« 2006-01 | Page d'accueil | 2006-03 »

16.02.2006

Dis-moi contre qui tu dég'haine...

La vague de protestations et de violences provoquée par la publication des caricatures peu glorieuses du prophète Mahomet est la preuve que les médias et les sociétés religieuses ne font pas toujours bon ménage. Et Dieu sait que lorsque les premiers ont poussé le bouchon de la liberté dans les dédales des croyances défendues par les secondes, la colère a pris le pas sur la paix. Pour préserver leurs croyances, les extrémistes de toutes les religions n’hésitent pas à réveiller les vieux démons qui sommeillent en eux.  
Mais cela est loin d’être réduit aux violences de ménage actuelles entre l’Occident sécularisé et les sociétés islamiques. En allant chercher son inspiration dans les délicats rapports entre l’islam et la violence, les dessins de notre confrère danois «Jyllands-Posten» frisent la provocation envers les mahométans, mais les mêmes causes ont provoqué à peu près les mêmes effets ailleurs.
Les violences auxquelles on assisté dans l’affaire des caricatures de Mahomet ne rappellent-elles pas étrangement l’incendie du cinéma Saint-Michel de Paris? Pour avoir projeté «La dernière tentation du Christ», un film de Martin Scorsese - qui montre notamment Jésus faisant l’amour avec une femme -, cette salle a connu le supplice de flammes meurtrières qui ont par ailleurs fait une dizaine de blessés dans la capitale française. C’était en 1988, où un groupe d’intégristes a orchestré des manifestations, des menaces écrites et orales qui ont provoqué jets de gaz lacrymogènes, bris de glaces de véhicules, cocktails Molotov, etc. Dans le reste de l’Europe comme aux Etats-Unis d’Amérique, un déferlement de passions s’est voulu à la hauteur de ce qu’on a considéré alors comme une atteinte intolérable aux mystères de la foi des chrétiens.
Cinq années plus tôt, en 1983, le film «Je vous  salue Marie», de Jean-Luc Godard, n’a pas suscité moins de passion dans les milieux catholiques français. Des responsables politiques et religieux ont même poussé le bouchon jusqu’à demander l’interdiction du film. Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, n’a pas caché son indignation face à l’affiche du film «Amen», de Costa-Gravas, représentant la croix du Christ prolongée sur trois branches par celles d’une croix gammée. Au Burkina, le Dromadaire a également reçu, en avril 1995, la décharge colérique d’un lecteur qui s’est dit indigné par un dessin montrant le Premier ministre d’alors, Roch Marc Christian Kaboré, portant sa croix devant le président Blaise Compaoré se lavant les mains à l’instar de Ponce Pilate. «Vous avez dépassé toutes les mesures», avait asséné le quidam dans une protestation publiée par le n° 186 du 13 au 18 avril 1995.
Ici comme là-bas, on trouve des gens qui se sentent obliger de dégainer pour défendre leurs croyances. Le pire, c’est certainement lorsque cela aboutit à une mort d’homme.

Senghor revit dans sa Chaire

Quelque 5 ans après la disparition de Léopold Sédar Senghor, il est plus que jamais vivant dans son immense et inoxydable œuvre. Dans la grande famille francophone qu’il a contribué à fonder par sa chair et dans sa pensée, on ne se prive pas de célébrer le centenaire de la naissance du Président-Poète sénégalais. Son compatriote Birago Diop avait raion: «Les morts ne sont pas morts.» Et la meilleure façon de rendre hommage à un immortel de la stature de l’enfant de Joal n’est-il pas de le donner à manger aux jeunes générations?

Les 10 et 11 février derniers, l’Université de Ouagadougou a donné le ton de l’«Année Senghor» au Burkina par la tenue du 1er colloque international des chercheurs juniors de la Francophonie. A tout seigneur, tout honneur, le discours inaugural a été prononcé par le Pr Joseph Paré, titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie, promu en janvier dernier ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique. Il n’a pas manqué l’occasion d’inciter élèves, étudiants et chercheurs à se ressourcer dans l’œuvre de Senghor pour que l’arbre du «rendez-vous du donner et du recevoir» continue de porter des fruits à la hauteur de l’espérance qu’il a semée.

