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  • Désaccords de défonce

    Les accords de défense qui lient l'Hexagone à certaines de ses anciennes colonies sont, une fois encore, mis à rude épreuve. Alors que les brûlures de la Côte d'Ivoire peinent à se cicatriser, la polémique enfle à nouveau autour du soutien militaire que la France a apporté le 13 avril dernier au président tchadien acculé par des rebelles du Front uni pour le changement (FUC). Au nom du «devoir d'ingérence», les troupes françaises basées à l'aéroport de N'Djaména ont prêté une providentielle main forte à l'armée tchadienne surprise et débordée par l'offensive des rebelles visiblement résolus à en découdre avec le régime de Déby-Itno.
    Sans prendre le risque de s'impliquer dans ce conflit, l'armée française ne s'est pas moins mise en première ligne en tirant un coup de semonce à l'endroit des assaillants. Cela a suffi pour déclencher des tirs croisés sur le fameux «accord de défense» dont se prévaut Paris.
    En mettant en déroute les rebelles du FUC, la France n'apporte-t-elle pas de l'eau au moulin de ceux qui croient que cet instrument militaire ne sert qu'à protéger des régimes en difficulté.
    Il n'est un secret pour personne que Idriss Déby-Itno est «politiquement fragile et isolé». Pour avoir charcuté la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir, il s'est délégitimé. Mais force est de reconnaître que dans cette région où le conflit soudanais constitue une véritable poudrière, il suffit d'une petite étincelle pour la faire exploser. Depuis octobre 2003 où le Tchad est devenu exportateur de pétrole, le choc des intérêts rend les choses plus inflammables. Dans ces conditions, l'exécution d'un «accord de défense», si séculaire soit-il, crée plus de désaccords qu'autre chose. La frontière est nécessairement ténue entre la défense de la paix et la protection des intérêts.