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30.03.2006
Conté-à-rebours
Les jours du président guinéen ne seraient donc pas comptés. Du moins pas encore. Son hospitalisation, du 18 au 24 mars, en Suisse a réveillé le débat sur le règne chancelant du général Lansana Conté, qui ne gouverne visiblement plus la Guinée depuis belle lurette. Pour ceux qui attendaient sa fin pour chanter le requiem de la semaine de fer qu’il impose aux Guinéens depuis 1984, le séjour médical helvétique du général-président était le chant du cygne. Ils semblent être loin du compte.
Conté semble dure à cuire malgré le diabète aigu et la leucémie qui le rongent et le poids de ses 74 ans. Son retour vendredi dernier est peut-être le signe qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Il est de retour comme il l’a promis au cours d’une interview qu’il a accordée à la radio guinéenne. Mais ce retour est loin de rassurer sur la capacité du président à reprendre les choses en main. D’ailleurs, le vrai pouvoir a déjà quitté le général et les véritables maîtres du jeu ne sont autres que ses proches, qui mettent tout en scène pour retarder le début de la fin.
Une chose est au moins sûre, il y a longtemps que les Guinéens ont cessé de compter avec et sur Conté. La mémorable grève générale, qui a paralysé le pays pendant 5 jours en mars, est la preuve d’un ras-le-bol de plus en plus généralisé contre «la cherté de la vie et l’indifférence des pouvoirs publics face à la misère de la population».
La prochaine élection présidentielle est prévue pour 2008. A ce compte-là on comprend alors pourquoi certains Guinéens voudraient d’un décompte autre que celui de l’horloge constitutionnelle de la République. Soit. Même si le général venait à passer l’arme à gauche, il va falloir batailler dur avec une junte militaire qui n’entend pas se laisser Conté.
18:53 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
Ecrivains de tout le Burkina, à vos plumes !
Au moment où les Hommes intègres exhibent, à Bobo-Dioulasso, ce qu’ils ont produit de meilleur en matière culturelle, force est de constater que les étalages ne sont pas des plus achalandés en œuvres littéraires d’auteurs burkinabè. Autrement dit, à ce 13e rendez-vous du «donner et du recevoir» placé sous le signe de «culture et intégration des peuples», le Burkina a malheureusement très peu à donner en matière de production littéraire. Contrairement à la production musicale, pour ne citer que le plus populaire des arts pratiqués au Faso. Et pourtant, si l’on convient que «la culture, c’est qui reste quand on a tout perdu», il va falloir conserver aussi nos meilleures traces de vie dans des livres et pas seulement sur des bandes magnétiques.
Fort de cet impératif culturel, le ministère en charge de la Culture et des Arts a entrepris, en 2005, «de réaliser une opération révolutionnaire qui consiste à éditer 50 auteurs burkinabè avec l’appui des structures étatiques». L’objectif fondamental de cette opération est de donner au moins une chance d’édition aux œuvres produites à l’occasion du Grand prix national des arts et des lettres (Gpnal) lors des Semaines nationales de la culture (SNC) qui se sont succédé depuis 1983. Selon les statistiques, sur un total de 1117 manuscrits enregistrés de la 1ère édition de la SNC à la 12e édition en 2004, moins de 100 auteurs sont passés sous les presses d’une imprimerie. En clair, ce sont les moyens de production qui manquent le plus à l’industrie littéraire burkinabè et non pas de la matière première.
Pour peu que les pouvoirs publics décideront de donner à cette industrie le même souffle que celui apporté à la musique, on ne peut pas ne pas voir s’éclore de nouveaux chef-d’œuvres. Dieu sait qu’ils sont nombreux, les auteurs burkinabè qui ne demandent qu’à être produits. La preuve a été donnée d’abord à travers l’opération de «collecte des manuscrits lauréats qui n’ont pas été édités depuis 1992» puis à travers l’«appel à manuscrits» à l’issue duquel 21 œuvres ont été retenues sur la quarantaine enregistrée.
