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  • Gifle

    Jusqu’où iront les con-Patriotes du président ivoirien Laurent Gbagbo? Alors qu’à Abidjan le pouvoir se gère plus dans la rue qu’au palais, un de ces jeunes casseurs à gages s’est tristement illustré au cours des manifestations du 19 janvier dernier en violentant la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de la communication. Vraie ou fausse accusation? Toujours est-il que  Mme Martine Coffi-Studer a porté plainte contre Ben Zahui Degbou, «journaliste de combat», autoproclamé directeur général de la Radiodiffusion télévision de Côte d’Ivoire (RTI). Très retentissante dans une société ivoirienne qui semble avoir perdu ses repères éthiques et républicains, cette gifle n’a pas été seulement reçue comme un inconcevable affront contre un serviteur de l’Etat. Des femmes réunies au sein du Forum des organisations féminines de Côte d’Ivoire se sont vivement élevées contre ce qu’elles considèrent comme une humiliation de la République et de la femme. Mais les autorités ivoiriennes sont-elles encore en mesure d’arrêter ce massacre qui a désormais franchi le rubicond? Rien n’est moins sûr.

    La gifle du con-Patriote Ben Zahui Degbou cache mal celle de tous les partisans de Laurent Gbagbo à un processus de paix qui ressemble fort à une épreuve de Sisyphe pour la Communauté internationale. L’escalade de violences du 19 janvier pour, dit-on, protester contre le constat du Groupe de travail international par rapport à la fin du mandat de l’Assemblée nationale n’est qu’un alibi. Ce qui manque le plus pour remettre la Côte d’Ivoire sur les rails, c’est bien un bon coup de claquoir pour annoncer la fin de la récréation. Or, ce n’est visiblement pas demain la veille.

  • Blanche pauvreté

    Clochards, SDF, le Nord a aussi sa pauvreté et ses pauvres. Le 7 janvier dernier, un trimard japonais a fait parler de lui, et de façon rocambolesque. Kyuemon Fukuda, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a, ce jour-là, mis le feu à une gare de train pour «retourner en prison». Agé de 74 ans, le pyromane a justifié son acte par le fait qu'il n'avait «nulle part où aller» pour se protéger des affres de l'hiver nippon. La hantise du froid l'a poussé à enfreindre les lois d'une société qui ne se soucie plus de son sort. Heureusement ou malheureusement - c'est selon -, il a purgé seulement 8 jours de prison pour un incendie volontaire qui a ravagé le bâtiment central de la gare de Shimonoseki ainsi qu'un hangar préfabriqué.
    Aux Etats-Unis d'Amérique, les Sans-domicile-fixe (SDF) new-yorkais ont passé un hiver corsé par la grève des transports en commun en décembre dernier. Les rames ne roulant plus, les «pensionnaires» de trains, stations de métro et autres tunnels ont été rudement mis à l'épreuve du froid. Mais loin d'être de vulgaires alcoolos de la rue, la plupart de ces sans-abri - estimés à environ 845 sur la seule île de Manhattan - sont aussi «normaux» que leurs concitoyens de New York. Leur seul défaut est d'être pauvres. Faut-il en rire ou en pleurer?
    Même si l'Occident reconnaît une «contribution positive» des clochards à l'économie sociale en ce qu'ils donnent du boulot aux organisations humanitaires et aux journalistes et donnent bonne conscience aux âmes dites charitables, cette catégorie sociale qui s'y élargit de plus en plus est piégée dans le cercle vicieux de l'exclusion.

  • On s'est planté

    La curiosité médiatique de l’après mise en bouteille du Blaiso nouveau était sans conteste le sort du Premier ministre, Che Yonli. D’aucuns n’étaient pas allés par quatre chemins pour pousser le «tapeur de sable» de Tansarga vers le terminus. En tout cas, la plupart des canards se sont trouvé une âme de marabout pour non seulement prédire de potentiels premiers ministrables qui n’attendraient que la fin du haricot pour être mis en selle. Que nenni !

    Une fois encore, les scribouadrs se sont plantés. Blaise Compaoré semble avoir déjoué tous les augures, même les plus optimistes, en reconduisant Paramanga Ernest Yonli à la tête du gouvernement. Notre confrère L’Observateur paalga, qui se croyait dans le secret de la présidence du Faso en révélant que l’enfant terrible de Ziniaré «cherche P.M. pour quinquennat difficile», a dû se mordre la plume pour être royalement passé à côté de la plaque. Probablement lassé par ce qu’il considère comme la valse-hésitation du Blaiso, le doyen des canards privés a bouclé trop tôt, jeudi, son édition du vendredi 8 janvier sans plus attendre de nouvelle de la présidence. C’est justement au moment où il ne s’y attendant plus que le mystère a été dévoilé, rendant anachroniques les titres de L’Obs. et de l’Express du Faso. Le second avait cru donner plus de piment au suspense en affichant les photos des «cinq candidats les plus sérieux».

    En revanche, plus éclairée - au propre comme au figuré -, la TéNéBreuse a agréablement créé l’événement en balançant le scoop - la reconduction de Yonli comme PM -, dès l’après-midi du jeudi 7 janvier au cours d’une édition spéciale aux environs de 14 h 30. Dans la mouvance des bons points qu’elle a engrangés dans la gestion unanimement reconnue de la présidentielle du 13 novembre 2005, la télévision nationale a damé le pion à tout le monde. Et pour ne pas s’arrêter sur si bon élan, c’est également avec la même diligence que le service du Journal télévisé a fait irruption sur le plateau de la télévision, vendredi 8 janvier aux environs de 21 heures 30 - soit après le JT du soir et avant celui de la nuit - pour livrer la composition du gouvernement Yonli III.

    En dribblant les pronostics des médias, le Blaiso nouveau laisse, sans doute, un arrière-goût amer aux confrères qui croyaient prédire les stratagèmes. Pour une fois, le «tapeur de sable» de Tansarga se serait légitiment amusé de ceux qui ont rangé son étable sans même chercher à le consulter.

    Par ailleurs, en rompant le protocole non écrit pour annoncer la démission, la reconduction et la composition du nouveau gouvernement en dehors des heures normales de journaux télévisés, la direction de la télévision nationale jette une lumière nouvelle dans la conception de l’information à la TéNéBreuse.

    Certes, la télévision était dans son rôle de média chaud en annonçant, la veille, ce que la presse écrite devait attendre le lendemain pour expliquer. Mais, pour une fois où le train arrive l’heure, cela mérite d’être relevé non pas pour faire l’éloge de ceux qui n’ont fait que leur devoir, mais pour montrer que quand on veut, on peut. Sans être véritablement un événement, c’est sans conteste un bon point pour le service public, comme on aimerait le voir plus souvent accompli par tous les médias et particulièrement par les médias d’Etat. C’est un défi qui mérite d’être constamment relevé non seulement en début de mandat, mais tout au long du quinquennat.