A travers une variété d’œuvres pétries par des auteurs africains qui garnissent l’espace et la littérature francophone, fleurissent l’esthétique négro-africaine, alimentent la critique et les formes d’expressions négro-africaines, se nourrissent de la négritude senghorienne et donnent des ailes à la poésie et à l’esthétique senghorienne, le colloque de Ouagadougou a été l’occasion d’une véritable anthropophagie littéraire et poético-philosophique. En attendant, le cocktail de conférences, exposition, poésie, musique, cinéma et bande dessinée est prévu du 13 au 19 septembre prochain au Centre culturel français de Ouaga. 

Le progrès n'est pas seulement dans le béton

Le progrès n’est pas seulement dans le béton

 

 

 

Enclavée et mal lotie, la terre des Hommes intègres ne recèle pas moins de matériaux de construction appropriés susceptibles de contribuer à combler le déficit de l’habitat et d’édifices publics et privés. Curieusement, nombreux sont les Burkinabè qui ignorent les bienfaits de cette technologie plus adaptée à leur bourse et au climat de leur pays. Ils ne voient le développement et le progrès que dans le béton armé. Et pourtant, tout ce qui est rare et cher n’est pas toujours synonyme de progrès…

 

 

 

C’est un véritable pavé que le bureau de la coopération suisse jette dans la mare en remettant les matériaux locaux au goût du marché du bâtiment et des travaux publics. Dans un Burkina enclavé où 45% de la matière de construction est importée, il était temps de réfléchir à un ravitaillement moins dépendant de l’extérieur. Sans compter que la facture de cet important ravitaillement va crescendo et sera de moins en moins à la portée des particuliers et même de l’Etat. Selon une estimation des Nations unies, la population burkinabè passera à environ 25 millions en 2025. Et il faudra 1,5 million d’habitations pour contenir les nouveaux arrivants sans oublier de nouvelles infrastructures pour le service public.

 

C’est en prévision à la résolution de cette équation que la coopération suisse a mandaté le bureau Initiatives conseil international (ICI) pour engager une campagne de sensibilisation sur l’importance stratégique des matériaux locaux. L’acte 1 de cette opération de retour à ces technologies adaptées s'est déroulé vendredi 10 février dernier à travers une conférence-débat qui a réuni, dans la Maison sans bois du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (Siao), représentants de l’Etat, bailleurs de fonds et professionnels du secteur du bâtiment et des travaux publics d’ici et d’ailleurs. Un «inventaire des constructions en matériaux appropriés» réalisé par l’ingénieur suisse Urs Wyss a permis aux participants de voir que les briques adobe en terre, les blocs en terre comprimée, les blocs de latérite taillée et la pierre taillée ont fait leurs preuves dans toutes les régions du Burkina. Mieux, ces matériaux faciles d’accès ravissent la vedette au béton grâce à leur moindre coût, à la beauté qu’ils peuvent apporter à la construction et à leur adaptation à la rudesse du climat burkinabè.

 

Ce n’est pas tout. Une vulgarisation des technologies de construction en matériaux locaux contribue non seulement à faire des économies de devise et de résoudre le problème de l’emploi des jeunes. Tenez. Selon un projet réalisé en mai 2002 par l’architecte suisse Laurent Séchaud et le technicien burkinabè Siméon Toé, une école à 5 classes en ciment coûte environ 30 millions contre 25 en blocs latéritiques taillés ou en blocs de terre comprimée.

 

En plus de leur avantage économique certain, les matériaux locaux séduisent par leur confort thermique, sont écologiquement plus adaptés et leur durabilité ne fait pas de doute en milieu rural où ils sont prioritairement adoptés. Il ne reste plus qu’à briser les gros blocs de préjugés qui plombent leur vulgarisation. Pour cela, le bureau d’étude ICI dirigé par Patrick de Lalande se donne une année de campagne dans l’espoir que la mayonnaise finira par prendre.

