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27.01.2006
Gifle
Jusqu’où iront les con-Patriotes du président ivoirien Laurent Gbagbo? Alors qu’à Abidjan le pouvoir se gère plus dans la rue qu’au palais, un de ces jeunes casseurs à gages s’est tristement illustré au cours des manifestations du 19 janvier dernier en violentant la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de la communication. Vraie ou fausse accusation? Toujours est-il que Mme Martine Coffi-Studer a porté plainte contre Ben Zahui Degbou, «journaliste de combat», autoproclamé directeur général de la Radiodiffusion télévision de Côte d’Ivoire (RTI). Très retentissante dans une société ivoirienne qui semble avoir perdu ses repères éthiques et républicains, cette gifle n’a pas été seulement reçue comme un inconcevable affront contre un serviteur de l’Etat. Des femmes réunies au sein du Forum des organisations féminines de Côte d’Ivoire se sont vivement élevées contre ce qu’elles considèrent comme une humiliation de la République et de la femme. Mais les autorités ivoiriennes sont-elles encore en mesure d’arrêter ce massacre qui a désormais franchi le rubicond? Rien n’est moins sûr.
La gifle du con-Patriote Ben Zahui Degbou cache mal celle de tous les partisans de Laurent Gbagbo à un processus de paix qui ressemble fort à une épreuve de Sisyphe pour la Communauté internationale. L’escalade de violences du 19 janvier pour, dit-on, protester contre le constat du Groupe de travail international par rapport à la fin du mandat de l’Assemblée nationale n’est qu’un alibi. Ce qui manque le plus pour remettre la Côte d’Ivoire sur les rails, c’est bien un bon coup de claquoir pour annoncer la fin de la récréation. Or, ce n’est visiblement pas demain la veille.
17:59 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
22.01.2006
Blanche pauvreté
Clochards, SDF, le Nord a aussi sa pauvreté et ses pauvres. Le 7 janvier dernier, un trimard japonais a fait parler de lui, et de façon rocambolesque. Kyuemon Fukuda, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a, ce jour-là, mis le feu à une gare de train pour «retourner en prison». Agé de 74 ans, le pyromane a justifié son acte par le fait qu'il n'avait «nulle part où aller» pour se protéger des affres de l'hiver nippon. La hantise du froid l'a poussé à enfreindre les lois d'une société qui ne se soucie plus de son sort. Heureusement ou malheureusement - c'est selon -, il a purgé seulement 8 jours de prison pour un incendie volontaire qui a ravagé le bâtiment central de la gare de Shimonoseki ainsi qu'un hangar préfabriqué.
Aux Etats-Unis d'Amérique, les Sans-domicile-fixe (SDF) new-yorkais ont passé un hiver corsé par la grève des transports en commun en décembre dernier. Les rames ne roulant plus, les «pensionnaires» de trains, stations de métro et autres tunnels ont été rudement mis à l'épreuve du froid. Mais loin d'être de vulgaires alcoolos de la rue, la plupart de ces sans-abri - estimés à environ 845 sur la seule île de Manhattan - sont aussi «normaux» que leurs concitoyens de New York. Leur seul défaut est d'être pauvres. Faut-il en rire ou en pleurer?
Même si l'Occident reconnaît une «contribution positive» des clochards à l'économie sociale en ce qu'ils donnent du boulot aux organisations humanitaires et aux journalistes et donnent bonne conscience aux âmes dites charitables, cette catégorie sociale qui s'y élargit de plus en plus est piégée dans le cercle vicieux de l'exclusion.
13:45 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
10.01.2006
On s'est planté
La curiosité médiatique de l’après mise en bouteille du Blaiso nouveau était sans conteste le sort du Premier ministre, Che Yonli. D’aucuns n’étaient pas allés par quatre chemins pour pousser le «tapeur de sable» de Tansarga vers le terminus. En tout cas, la plupart des canards se sont trouvé une âme de marabout pour non seulement prédire de potentiels premiers ministrables qui n’attendraient que la fin du haricot pour être mis en selle. Que nenni !
Une fois encore, les scribouadrs se sont plantés. Blaise Compaoré semble avoir déjoué tous les augures, même les plus optimistes, en reconduisant Paramanga Ernest Yonli à la tête du gouvernement. Notre confrère L’Observateur paalga, qui se croyait dans le secret de la présidence du Faso en révélant que l’enfant terrible de Ziniaré «cherche P.M. pour quinquennat difficile», a dû se mordre la plume pour être royalement passé à côté de la plaque. Probablement lassé par ce qu’il considère comme la valse-hésitation du Blaiso, le doyen des canards privés a bouclé trop tôt, jeudi, son édition du vendredi 8 janvier sans plus attendre de nouvelle de la présidence. C’est justement au moment où il ne s’y attendant plus que le mystère a été dévoilé, rendant anachroniques les titres de L’Obs. et de l’Express du Faso. Le second avait cru donner plus de piment au suspense en affichant les photos des «cinq candidats les plus sérieux».