C’est grâce à cette initiative que notre confrère Baba Hama a, enfin, vu éditer au Burkina «Lamordè», son roman qui a remporté le 2e Prix national des arts et des lettres à la SNC Bobo 1994. Consignée en Dépôt légal au 4e trimestre 2005, l’œuvre porte la griffe des Presses universitaires de Ouagadougou pour ce qui est de la photocomposition et celle des Editions Sidwaya pour ce qui est de son impression. Elle est préfacée par Mahamoudou Ouédraogo himself, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme jusqu’en janvier 2006. Celui-ci a saisi l’occasion pour se réjouir de la volonté politique qui a engendré le soutien aux écrivains tout en invitant ces derniers à traduire le coup de pouce en une véritable force de frappe de la littérature made in Burkina.
Mieux vaut tard que jamais. Avec les pouvoirs publics à la rescousse d’une production littéraire jusque-là sous le boisseau, c’est sans doute une manière de rendre justice aux pionniers de littérature écrite burkinabè que sont Nazi Boni, Dimdolobsom Ouédraogo, Lompolo Koné,…Mieux, en reprenant, en cette année 2006, l’opération de collecte des manuscrits lauréats du Gpnal et d’appel aux manuscrits, c’est un vital coup de fouet que l’Etat donne aux différents genres littéraires en compétition à la SNC que sont le conte, la poésie, le théâtre, le roman et la bande dessinée, et par ricochet à tous les écrivains du Burkina. A vos plumes donc.
18:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
27.03.2006
Le cinéma burkinabè peut-il rêver de Hollywood africain?
Avec une moisson de plus en plus abondante et des films qui font recette, le cinéma burkinabè va-t-il enfin amorcer l’ascension commerciale tant rêvée? Ces dernières années, les réalisateurs locaux sont d’une prolixité qui surprend agréablement un public qui ne demandait qu’à voir des films made in Faso. A voir l’engouement que suscitent des réalisations telles «Source d’histoire», de Adama Rouamba, «Mokili», de Berni Goldblat,… et maintenant «L’Or des Younga», de Boubakar Diallo, pour ne citer que les dernières affiches, force est de constater qu’il ne se passe plus de semaine sans film burkinabè à l’affiche. Aux Ciné Burkina, Ciné Neerwaya de Ouagadougou et au Ciné Sanyon, on ne se bouscule plus seulement pour les productions hollywoodiennes et bolywoodiennes Il est même arrivé très souvent que ces plus grandes salles du pays se soient révélées trop petites. Eh oui! Ils sont légion, les Burkinabè, qui ne demandent qu’à voir des films où se mêlent des réalités, rêves et illusions de leur quotidien.
Depuis la dernière édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (le 19e Fespaco), en 2003, les réalisateurs burkinabè ont pris une option sérieuse de production qui n’est pas passé inaperçue. Même si l’Etalon de Yennenga a été remporté par le Sud-Africain, Dany Kouyaté, avec «Ouaga Saga», Fanta Regina Nacro, avec «La nuit de la vérité», et Apolline Traoré, avec «Sous la clarté de la lune», ont permis au Burkina de ravir la vedette du pays le plus prolixe en long métrage. Preuve le pays des Hommes intègres reste malgré tout un sanctuaire incontestable du cinéma africain.
Mais les films y poussent aujourd’hui comme des champignons, l’industrie cinématographique burkinabè, ou ce qui y ressemble, le doit au miracle du numérique. A l’instar du géant Nigeria et du Ghana qui en ont profité pour réaliser le boom des sitcoms si prisés par les télévisions du continent, le Burkina est en passe de gagner le pari du cinéma populaire grâce au numérique. Avec déjà 5 longs métrages dans la bosse en moins de 3 ans, et avec une vingtaine de millions de F CFA par challenge, «Les Films du Dromadaire» réalisent un exploit qui ne manquera pas de faire école. Les nombreux festivals européens et canadien auxquels Boubacar Diallo a été invité à montrer ses produits sont la preuve que cette la renommée de cette production filmique dépasse les frontières du Burkina et se répand au-delà des mers.
Que dire des comédiens burkinabè, qui n’ont plus besoin d’attendre une hypothétique annonce de casting pour monter sur les plateaux? Si les doyens sont sollicités par presque tous les réalisateurs pour apporter leurs touches aux nouveaux films, de nouveaux comédiens sont nés et se bonifient au fil des aventures. Surtout lorsqu’une maison comme «Les Films du Dromadaire» reprend les mêmes ou presque. Que de rêves se sont réalisés en si peu d’années! Que de films légitimement aussi prétentieux les uns que les autres ont apporté plus de chaleur burkinabè à nos salles obscures! De nouveaux réalisateurs confirment leurs talents dans le 7e art. De nouvelles stars de cinéma aussi.
