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10.07.2006
Les renseignements payants font recette au Burkina
En enseignant que le “temps, c’est de l’argent”, la maxime anglaise “Time is money” est, sans doute, la meilleure conception libérale du temps. En effet, s’il est vrai que le temps bien employé est un profit, il n’en est pas moins que le temps que l’on fait gagner à quelqu’un doit être rentabilisé. Des opérateurs de téléphonie ont tellement bien appris la british lesson qu’ils ont créé le deal des renseignements payants. Et ça semble marcher, avec des fortunes diverses.
Depuis le début de l’année 2006, le Faso aussi décolle lentement mais sûrement de l’ère des renseignements gratuits pour celle des renseignements facturés. La première expérience a été officiellement lancée fin mars dernier par le consulat de France.
Plus question d’aller au 33 Avenue du Trésor pour un hypothétique rendez-vous de demande de visa. Au lieu de se déplacer, comme ils le faisaient auparavant pour rien, les demandeurs détenteurs d’un passeport ordinaire peuvent téléphoner au n° 3006 pour fixer un rendez-vous avec le consul. Mais le temps ainsi gagné est payé à 354 F Cfa la minute de communication avec le serveur vocal du consulat.
En plus de connecter l’ambassade gauloise sur l’orbite des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic), l’opérateur téléphonique qui gère le deal vient d’élargir sa gamme de service à l’ensemble des consommateurs. Pour avoir les contacts de la pharmacie de garde, l’adresse du restaurant où déjeuner avec son prince charmant ou les horaires des “oiseaux de fer”, plus besoin d’angoisser son épouse ou sa maman. Il suffit de taper le 3003 pour débloquer la situation.
La nouvelle trouvaille a l’avantage de faire gagner du temps, mais la facture de téléphone devient un petit peu plus salée. C’est désormais le prix à payer pour être de plain-pied dans le vent de la société de consommation sur-rhytmée par les Ntic. C’est là où ça fait grincer les dents. En revanche, force est de reconnaître que lorsqu’un service est efficace, il n’y a pas de raison que le consommateur n’y trouve pas son compte, quel que soit le prix à payer. S’il est vrai que le n°120 du service des renseignements de la nationale des télécommunications est gratuit, il n’en demeure pas moins qu’on perd parfois un temps fou pour y accéder. L’attente est généralement très longue et le refrain: “Vous êtes bien au service des renseignements, veuillez patienter, s’il vous plaît” ne contribue qu’à agacer davantage.
Dans une société où l’écrasante majorité est habituée à la gratuité au point de l’exiger comme un droit, le nouvel opérateur de renseignements a besoin d’une bonne dose de campagne publicitaire et médiatique pour imposer le new deal. L’axiome “Time is money” n’est pas encore la chose la mieux partagée au Faso, et tous ceux qui veulent leur beurre dans les renseignements payants doivent se le faire dire.
Au-delà des péripéties inhérentes à toute nouvelle entreprise, le principal défi reste celui de la qualité du service. Africom, puisque c’est de lui qu’il s’agit, doit batailler dur et honnêtement pour que le nouveau service soit à la hauteur des attentes du public. Et que, surtout, les informations fournies ne souffrent pas d’imprécision. Ainsi tout le monde sortira gagnant du new deal des renseignements payants.
16:26 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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