 

08.02.2006

Au royaume du sexuellement correct

«L’homosexualité est une tare de la société blanche, qui ne s’applique pas aux Africains». Cette phrase a été prononcée en mai 2000 par le président zimbabwéen Robert Mugabe. Un peu partout sur le continent, de tels propos outranciers sont relayés par la loi. La «déviance» devient «délit». L’article 347 bis du code pénal camerounais stipule que toute personne reconnue coupable d’homosexualité est passible «d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs cfa». Lorsque la religion imprègne les mentalités, la justice populaire peut s’autoriser le pire. Au Nigeria, les garants de la loi coranique préconisent de traiter les gays comme les voleurs. Ils pourront être ceins de pneus et immolés en public. En 2000, au Tchad, deux lesbiennes se faisaient lyncher à Abéché…

La chape de plomb est morale, judiciaire ou politique. Dans la vie courante, le voile pudique du tabou recouvra longtemps, sur le continent, les relations sexuelles entre personnes de même sexe. «L’homosexualité n’existe pas chez nous», lâchait un ressortissant burundais à la session internationale d’enseignement sur les droits de l’Homme à Strasbourg en 2002.

Si les choses ne changent guère du point de vue de la tolérance, elles évoluent au niveau de la mise en lumière. Mais il s’agit moins de coming out (annonce publique de son homosexualité) que de dénonciation. A la mi-janvier 2006, la presse privée camerounaise se lance dans une opération d’«outing» à grande échelle. Le bimensuel «La Météo» initie le mouvement, livrant en pâture les noms de personnalités qui auraient eu des rapports homosexuels, notamment par arrivisme. Ministres, prélats ou artistes, personne n’est épargné. Les journaux «Nouvelles d’Afrique» et «L’Anecdote» renchérissent en titrant respectivement «Voici les pédés de chez nous» et «Déviance : la liste complète des homosexuels du Cameroun». Invraisemblables délations d’actes intimes entre adultes consentants, l’opération médiatique est d’abord un calcul commercial. Les tirages des journaux délateurs grimpent en flèche et les prix de chaque exemplaire font même l’objet de spéculation.

Les homosexuels semblaient pourtant surmonter peu à peu leur complexe au Cameroun. La première boîte gay, «Le Pacific», fut ouverte en 2002 à Douala, la capitale économique. A Yaoundé, le dimanche à 22h, la «communauté» se réunit dans un bar de la capitale politique et qualifient leur rendez-vous collectif de «messe de 22h». L’homosexualité camerounaise est également visible sur Internet et en prison. Mais les «surfeurs» de www.cybermen.com recherchent surtout un «sponsor» occidental. Et dans les prisons, la relation homosexuelle reste une manifestation de suprématie des caïds du pénitencier.

Le continent noir est loin de la Gay pride. Dans des régions où la procréation reste le premier signe d’accomplissement d’une vie humaine, les relations sentimentales continuent de s’organiser sous le diktat du «sexuellement correct».

Caricature incendiaire, colère meurtrière

Dans la foulée des manifestations de colère de mahométans protestant contre les caricatures du prophète au moins 5 personnes ont trouvé la mort, lundi dernier, au Liban, en Afghanistan et en Somalie. Au lieu d’en rester au rire - comme le voudrait toute caricature -, on a finalement provoqué des pertes en vies humaines, donc à des pleurs. Triste aboutissement que celui d’une protestation légitimement humaine contre un «crime de lèse-religiosité» suscitée par des portraits taxés de sataniques osés, le 30 septembre, par le quotidien danois «Jyllands-Posten» et republiés par le magazine norvégien «Magazinet» ainsi que par d’autres confrères européens. Fallait-il en arriver là?

En croquant le prophète avec une tête surmontée d’un turban en forme de bombe à la mèche allumée, le caricaturiste a probablement apporté de l’eau au moulin des extrémistes qui font feu de tout bois. Mais cela suffit-il pour s’attaquer aux ressortissants danois, norvégiens, français et de l’Union européenne en général, sinon de justifier finalement le très inflammable lien entre l’islam et la violence?

