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30.11.2005

Société de l'information: Et si l'Afrique battait aussi sa coulpe?

Deux semaines après les passionnants débats sur la fracture numérique au Sommet sur la société de l’information (Smsi), à Tunis, la fondation OSIWA (Open society initiative for West Africa) a lancé au Sénégal un non moins brûlant débat sur les enjeux de l’accès des populations d’Afrique occidentale et centrale aux Technologies de l’information et de la communication (TIC).

Du 29 novembre au 2 décembre, des représentants d’ONG, de la société civile, ministres en charge de la vulgarisation de TIC, fournisseurs d’accès Internet, opérateurs de Télécoms, régulateurs planchent sur un modus vivendi d’environnement favorable et de coûts abordables pour des TICs véritablement au service du développement économique et de la bonne gouvernance.

A l’origine de l’atelier du Sénégal, OSIWA est parti du constat selon lequel les coûts élevés d’accès aux services constitue un facteur limitatif de l’accès des populations, surtout les plus pauvres aux TIC. Or, si rien ne se fait, si les différents acteurs ne se concertent pas, il est difficile de lever cet obstacle suicidaire à plus d’un titre. C’est pourquoi, la fondation a initié un débat de 3 jours pour décortiquer les obstacles à l’avènement d’une bandante passante abordable pour les populations, analyser les problèmes qui empêchent la réalisation de cet objectif vital afin d’arriver à un modus vivendi pour changer la situation.

 « Convaincue que la meilleure manière de rendre son action efficace est d’appuyer les initiatives porteuses et novatrices, susceptibles de valoriser les activités de la société civile en Afrique de l’Ouest», OSIWA met ainsi sur la table les questions du monopole des opérateurs historiques de télécommunications, la transparence dans la fixation des prix, la régulation des activités des opérateurs, le financement des infrastructures.

Poursuivant le même objectif, l'Institut Panos a convié 6 journalistes du Burkina Faso, du Bénin, du Mali, du Togo et du Sénégal à cette rencontre en vue de leur permettre de s'impregner de la problématique en débat et de renforcer leurs capacités dans le traitement de l'information relative aux enjeux des TICs dans leurs pays respectifs.

A terme, OSIWA ambitionne d’amener les gouvernements et les opérateurs de régulation à mieux intégrer la nécessité vitale de permettre aux populations de ce service des TICS pour leur développement, les opérateurs à faire les meilleurs investissements, aux acteurs de la société civile de se professionnaliser en vue de hâter l’avènement de la société africaine de l’information permanente et totale où les TIC ne sont pas seulement perçues comme une affaire des élites.

L’atelier de Sénégal s’inscrit dans un objectif essentiel de OSIWA qui «s’attache à favoriser l’instauration de sociétés ouvertes en Afrique de l’ouest, dans lesquelles prévalent la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit, les libertés fondamentales et une large participation des citoyens aux affaires publiques. Son siège est à Dakar au Sénégal et est présente dans les 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ainsi qu’au Cameroun, au Tchad et en Mauritanie. La fondation mère, OSI (Open society initiative) a été créée en 1993 par le hongrois Georges Soros, un investisseur et mécène.

24.11.2005

Trop Faure le petit

A en croire le satirique Gri-Gri international n°42 du jeudi 3 novembre, l’heure est à la récompense des officiers togolais qui ont porté Faure Gnassingbé au pouvoir. Ainsi le colonel Ayeva, ex-chef d’état major de l’armée de l’air a été promu chef d’état major particulier de la présidence. Une promotion qui serait «sous l’impulsion de Kpatcha Gnassingbé, frère du président de la République et ministre de la défense qui souhaite engager des réformes en profondeur dans l’armée». Ce qui l’aurait amené à ce que «90% des postes de responsabilité ont été ré-attribués en l’espace de trois semaines». Pourvu que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets qu’on déplore ailleurs… 