Mais le Burkina est-il prêt à assumer une industrie du cinéma? L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Avec seulement 3 grandes salles d’une capacité totale d’environ 2 000 places et des petites salles qui ne couvrent pas encore le quart du territoire national, les ingrédients du cinéma qui nourrit son homme au Faso manquent malheureusement encore de piment. C’est une ambition qui nécessite un substantiel apport initial de capitaux, la création d'un réseau de distribution et la construction ou l'adaptation de salles de projection. Bref, l’existence d’un système bien huilé, efficace et capable de s’autofinancer sainement. Au Faso, c’est une autre paire de manches qu’il faut régler pour donner du piquant au rêve d’un Hollywood à la sauce burkinabè.08:54 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
C'est bon, c'est Boni!
Les Béninois n’ont pas voulu mettre le vin nouveau dans de vieilles outres. Ils ont préféré le banquier au vieil avocat, aussi expérimenté soit-il. C’est tant mieux pour Boni Yayi. Son premier essai sur la scène politique a été le bon. Comme par enchantement, son rêve du «ça va changer, ça doit changer» s’est fait réalité.
C’est un atterrissage miraculeusement réussi pour cet ancien diplômé de l’Université de Paris IV Dauphine dont le background le plus significatif est d’avoir été le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) de 1994 à 2006. Le docteur en économie a peut-être aussi le mérite d’être issu des trois ethnies influentes du Bénin. Nago du Sud et du Centre par son père et Peulh du Nord par sa mère, il est peut-être le prototype du réconciliateur. Mais les Béninois ont plutôt choisi le banquier pour donner un coup d’accélérateur à l’économie vacillante de leur pays. Curieusement, la réponse à la plus secrète attente de ses électeurs se trouve dans la signification de son prénom. Yayi signifie, en fon, langue la plus parlée au Bénin: «la misère s’en est allée». Ceci justifierait-il cela? Le coup du sort n’est pas mauvais pour Boni. Les prochains 5 ans diront si les Béninois ont fait le bon choix.
08:48 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
15.03.2006
Pauvre, l'Afrique l'est aussi de riches
Pauvre Afrique. Elle n’est pas seulement le continent des moins nantis, elle est également le coin de planète où l’on dénicherait le moins de riches. A en croire le classement 2005 du magazine américain Forbes, le monde compte de plus en plus de milliardaires en dollars. Mais aucun ne pointerait encore le nez sur le continent noir.
C’est le richissime américain Bill Gates, cofondateur de Microsoft, qui tient, depuis 12 ans maintenant, la tête du peloton des nababs. Avec une fortune estimée à 50 milliards de dollars, il possède à lui seul une fortune équivalant à 25 mille milliards de F Cfa , soit au moins 30 fois le budget annuel de l’Etat burkinabè. Selon le classement par région, les Etats-Unis d’Amérique battent le record avec 371 milliardaires sur les 793 répertoriés cette année. Vient ensuite la République fédérale d’Allemagne, avec 55 milliardaires. Parmi les plus pauvres des riches, le nombre d’Indiens est passé de 13 à 23, celui de Russes de 26 à 33 et celui de Brésiliens de 8 à 16. Au Moyen-Orient étendu à la Turquie, les milliardaires sont passés de 29 à 56 avec, en prime, la première fortune détenue par une femme.
Agée seulement de 22 ans, Hind Hariri, la fille de l’ancien Premier ministre libanais assassiné en février 2005, est à la tête d’une richesse évaluée à 1,4 milliard de dollar et se classe à la 562e sur les 793 fortunés référencés par Forbes.
La principale leçon du classement 2005 est qu’en 20 ans le nombre de milliardaires est passé de 140 à 793. Preuve que la richesse s’est démocratisée dans l’espace, le temps et le genre. Tandis que l’Afrique s’appauvrit de plus en plus. Ceci expliquerait peut-être cela.
18:33 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
Quand la presse "poubelle" fait recette
Après les dérives peu glorieuses de «radio milles collines» au Rwanda et des «médias de la haine» en Côte d’Ivoire, certaines parutions camerounaises viennent de plonger la presse africaine dans les eaux sales de la presse «poubelle». La déviation fait recette - au propre comme au figuré - et rien ne semble l’arrêter dans ce pays où l’éthique et la déontologie journalistique sont plus que jamais mises à mal.