Dans un contexte interreligieux de cohabitation cauteleuse entre le monde occidental et musulman, les principes de liberté d’expression, de sacré et de profane sont de facto délicats à manipuler. En effet, s’il est vrai qu’une certaine interprétation des sacro-saints textes de l’islam interdit aux pratiquants toute représentation du prophète, il n’est pas moins vrai que le fondateur de la religion musulmane demeure un personnage historique à l’instar de Jésus pour les chrétiens et de Bouddha pour les bouddhistes. Mais lorsque la violence prend le pas sur le débat, avouons que cela ne grandit pas la foi en Dieu. C’est cela qui doit faire pleurer et réfléchir.

La crise ivoirienne, c'est pas du cinéma

Si les politiques ont «tout essayé» pour réconcilier les frères ennemis de la Côte d’Ivoire, les cinéastes, eux, ne se font pas prier pour re-produire les raisons de la discorde sur le grand écran. Ainsi le film «Source d’histoire» du Burkinabè Adama Rouamba fait courir dans les grandes salles de Ouagadougou au grand bonheur des exploitants de salle. Pour son premier long métrage, le jeune réalisateur est allé non seulement pêcher dans un conflit très proche des cinéphiles du Burkina, mais a su allier l’humour aux horreurs de la guerre. Pour avoir su peindre la crise ivoirienne comme on aimerait en rire, Adama Rouamba a réussi son coup. Et le public le lui rend bien. 

Mais au-delà de sa valeur artistique, ce film excite la curiosité pour une autre «source», celle de l’histoire qui divise tant les voisins et frères ivoiriens. C’est cela qui fait le charme du film et qui accroît sa cote. Même si images et paroles de «Source d’histoire» se sont gardées de se mêler des palabres ivoiro-ivoiriennes et que le réalisateur se défend de donner de «leçon de morale», il ne suggère pas moins que le drame qui déchire le pays d’Houphouët n’est pas loin du cinéma.

Plus mythologiques qu’humoristiques - même s’il met en scène Gohou et Ayatolah, deux humoristes ivoiriens de renom -, «Les trois bracelets» du réalisateur ivoirien Yéo Kozoloa a plus suscité la curiosité qu’il n’en a réussi à combler. Mis en chantier en 2001 - donc avant le déclenchement de l’imbroglio politico-militaire du 19 septembre 2002 -, ce film tente de faire voir les fondements de la fraternité et donc de la paix dans une histoire de bracelets qui émousse l’émotion. Si les cinéphiles ont réservé, en janvier dernier, un accueil mitigé à ce film dont la bande annonce à la télévision le situait dans la trame de la crise ivoirienne, c’est entre autres parce qu’il s’est trop englué dans le mythe. L’ère du cinéma calebasse est révolue. Ceux qui n’ont pas encore compris cette donne l’apprennent nécessairement à leurs dépens. 

Si l’on s’en tient à ces deux productions cinématographiques d’actualité, il est intéressant de constater que les réalisateurs qui se sont essayés - ou qui travaillent - sur la crise ivoirienne tracent de nouveaux sillons pour le cinéma en Afrique et plongent le cinéma dans l’actualité des convulsions qui agitent le continent. Les sujets d’actualité ardente ne manquent pas. Et si l’actualité africaine peut prendre des ailes sur le grand écran, il n’y aura que moins d’indifférence aux problèmes qui minent l’Afrique.

03.02.2006

Le pouvoir de pagne

Lorsque le cinéaste malien Adama Drabo présenta, en 1997, au Festival du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) Tafe fanga ou «le pouvoir de pagne), on était loin de s’imaginer qu’un mythe pouvait devenir une réalité dans l’Afrique moderne. La dictature mâle semblait si mal qu’il fallait en rire plutôt qu’en pleurer. Mais c’était sans compter avec les fortunes de l’histoire.

Huit ans après, le Liberia - premier Etat libre d’Afrique noire (ironie du sort !) - inaugure, en décembre dernier, le pouvoir du pagne en portant Ellen Johnson-Sirleaf à la magistrature suprême d’un pays ravagé par plusieurs années de guerre civile. Mais loin d’être une spécificité africaine, l’entrée en scène de la gent féminine apparaît, curieusement partout, comme une revanche de la gent féminine. L’étoile du pouvoir brille pour les femmes et rien ne semble l’arrêter.

