il conclut ses analyses semble la chose la mieux partagée par la plupart des samaritains qui sont supposés secourir la presse burkinabè. Difficile de trouver un bon samaritain, quelqu’un de suffisamment compatissant pour sauver ce qui peut encore l’être. Les enseignants, chercheurs, bailleurs de fonds, organisations professionnelles et journalistes ne sont d’accord que sur une seule chose: leur désaccord.

    Á l’instar des politiciens, chacun préfère être la tête d’un rat que la queue d’un lion.

    Or, aussi longtemps que chacun prêchera pour sa chapelle et que la guerre des intérêts particuliers prendra le pas sur celle de l’intérêt général, il est évident que la cacophonie des mots finira pas lasser. Le pire sera certainement d’arriver à banaliser les maux qui plombent une presse dont le rôle incontournable ne souffre pourtant pas de débat.

    Entre les mots et les maux de presse, on veut visiblement une chose et son contraire. Ou bien il y a de la mauvaise foi quelque part.

  • En attendant la Télénovela made in Africa

    Contrairement au proverbe qui veut que la charité bien ordonnée commence par soi-même, les télévisions africaines en général et burkinabè en particulier ont fait la part belle aux télénovélas importées. Les écrans noirs sont littéralement envahis par ces romans télés à la sauce hispanophone et lusophone dont les téléspectateurs, particulièrement la gent féminine, ont désormais du mal à se passer. A partir de 13 h 30, 19 h 30, 22 h 30 quand commence la diffusion de Rubi, Sublime mensonge et Muneca Brava, la vie s’arrête dans les ménages. Lorsque l’heure des fameux feuilletons coïncide avec un événement important ou même une célébration religieuse, certains accrocs n’hésitent pas à tout sacrifier pour ne rater aucun épisode. Les plus nantis se le font enregistrer, lorsqu’ils n’ont pas le moyen de faire autrement.

    Comme on peut le voir, le phénomène des télénovélas brésiliennes, mexicaines et vénézueliennes ont tellement envahi nos écrans qu’il semblait impossible d’avoir et de voir autre chose à leur place. Ceux qui l’ont inventé, il y a environ 40 ans au Brésil, sont agréablement surpris par le raz-de-marée non seulement dans toute l’Amérique latine, mais également en Europe, en Asie et en Afrique.

    Mais s’il est vrai que rien ne résiste au charme ravageur de la télénovéla, doit-on conclure qu’il n’y a plus de place pour les séries télévisées made in Africa ou que les téléspectateurs africains ne sont plus capables d’aimer et de vivre avec la même intensité les émotions d’acteurs locaux, mis en scène par des réalisateurs de leur terroir? Pour parler plus localement, les acteurs du cinéma burkinabè ont-ils l’audace de rivaliser avec leurs confrères sud-américains qui inondent leur marché par TV-Globo interposés? Enfin, jusqu’où la télévision nationale du Burkina peut-elle aller dans l’ouverture à des séries made in Burkina tout en maintenant son propre équilibre financier?

    Ce sont là autant d’interrogations qui méritent d’être soulevées au moment où des réalisateurs et producteurs burkinabè pointent sérieusement le nez dans un secteur qui semblait jusque-là une chasse gardée ou un domaine réservé (c’est selon). Rien qu’en cette année 2006 on a vu poindre deux téléfilms à la sauce burkinabè: “Commissariat de Tampy”, réalisé et produit par Missa Hébié et “3 hommes 1 village” réalisé par le tandem Issa Traoré de Brahima et Idrissa Ouédraogo et produit par Aminata Diallo-Glez.

    Alors que le premier se fait toujours attendre par les téléspectateurs, le second a livré ses prémices jeudi dernier. Les deux ont frappé à la porte de la TéNéBreuse et espèrent apporter un peu plus de couleurs locales au petit écran. Lentement mais sûrement, les professionnels se mettent au diapason et affichent leurs ambitions. Peut-être qu’avec un peu plus de mécénat, le “carrefour du cinéma africain” deviendra aussi le creuset de la télénovela africaine.

     

  • Immigration? Rien à foot moi!

    J’aurais voulu naître footballeur que de finir godeur dans un foutu bled où le soleil n’arrête pas de me chicoter le crâne. En tant que francophile et fils de colonisés, j’aurais pu, avec un peu de baraka, échouer en équipe de France comme Zidane, Makélélé, Viera, ou Govou,… Je suis vraiment jaloux de ces garçons qui ont fait rêver la France d’une deuxième coupe du monde. Eux au moins ils ont eu la chance d’être au bon endroit au bon moment et d’avoir surtout du talent à revendre. Avant que Pasqua,… et Sarkozy ne passent par-là.

    Ah, Abengué! Quand je pense que le "Pays de Blancs" fait toujours rêver au point que certains continuent d’aller se jeter dans les grillages de 6 mètres de haut, j’ai vraiment mal au cœur. Mais après une bonne Guigui, je me rends bien compte qu’ils n’ont pas tort de partir. Ne serait-ce que pour échapper à toutes les megd qui nous tracassent ici. Même dans des embarcations de fortune, entassés comme des sardines.

    Ces gros cons sans foi ni loi qui pillent, volent et violent ce continent à la croisée de tous les espoirs sont aussi pires que les requins de la Méditerranée. Ils ont raison de fuir le fossé qui s’élargit de jour en jour entre les moisis et les gros porcs sur l’échelle du Centre pour la Gouvernance Démocratique. Comment ne pas décamper si des fraudeurs continuent de déverser sur nous des produits de megd, alors que nous n’avons même pas les moyens d’honorer les ordonnances de médecins?! Même lorsque l’aventure s’achève dans les nasses des gardes-côtes italiens ou espagnols, ceux qui sont partis ont peut-être le mérite de vouloir un autre monde. J’aurai voulu les suivre, si j’en avais le courage.

    Mais bon sang de megd, je n’aurai jamais les 1 000 euros qu’exigent les passeurs, ni les couilles pour oser braver les requins. Qui va m’aider à avoir tout ce pognon? Avec un salaire payé au lance-pierres, je ne réussirai jamais à convaincre un banquier de me faire un quelconque crédit. J’ai laissé tellement d’ardoises sales dans les maquis où je traîne ma bosse que plus personne ne me fait confiance. Même pas mes compagnons de godets. Inutile de demander à ces enfoirés de faire une cotisation de solidarité pour moi pour que je les rembourse une fois de l’autre côté. Ils sont aussi paumés que des rats d’église.

    Il ne me reste plus qu’à continuer à végéter dans cette megd. Faut pas rêver! Après tout, c’est toujours mieux de rester vivant, même sur une terre de megd, que de finir au fond d’un océan, à la recherche de l’eldorado.