Fesques et frasques de curés

La France a son Abbé Pierre, un curé qui n’a pas sa langue dans la poche et dont la dernière fresque «parle avec franchise de sexualité et d’homoparentalité». En poussant la liberté d’expression jusqu’à étaler ses expériences sexuelles dans son dernier livre intitulé «Mon Dieu… pourquoi», le prêtre, âgé aujourd’hui de 93 ans, «bouscule, selon Jérôme Cordelier, le dogme catholique sur des questions qui agitent la société et les rangs des chrétiens».
Au Burkina, où le voile couvre religieusement (jusques à quand?) les questions du célibat des prêtres ou de l’ordination des femmes, les curés semblent trop sages pour ébruiter leurs aventures dans la presse, encore moins dans un livre, un membre de la confrérie a décidé de parler et de faire parler de lui.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les complaintes hebdomadaires du Père Francis Balemans dans la rubrique «Droit dans les yeux» de notre confrère «Le Pays» et sa grande interview dans le quotidien d’Etat Sidwaya du 21 octobre 2005 ne laissent pas indifférent la hiérarchie de sa fratrie. Dans une lettre ouverte qu’il a publiée dans la presse nationale le 14 novembre, Mgr Séraphin François Ruamba, archevêque de Koupéla, n’est pas allé par quatre chemins pour fustiger ce qui apparaît comme une rébellion de l’ecclésiastique.
En prélude à l’élection présidentielle du 13 novembre dernier, la conférence des évêques du Burkina s’est cru le devoir d’adresser une «lettre pastorale à ses ouailles». Mais le Père Balemans, qui ne se reconnaissait pas dans l’exhortation de ses «patrons», a rédigé une contre missive intitulée «Lectori Salus» qui aurait été diffusée dans les églises et publiée dans le quotidien «L’Observateur paalga». C’est cette dernière goutte d’encre qui a fait déborder le vase. Et Mgr Ruamba de s’interroger dans une kyrielle de questions dans la presse. Morceaux choisis: «Que veut exactement le Père Balemans? Qu’espère-t-il? Pour qui se prend-t-il? Un simple militant d’un parti politique? Fait-il encore partie d’un corps ecclésiastique et lequel? Quelle discipline peut-on encore espérer d’un prêtre aujourd’hui?... ».
La méditation interrogatoire du prélat cache mal le malaise de voir le Père Balemans afficher de façon aussi péremptoire ses opinions. En déclarant dans son interview à Sidwaya qu’«aussi longtemps que le président Blaise Compaoré dirigera ce pays, il ne faut pas s’attendre à un progrès notable en terme de changement», en s’interrogeant sur «qui soutient Gbagbo? Qui a soutenu depuis 34 ans le défunt président Eyadéma», le discours du curé met à mal la «neutralité» légendaire dont se targue l’Eglise catholique. Pire, en appelant à «Voter nul et nos enfants auront une meilleure vie», son prêche à contre-courant n’a pas manqué de provoquer le courroux des évêques qui, eux, invitaient les mêmes ouailles à «accomplir leur devoir de citoyen».
Comme on peut le voir, le «goût du Père Belamans pour la liberté d’expression» n’est pas toujours du goût de sa fratrie d’adoption. En décidant de tremper sa plume dans le vitriol pour rappeler le prêtre rebelle à l’ordre, Mgr Rouamba a, sans doute, dit haut ce que nombre de chrétiens pensent, probablement bas. En France, l’Abbé Pierre, plébiscité par les sondages comme la «figure favorite des Français», n’échappe pas à la volée de bois vert de la part de ses coreligionnaires. C’est, sans doute, pourquoi le cinéaste Claude Pinoteau l’a choisi comme «le héros d’un documentaire-fiction prévu sur France 2 à Noël». Au Faso, le réalisateur Saint Pierre Yaméogo était allé plus loin en mettant en scène, en 1993, les frasques de la curaille à travers son film «Wendemi, l’enfant du bon Dieu». En attendant que les fresques du Père Balmenans fassent des émules dans le monde du cinéma burkinabè, force est de constater que le curé-pigiste du «Pays» n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin… de croix.

Patate chaude

Extradera ou ne pas extradera pas. Ce fut le dilemme auquel Dakar a été confronté depuis le 19 septembre, suite au mandat d’arrêt international lancé par la justice belge contre l’ex- dictateur tchadien, Hissène Habré, sur la base d’une plainte déposée en 2000 par 3 Belges d’origine tchadienne pour «violations graves de droits de l’homme» durant sa présidence de 1982 à 1990.

Au-delà des supputations et des prises de position, le dossier Habré était une véritable patate chaude entre les mains de son hôte sénégalais. C’est pourquoi le chantre du Sopi a tenté de gagner du temps et surtout une marge de manœuvre. Du coup, l’espoir suscité par le placement sous mandat de dépôt puis l’incarcération du despote à Dakar s’est évaporé avec le dernier tango du président sénégalais.

Aussi, en décidant de la refiler à l’Union africaine (UA), Wade s’engage dans une pirouette qui risque de donner du tournis au juge belge. En effet, si rien n’oblige, dans l’absolu, Dakar à exécuter la demande d’extradition, le président sénégalais semble préoccupé par la jurisprudence que pourra provoquer cette affaire.