C’est en effet vers la fin de janvier dernier que l’hebdomadaire «La météo» a fait des «révélations» sur une liste de Camerounais et d’étrangers considérés comme homosexuels. La sensibilité de l’information aidant, son confrère «L’Anedocte» ne tarda pas à enfoncer le clou en publiant une liste plus «exhaustive». Le landerneau médiatique était alors parti pour une foire de dénonciation, de manipulation de l’opinion et de règlement de comptes par médias interposés. Quand on sait que dans ce pays comme dans d’autres en Afrique le public raffole de la rumeur plus qu’il ne fait foi à l’information, la publication des listes bien ciblées d’homosexuels présumés fut une affaire juteuse pour les périodiques qui s’y sont donné à fond la caisse. Certains journaux se sont arrachés comme de petits pains.
Pendant quelques semaines de folie médiatique, tous les coups semblaient permis. Du moins, cela a peut-être eu pour avantage de dédramatiser la délicate question de l’homosexualité sur le continent noir. Mais entre la liberté légitime de s’exprimer sur un sujet considéré comme tabou et la volonté de pourrir la réputation de quelques hauts responsables non grata, il n’y a qu’un pas. Et une certaine presse camerounaise l’a allégrement franchi.
Même si, dans la foulée, un des présumés listés a eu le courage d’ester contre l’hebdomadaire «L’Anecdote» devant le tribunal de Yaoundé, il y avait pour les juges de quoi se mêler les pinceaux entre les faits de diffamation et ceux d’homosexualité. Du reste, le directeur du journal s’en est tiré avec seulement 4 mois d’emprisonnement - sans mandat de dépôt - et une amende de 1 million de Cfa. Quant au plaignant, un ministre délégué de l’actuel gouvernement, il n’a eu droit qu’à un 1 franc symbolique pour la «réparation du préjudice moral» qui lui a été causé. Son honneur est-il désormais sauf ? Rien n’est moins sûr.
Ce procès n’était visiblement pas fait pour dissuader les amateurs de la presse «poubelle». Bien au contraire. Aussi, alors que la fièvre des publications homophobes n’est pas totalement retombée, l’opinion camerounaise a, à nouveau, eu droit à l’os des «fonctionnaires milliardaires». Cette fois-ci, c’est le bi-hebdomadaire «Le Front» qui donne le ton en affichant le «hit parade des fonctionnaires camerounais milliardaires». Avec en illustration la photo du chef de l’Etat Paul Biya. Le journal égrène la liste des présumés fortunés dans des catégories de «plus de 5 milliards à moins d’un milliard», avec des noms et des fonctions. Et comme pour couronner le tout, il dresse «par ordre de mérite» une liste de «collaborateurs rigoureux et intègres».
Comme on peut le voir, cette publication n’a d’autres buts que de suggérer l’émoi et le courroux à l’égard de certaines personnalités qui sont indexées comme des «voleurs de la République». Ce qui n’est pas étonnant dans une société camerounaise où la césure entre le «haut» et le «bas» est assez scandaleuse, où les ingrédients sont réunis pour provoquer la confusion et les fantasmes de toutes sortes. Mais quand des médias s’abaissent jusqu’à cette profondeur et prêtent leur «pouvoir» à une telle alchimie explosive, il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. Car, lorsque la presse «poubelle» fait recette, c’est probablement parce que les poubelles ordinaires débordent d’ordures.
18:29 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
11.03.2006
Sexe et foot
Ses défenseurs estiment que «le football et le sexe vont de pair», et c’est sans doute pourquoi les «cabanes de sexe» sont bâties sur des zones clôturées de la taille d’un terrain de football. Mieux, l’Allemagne ayant légalisé le proxénétisme et l’industrie en 2002, le mégabordel se positionne comme la plus grosse affaire de la Coupe du monde. Dédié à Artémis, le complexe prostitutionnel défend des vertus qui sont aux antipodes de la chasteté et de la virginité qu’incarne la déesse grecque. Il veut plutôt faire jouer du sexe dans l’anonymat et en toute libéralité. Ici, c’est à Frédéric Dard qu’on donne raison: «le sexe a des effluves que la raison ignore». Et les prêtres du «temple érotique» ont vu juste.