En revanche, plus éclairée - au propre comme au figuré -, la TéNéBreuse a agréablement créé l’événement en balançant le scoop - la reconduction de Yonli comme PM -, dès l’après-midi du jeudi 7 janvier au cours d’une édition spéciale aux environs de 14 h 30. Dans la mouvance des bons points qu’elle a engrangés dans la gestion unanimement reconnue de la présidentielle du 13 novembre 2005, la télévision nationale a damé le pion à tout le monde. Et pour ne pas s’arrêter sur si bon élan, c’est également avec la même diligence que le service du Journal télévisé a fait irruption sur le plateau de la télévision, vendredi 8 janvier aux environs de 21 heures 30 - soit après le JT du soir et avant celui de la nuit - pour livrer la composition du gouvernement Yonli III.
En dribblant les pronostics des médias, le Blaiso nouveau laisse, sans doute, un arrière-goût amer aux confrères qui croyaient prédire les stratagèmes. Pour une fois, le «tapeur de sable» de Tansarga se serait légitiment amusé de ceux qui ont rangé son étable sans même chercher à le consulter.
Par ailleurs, en rompant le protocole non écrit pour annoncer la démission, la reconduction et la composition du nouveau gouvernement en dehors des heures normales de journaux télévisés, la direction de la télévision nationale jette une lumière nouvelle dans la conception de l’information à la TéNéBreuse.
Certes, la télévision était dans son rôle de média chaud en annonçant, la veille, ce que la presse écrite devait attendre le lendemain pour expliquer. Mais, pour une fois où le train arrive l’heure, cela mérite d’être relevé non pas pour faire l’éloge de ceux qui n’ont fait que leur devoir, mais pour montrer que quand on veut, on peut. Sans être véritablement un événement, c’est sans conteste un bon point pour le service public, comme on aimerait le voir plus souvent accompli par tous les médias et particulièrement par les médias d’Etat. C’est un défi qui mérite d’être constamment relevé non seulement en début de mandat, mais tout au long du quinquennat.
16:02 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Investigations
Le lion
Victime d’une attaque cérébrale qui lui laisse très peu de chance de reprendre son combat politique, Ariel Sharon, le Premier ministre israélien, tire sa révérence de la tumultueuse scène politique du Proche-Orient. Malheureusement, le «Lion du Grand Israël» quitte la jungle au moment même où elle l’a mené si près de ce qui semblait être l’antithèse de son combat: la paix.
A quelques mois du chevaleresque retrait unilatéral de la Bande de Gaza qui lui a valu la reconnaissance internationale d’«homme de paix», Sharon n’aura pas le temps d’aller jusqu’au bout de son revirement politique. Même si ses médecins jouent de la rhétorique en rassurant sur la stabilité de son état critique, le poids des 76 ans du désormais ex-Premier ministre déjoue tous les espoirs de remise sur pied.
On retiendra que ce sioniste - son père s’étant établi en Palestine en 1910 - aura porté durant une vie très active et agitée le rêve d’un «Israël le plus grand possible». Sur la terre toujours disputée de la glèbe du moshav de Kfar Malal, près de la capitale israélienne Tel-Aviv où il est né en 1928, soit un an avant les émeutes antijuives, il aura fait toutes les guerres, même les plus sales. Adolescent, il a fait ses premières armes dans la Haganah, l’armée juive clandestine. C’est dans l’uniforme de cette légion sacrée qu’il a gagné le galon d’Arik, «le Lion», qui lui colle depuis lors à la peau. Sharon, c’est la bavure de Quibbya, un village jordanien rayé à coups d’explosifs sans le massacre de Sabra et Chatila dont il porte la responsabilité morale en tant que ministre de la Défense à l’époque.
Mais comme un sphinx, il a su renaître de ses cendres de soldat sans piété en créant, en septembre 1973, le Likoud, le rassemblement des forces de l’opposition pour contrebalancer le Parti travailliste. Elu Premier ministre en février 2001, puis en janvier 2003, Sharon venait de provoquer un bouleversement politique en quittant le Likoud pour créer Kadima, un parti centriste en vue de mieux sauter aux prochaines législatives de mars prochain. Mais, tout se fera désormais sans le «Lion du Grand Israël» qui laissera derrière lui plus q’un vide politique. 
15:59 Publié dans Information et relations internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
08.01.2006
Canards télévisés
Depuis lundi dernier, les eaux de l’année 2005 ont cédé la place à celles de 2006 dans le grand fleuve de l’histoire. Si l’aiguille du temps ne s’arrête pas, les humains ont le privilège de marquer un temps d’arrêt et même de regarder dans le rétroviseur. Ce qui se transforme en futur ou avenir n’est-il pas en réalité ce qu’on a semé dans les terres du passé?
Aussi, au moment où les uns et les autres se congratulent pour les roses qui ont pu pousser dans leurs jardins, les acteurs de la presse burkinabè se sont légitiment réjouis d’avoir semé de la bonne graine au cours de l’année écoulée. Du moins, la classe politique, les autorités administratives et l’autorité de régulation et l’opinion nationale ont unanimement reconnu la dextérité et le professionnalisme des journaleux dans la gestion de l’élection présidentielle de novembre 2005, considérée comme l’événement de l’année. Même ceux qui avaient l’habitude de chercher des poux sur un crâne rasé ont dû se rendre à l’évidence que les médias ont mis un point d’honneur à jouer impartialement leur partition.