L’investiture, en novembre 2005, de Angela Merkel à la tête de la Chancellerie allemande n’a pas été moins accueillie comme une révolution du «sexe fort». La récente élection de Michelle Bachelet au Chili et la réélection, pour un second mandat de 6 ans, de la Finlandaise Tarja Halonen ne sont-elles pas des preuves patentes que l’heure des femmes a enfin sonné?

En tout cas, en France comme aux Etats-Unis, les présidentiables au féminin ne se font pas conter la légende. Elles sont décidées à nouer solidement leur pagne ou leur jupe - c’est selon la région du monde - pour prouver que le pouvoir ne se conjuguera plus seulement au masculin.

Ainsi la percée de la socialiste française Ségolène Royale dans les sondages pour la présidentielle de 2007 fait trembler plus d’un mâle. Au pays de l’Oncle Sam, Laura Bush, la First Lady, n’exclut pas l’éventualité de voir les Républicains porter la culotte à l’actuelle secrétaire d’Etat Condoleezza Rice pour la présidentielle de 2008. Réponse de la bergère à la bergère? Les démocrates ne trouvent pas meilleur porte-flambeau que la sénatrice Hillary Clinton, épouse de l’ancien président. Plus que jamais, les porteuses de pagne sont résolues à prendre leur part de pouvoir. Tant mieux. Pourvu que leur règne soit plus bénéfique pour notre monde à la croisée des chemins.

Nomadisme du "4e pouvoir" au Burkina

A l’instar des politiques ou de la société civile, les hommes et femmes de médias du Burkina ont cru à tort ou à raison que les fatalités auxquelles ils sont confrontés peuvent trouver solution dans la création d’associations ou de syndicats. Ainsi, à qui mieux mieux, chacun y va selon ses accointances, voire son obédience. Des ancêtres tels l’Association des journalistes du Burkina (AJB), le Syndicat national des travailleurs de l’information et de la culture (Synatic) et la Société des éditeurs de la presse privée (Sep) à la toute dernière-née qu’est la section burkinabè de la Société pour le développement des médias en passant par la multitude des réseaux ou cercles de journalistes, ce n’est pas «l’union» qui manque le plus, mais la «force» de frappe. Et lorsque des gens qui sont supposés se battre pour le même idéal ou défendre les mêmes intérêts ne sont pas capables de conjuguer leurs efforts, force est de constater qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

Comme dans le milieu politique ou associatif, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Du moins, la scissiparité à laquelle on continue d’assister n’est pas pour émanciper des hommes et femmes de médias terriblement handicapés pas l’absence de convention collective, de carte de presse, pour ne citer que les maux les plus visibles. L’antipathie ou l’antagonisme que cultivent certains aînés ne milite pas en faveur de l’union sacrée qui devrait cimenter les prolégomènes à toute action efficiente et efficace.

Hélas! Ceux qui ont les moyens intellectuels et/ou matériels de vaincre, un tant soit peu, le signe indien préfèrent bâtir de nouvelles chapelles. Comme s’il suffisait de changer de thermomètre pour faire baisser la fièvre. Malheureusement, l’euphorie des assemblées générales constitutives et de la composition de nouveaux bureaux passée, on re-diagnostique les mêmes maux et on prescrit les mêmes remèdes. 

Or, on n’a pas besoin de dessin pour voir les problèmes qui minent le landerneau médiatique burkinabè. C’est connu de tous, aussi de ceux qui voguent d’organisations en organisations que de ceux qui financent la création de nouvelles associations. Aussi, si le nomadisme associationniste profite à ceux qui s’y livrent de bonne guerre, il n’en demeure pas moins que plus les hommes et femmes de médias seront divisés sur l’essentiel, moins ils pourront devenir ce contre-pouvoir de propositions qui fait si criardement défaut dans le milieu.

Toutes les notes