Mais loin de faire l’unanimité, l’initiative ne soulève pas moins d’inquiétude. Surtout qu’on parle déjà de 40 000 «travailleuses du sexe» d’Europe de l’Est prêtes à être importées. Après la Coupe du monde, Berlin risque de voir sa coupe… d’immigration prostitutionnelle bien pleine. Il va falloir la boire jusqu’au...lit.
11:02 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
Musique burkinabè au fémin pluriel
«8 dames pour annoncer les couleurs du 8-Mars». C’est sur cette affiche musicale que Ouagadougou a été convié au réveillon de la Journée internationale de la femme. Pour une fois, le showbiz burkinabè, en l’occurrence ETK, a eu la lumineuse inspiration d’allumer les flammes de cette célébration mondiale par un plateau composé uniquement de femmes musiciennes made in Burkina.
Au-delà du séduisant symbolisme, c’est sans doute une des premières fois qu’un spectacle a été assuré de bout en bout au féminin. C’est tout à l’honneur des organisateurs du spectacle, mais aussi et surtout de ces dames qui ne ménagent aucun effort pour se hisser au sommet de leur art. Incontestablement, les 8 artistes (Amity Méria, Sonia Carré d’as, Sami Rama, Idak Bassavé, Djata, Remeka, Sissao et Adji) ont marqué, ces deux dernières années, la galaxie du showbiz burkinabè de leurs créations et prestations. Le choix porté sur elles ne semble pas avoir été guidé par le hasard ou la complaisance. Ce sont les stars du moment, et elles méritaient bien qu’on leur fasse confiance.
La réalisation d’un Compil des dames en 2005 par Seydoni Productions avait déjà montré que la musique burkinabè peut désormais se jouer en femmes majeures. Certes, l’opus a voulu faire de la place à tout le monde, les talentueuses comme les débutantes. Mais des révélations comme Remeka, Adji, Sissao - pour ne citer que les novices - prouvent que l’écurie des Frères Traoré a vu juste. La musique burkinabè doit désormais compter avec les dames.
Dans ce registre, il est juste et bon de saluer l’audace du trio des «Premières dames» qui a su, à sa manière, jouer la partition de la femme dans la fièvre du Tak’borsé qui s’est emparée du Burkina. Certes, Kadi Jolie, Aïcha Junior et Maguy Leslie ont encore des notes à affiner. Même si elles ont chanté «comme des casseroles», elles ont eu le mérite et le courage de se mettre dans la danse. Ce qui n’a pas toujours été le cas pour la plupart des femmes. Même des plus talentueuses.
La gent féminine peut se réjouir. Au pays des Hommes intègres, on sait reconnaître le talent des femmes musiciennes. Elles n’ont pas besoin d’être nécessairement «follement belles ou sacrées folles pour devenir célèbres». Ce qui manque le plus, c’est le courage et la liberté de se jeter dans la bataille. Car, contrairement aux hommes - qui n’ont pas fini de ruminer leurs galères -, les femmes ont aussi de la douceur à revendre. Lorsqu’elles arrivent à donner de la voix en suivant leurs voies, leur implication ne peut qu’apporter à la musique burkinabè l’espérance qui lui fait souvent défaut.
Ainsi, plus qu’une «nuit des dames», l’initiative de ETK Productions fait lever un nouveau jour sur les potentialités encore inexploitées des musiciennes et chanteuses burkinabè dans le domaine du showbiz. Si l’on convient avec le philosophe Nietzsche que «sans la musique la vie serait une erreur», on est aussi fondé à penser que sans une partition active des dames la promotion musicale d’un pays sera une mélodie inachevée. Pour un vrai bonheur avec les Burkina Mousso, il ne faut pas seulement une «nuit des dames» à la veille du 8-Mars. Mais mille et une nuits. Pour que toutes les dames distillent leur joie de chanter et la sensualité enivrante de leur musique11:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
06.03.2006
Pauvres oiseaux
Pour avoir voulu rester fidèle à son amour inlassable des animaux, une vieille dame n’a pas été moins folle de pratiquer un «bouche-à-bec» à un pigeon moribond à Alicante, dans l’est de l’Espagne. Prise d’une fièvre que ses voisins ont vite fait de soupçonner d’origine aviaire, la Samaritaine s’est précipitée à l’hôpital pour avoir le cœur net. Plus de peur que de mal, les toubibs n’ont diagnostiqué qu’une grippe «tout à fait normale».