Mieux, la TéNéBreuse a ravi la vedette au cours de la saison électorale en annonçant les principaux titres de la presse écrite la veille de leur parution. Une initiative d’autant plus bien appréciée qu’elle permettait aux téléspectateurs de prendre une longueur d’avance sur la livraison des canards qui passaient ainsi à la télé. Grâce à la non moins innovante formule d’appels en direct, des directeurs et autres rédacteurs et rédacteurs en chef ont pu vendre les titres de leurs canards en direct sur la télévision nationale.
Ainsi, durant toute la période de la présidentielle, la TéNéBreuse a rayonné comme la chaîne de partage de son plaisir et de celui de ses confrères scribouillards, offrant ainsi un plateau de convergence où transparaissaient la plupart des courants, même ceux qu’elle n’oserait pas diffuser en temps normal.
Hélas. La collaboration retrouvée entre les canards et la télévision n’aura duré que le temps de l’euphorie de la présidentielle. Comme un feu de paille. Et pourtant, cette nouvelle coopération entre presse écrite et télévision a été perçue comme une manière de dresser un nouveau pont entre les deux types de média. Malheureusement, cette fois-ci encore, l’initiative s’est révélée un bébé mort-né qui n’a même pas eu le temps de voir passer le père Noël.
Poisse ou impuissance? La revue de la presse foirée, ce ne peut pas ne pas rappeler le triste sort qui a été ceux des émissions similaires comme «médiascopie» et «Presse dimanche». En effet, si la suppression - non officiellement justifiée - de la première émission avait été commandée par le climat politico-médiatique délétère de la tragique disparition de notre confrère Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune en décembre 1998, l’abolition de «Presse dimanche» a par contre apporté de l’eau au moulin de ceux qui croient que jusqu’en 2003 une certaine classe politique n’était pas disposée à l’expression plurielle et contradictoire. Soit.
Aujourd’hui, la campagne présidentielle a permis de voir qu’on peut tout dire ou presque, sans être inquiété. En témoigne l’érection de nouveaux plateaux comme «Santé Mag», «Eco Finance» - en hibernation et qu’un téléspectateur n’a pas hésité à réclamer la résurrection dans un humour publié par nos confrères la semaine dernière.
Tout compte fait, la direction de la TéNéBreuse pouvait continuer à «manger son piment dans la bouche» des canards sans craindre des ulcères. C’est même à l’honneur de l’actuelle équipe de la télévision de prendre ses patrons à leurs propres mots, afin que les moyens suivent les missions qui lui sont confiées. Car, une émission qui meurt à la télévision nationale, c’est une bougie de la liberté d’expression qui s’éteint. C’est bien parce qu’on n’use pas assez de liberté d’expression qu’elle s’use.
Vivement que toutes les flammes de liberté d’expression et de presse qui se sont éteintes se rallument et que celles qui faiblissent retrouvent vigueur et énergie.
21:04 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Medias Interactifs et Art Digital
Poudrière
L’Onu et l’Union africaine croyaient Bannyr les coups de feu et autres explosions qui grippaient la Côte d’Ivoire en confiant les rênes de l’appareil gouvernemental à Charles Konan. Mais le «consensus» retrouvé autour du gros banquier n’aura duré que la trêve de Noël et de nouvel an. Alors qu’Abidjan se congratulait d’avoir atterri en 2006, «des assaillants non identifiés» ont encore fait parler la poudre autour du névralgique camp militaire d’Akuedo, dans la nuit du 1er au 2 janvier.
Ainsi, malgré la formation d’un «gouvernement équilibré», l’escalade du 2 janvier est la preuve que «l’éléphant d’Afrique» n’est pas sorti de l’auberge. Et que le tout n’est pas de former une équipe gouvernementale, aussi consensuelle soit-elle. Il a fallu 3 longues semaines de palabre pour accoucher d’un gouvernement de 32 membres. Ainsi, tout donnait à voir que la prolongation était mal partie. Et Banny n’était pas sans le savoir.
Sa mission est d’autant plus périlleuse qu’il doit, en 10 mois, réussir la pacification et l’unification du pays ainsi que l’organisation d’élections libres et transparentes. Son prédécesseur, Seydou Elimane Diarra, ayant usé 3 années sans pouvoir appliquer les multiples médications et médiations entreprises par la France et les organisations régionales et sous-régionales pour sortir la Côte d’Ivoire de sa très longue crise politico-militaire.
L’attaque du lundi dernier est la preuve que le partage du cadeau gouvernemental n’a pas suffi à calmer les démons. Pauvre Banny. Lui qui pensait avoir fait un pas important en remettant autour d’une même table les frères ennemis devra apprendre à intégrer les bruits de bottes et de canons dans le jeu de la chaîne musicale. La poudrière est plus que jamais incandescente.
21:02 Publié dans Politique africaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

