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  • Blaise Compaoré jusqu'à à la lie ?

    Compteur à zéro, quinquennat premier! Le Blaiso nouveau est arrivé! Mis en bouteille le 13 novembre 2005, ce nectar des dieux de la politique est désormais disponible depuis le 20 décembre 2005. La date de péremption étant fixée au 19 décembre 2010, il peut se conserver pendant 5 ans.

    Le Blaiso nouveau a été distillé dans les cuves des brasseries de la Centrale des Distilleries Populaires (CDP), contrôlé et certifié boisson de qualité supérieure par l’Association des Distributeurs du Faso/Revendeurs Dûment Agréés (ADF/RDA). La mise en bouteille a été assurée par l’Agence de Manufacture et de Production (AMP).

    Pas de souci pour les consommateurs, le Blaiso nouveau sera commercialisé dans tous les points de vente desservis par l’Association des Bars et Caves (ABC) en gros, semi-gros et en détail. Les commandes en ligne sont possibles. Il est aussi disponible chez les Tenancières de Buvettes et Cabarets (TBC). Priorité aux adhérentes et aux détentrices de cartes de fidélité. Les ménopausées y sont les premières servies.

    Comme le veut la tradition républicaine, le Blaiso nouveau est consacré boisson du quinquennat. Il peut être consommé avec ou sans glaçons. Dans l’Oubritenga, les amateurs le boivent sec, tandis que dans le Kadiogo il est utilisé pour réaliser de nombreux cocktails aux goûts variés : doux, aigre-doux, aigre… Les fins connaisseurs estiment même qu’il peut donner du piquant à des plats aux saveurs Oignon-Poivre-Piment-Oseille-Sel-Iodé-Tomate-Icaque-Orge-Noisette (OPPOSITION).

    Le Blaiso nouveau n’est pas seulement une question de goût, on lui attribue aussi des vertus thérapeutiques dans le traitement d’un mal de sous-développement. Pendant toute la campagne de promotion de ce cru 2005, on a vanté son efficacité dans la stimulation de la valorisation du capital humain, l’élargissement des opportunités de création de richesses, la modernisation des infrastructures économiques et des services, le raffermissement de la gouvernance, la promotion de la culture, des arts et du sport, le rayonnement international.

    Le Blaiso nouveau n’occasionne, semble-t-il, aucun effet secondaire indésirable sauf chez les patients qui sont sous traitement UNDD qui pourraient ressentir des picotements, voire des démangeaisons. La qualité du produit explique son adoption par 80,35% des Burkinabè pour le traitement du Faso en voie de développement.

    Si la posologie est respectée, une prise régulière du Blaiso nouveau est susceptible d’assurer au pays des Hommes intègres un progrès continu pour une société d’espérance.

    Le succès commercial de ce produit maison de la Centrale des Distilleries Populaires avait d’ailleurs été prédit par le Cercle des Gérants de Détails (CGD) grâce à un sondage qui n’a pas été démenti.

    A consommer modérément tout de même. Les conséquences d’une overdose du Blaiso ne sont pas encore connues. Pour les sujets atteints de sankarisme, il est conseillé de consulter d’abord son médecin. Tchin-Tchin !

    Article publié dans le n°743-744 du www.journaldujeudi.com
  • Capitaine-star Rawlings

    Une voyage officiel du capitaine John Jerry Rawlings au pays des Hommes intègres, c’est presque un pèlerinage sur cette terre a offert à la jeunesse africaine un autre leader charismatique dont l’ombre hante toujours le sommeil de ceux qui ont cru faire disparaître sa mémoire à jamais. En faisant venir à Ouagadougou l’énigmatique capitaine ghanéen pour la 2e fois après la tragique disparition de Thomas Sankara, à l’occasion de son investiture comme président du Faso, Blaise Compaoré marque un point dans la recherche d’une virginité politique. Plus que quiconque, il sait que l’ancien président ghanéen est de ceux qui ont le moins digéré la sombre parenthèse fatale au capitaine Thomas Sankara le 15 octobre 1987.

    Rien ne prouve que les nuages de méfiance qui se sont amoncelés depuis lors entre les capitaines Rawlings et Compaoré se sont complètement dissipés. Du moins, la présence du premier - désormais ancien président - au côté du second - qui célèbre sa 3e onction à la tête de l’Etat depuis le fameux 15 octobre -, constitue en soi un événement dans l’événement. Et fait toujours jaser.

    Voir John Jerry Rawlings et son successeur John Ageyekum Kufuor chez un même hôte fait encore plus papoter. Le président burkinabè n’a pas eu besoin des services d’un marabout pour savoir que depuis que le premier a, constitutionnellement, quitté le pouvoir en 2000,  il est devenu  encombrant pour le second, qui fait des pieds et des mains pour le mettre en quarantaine politique. Kufuor et Rawlings à l’investiture du capitaine Blaise Compaoré, c’était comme le chat et la souris aux funérailles d’un ami commun. Et comme l’exige la bonne veille légende africaine, «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Ainsi, l’hypocrisie est aussi une valeur politique sous les tropiques.

  • Gomboïte toujours

    Malgré la haute idée qu’une certaine opinion nationale et internationale se fait de leurs prestations, les forçats de la plume, du micro et des caméras ne sont pas moins englués dans une misère qui ne date pas seulement de l’année 2005: la gomboïte. Maladie tropicale ou tropicalisée - c’est selon -, elle ne sévit pas seulement au pays des Hommes intègres. Elle aurait, selon le rapport 2003 de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), «une origine privée et institutionnelle» et désigne «par l’image, le légume largement répandu en Afrique et qui, par sa consistance, facilite la déglutition. Autrement dit, le gombo est ce qui permet d’avaler plus facilement, y compris les couleuvres…»
    La gomboïte règne dans les médias publics et privés burkinabè. Mais personne ne semble se préoccuper pour l’éradiquer. Beaucoup de directeurs de publication s’en servent pour accroître leurs chiffres d’affaires sans que cela ait une incidence sur le «viim koega» des journaleux. Les plus habiles de ces misérables excellent dans l’art de récolter le gombo, même là où ils ne l’ont pas semé. Tant pis pour l’information qui, sous l’effet de la gomboïte, a fini par devenir indigeste au Faso.
    A la dernière rencontre des forces vives de la presse avec le président du Faso le 14 janvier 2005, le premier magistrat s’est dit préoccupé par le triste sort de la presse. 2005 s’achève sans qu’aucune solution concrète ne soit réellement déblayée pour faire avancer les dossiers de «convention collective» des travailleurs des médias et de la carte de presse, pour ne parler que des plus brûlants. Quand ceux qui doivent l’éradiquer se hâtent lentement, c’est la gomboïte qui a encore de beaux jours devant elle.