La bonne vieille est rassurée. Mais elle réfléchira désormais par deux fois avant de souffler dans le bec d’un pigeon. Connue aussi pour les miettes de pain qu’elle affectionne donner aux pigeons de son quartier, elle a désormais la mairie à ses trousses. Pris dans la panique aviaire, le conseil municipal a pris un arrêt pour interdire cette pratique, et éviter ainsi la surpopulation des oiseaux dans la ville. Pauvres oiseaux! Quand la grippe aviaire frappe à la porte, il faut bien que quelqu’un foute le camp. Et la solidarité humano-aviaire avec.
19:37 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
Une phobie peu honorable pour la France
Les dieux sont tombés sur la tête, le 8 février dernier, au Palais-Bourbon, siège du Parlement français, et pour cause. Dans un excès de zèle, la questure de cette auguste Assemblée a poussé le scrupule jusqu’à censurer le journal satirique «Le Gri-Gri International» destiné à être distribué aux élus français. Un exemplaire du numéro daté du 9 février du bimensuel a été déposé sous enveloppe à chacun des 577 députés. Mais coup de théâtre, la questure a bloqué le courrier sous prétexte que la caricature - de Jacques Chirac en short et chemise à fleurs (voir dessin) - à la «Une» de l’édition présenterait un «caractère injurieux, voire diffamant». Et patati, et patata!
Dans ce haut lieu de la liberté, un des piliers de la démocratie française, il ne manquait qu’une questure anachronique pour juger à la place des parlementaires ce qu’ils sont en mesure de lire ou non. Sinistre phobie que celle de ces questeurs tatillons sur les bords qui «cherchent la bagarre là où il n’y en a même pas». Dans une France où les Guignols poussent quotidiennement le bouchon de raillerie jusqu’à présenter le président de la République sous toutes les facettes imaginables sur le petit écran, on comprend mal leur acharnement contre un dessin qui fait plutôt jouer le beau à Chirac.
Le chef-d’œuvre incriminé a été réalisé pour «Le Gri-Gri International» par Damien Glez, le croqueur maison du Dromadaire. Au Burkina où il croque régulièrement des chefs d’Etat, la fameuse caricature de Chirac passerait comme une lettre ordinaire à la poste.
Si tant est que le dessin de «Chirac en short et chemise à fleurs» rabaisse le chef de l’Etat sous le look d’un vulgaire fêtard des Antilles, n’est-il pas vrai que Chirac a voulu mieux se rapprocher de ses «concitoyens» antillais en demandant à l’Assemblée nationale de revenir sur la révision de la Loi sur l’esclavage qui divisait l’opinion française? N’est-ce pas ravir la vedette aux députés que de faire ce revirement courageux qui réchauffe sa cote de popularité dans les DOM/TOM? Où se trouve alors l’injure et la diffamation que les questeurs veulent à tout prix traquer dans une caricature qui n’en comporte pas la moindre trace?
S’il y a bien une personnalité que «Le Gri-Gri International» présente sous un jour sombre, c’est bien le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, qui est croqué sous la forme de poupée vaudoue transpercée de toutes parts par des aiguilles. Pour des questeurs qui sont supposés faire des meilleures quêtes pour l’image du Parlement, aller chercher des injures sur la caricature d’un président plutôt «bien barré» à la «Une» d’un journal satirique, n’est-ce pas s’abaisser à un niveau plus bas que celui de ces intégristes instrumentalisés qui brûlent tout sur leur passage sans chercher à comprendre?
Comme l’a si bien relevé un internaute, en réaction à l’article publié sur le sujet par l’Agence France-Presse (AFP), «les boîtes de Pandore sont toujours plus faciles à ouvrir qu’à refermer». Au moment où retombe la folie meurtrière provoquée par la publication des caricatures du prophète Mahomet, force est de reconnaître que la bourde de la questure française n’est pas moins une dérive qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui veulent couper des ailes à la liberté d’expression à travers la caricature. Une chose est de vouloir plaire aux princes, une autre est de savoir, comme Napoléon 1er, que «Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas». Et les questeurs du Palais-Bourbon l’ont franchi. Honte à eux.
Espérons que l’incident est clos. Et que d’autres questeurs en manque de zèle, comme on en connaît aussi sous les tropiques, ne vont pas s’en inspirer.
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