En effet, si Abdoulaye tient tant à consulter l’UA, c’est que l’extradition de Hissène Habré ouvre la boîte de Pandore dans laquelle se planquent ou se planqueraient tous les dictateurs en déchéance. Dieu sait qu’à défaut de mourir au pouvoir, ils sont nombreux, les chefs d’Etat africains qui rêvent de l’exil doré dont bénéficie Habré depuis 1990 au «pays de l’hospitalité», -Téranga en wolof . L’effet domino ne se fera pas attendre.

Comme on doit s’y attendre, le président sénégalais et ses pairs n’hésiteront pas à jouer sur la fibre sentimentale de la bonne vieille tradition africaine qui veut qu’«on ne livre pas à ses adversaires un fugitif en danger». Mieux, quand on sait que l’ex-dictateur a assuré ses arrières en intégrant l’influente confrérie musulmane des Mourides à laquelle appartient également Me Abdoulaye Wade, c’est la compétence universelle de la justice belge qui est particulièrement mise à mal.  

20.11.2005

Du rap satirico-politique

Nouveau maxi sorti en novembre 2005 à Ouagadougou (Burkina Faso)

www.studioabazon.com

Votez pour moi

Mesdames et messieurs, je vous prie d’approcher.

Bien que ce soit la période des vaches maigres,

Je ne vous mangerai pas.

 

Refrain

Un, deux, trois votez pour moi, sur la croix, je serai droit.

Quatre, cinq, six, plus de justice, je punirai tous mes complices.

Sept, huit, neuf, remets tout à neuf, je promets, même si c’est du bluff.

Dix, onze, douze, avant qu’on en découse, je vous mets tous dans la  bouse.

 

Populations de ce pays, je vous ai comprises.

Et pour vous le prouver, je baisserai le prix du riz.

Pour vous, je serai un père; je ne regarderai pas à la dépense…

Enfin, je me rattraperai sur la bière et l’essence.

 

Si vous êtes sympas, je vous filerai un bonus.

Des tickets gratuits pour venir me voir en bus.

Prenez donc mon minibus et admirez mes hibiscus.

Et si … vous en aurez beaucoup plus.

 

Je sais que vous m’aimez, vous me sollicitez.

Mais je ne peux pas faire plaisir à tout le monde, tout le temps.

Alors, profitez-en pendant qu’il est encore temps.

Ma générosité n’est pas illimitée.

 

Vous croyez en Dieu, eh bien moi aussi.

Vous êtes chrétien ou musulman, eh bien moi aussi.

Je vous fais remarquer qu’on cherche tous le Paradis.

Et que, par conséquent, on fait partie du même clan.

 

Refrain

 

Le seul qui a un programme ici, c’est moi.

Celui qui a créé le parti, c’est moi.

L’hippopotame comme emblème, ça c’est une idée de ma femme

Qui, depuis lors, ressemble beaucoup à cet animal.

 

Votez pour moi et vous ne le regretterez pas.

Vous ne me sentirez pas, vous ne me remarquerez pas.

Je me ferai discret, quand je ponctionnerai l’Etat.

Je ferai mieux en un an que Mobutu en dix mandats.

 

On dit que je suis corrompu, foutaises !

Pour beaucoup moins que ça, certains ont vendu leurs mères.

Moi j’ai longtemps résisté, avant de prendre l’argent.

Mais maintenant c’est fini, vous pouvez compter sur moi.

Dites-moi ce qu’ils ont fait pour vous.

A part exporter votre blé dans des comptes en Suisse, des placements à l’étranger.

Moi je propose de nationaliser le pognon.

Blanchiment d’accord, mais y a de la place dans mon salon.

 

Refrain

 

Qu’est-ce qu’il y a, vous pensez que j’essaie de vous soudoyer ?

Que tout ce qui m’intéresse au fond, c’est de vous acheter ?

Peut-être, mais alors, réfléchissez.

Si c’était le cas, est-ce que vous refuseriez ?

 

Le choix des billets propres n’est pas le plus judicieux.

J’en ai vu de très sales qui étaient si nombreux,

Que dans ma main je les ai pris et dans ma poche je les ai mis,

Que dans la rue je suis sorti, c’était ni vu ni connu.

 

C’est vrai que c’est une question de vocabulaire.

Détourner n’est pas voler, mais redistribuer

De façon à ce que celui qui se sentait lésé

Voit en définitive son injustice réparée.

 

Paraît que Robin des Bois vole les riches pour les pauvres,

Ce qui est très bête ; vous ne serez jamais riches.

C’est plus facile de satisfaire en faisant le contraire

Tout simplement du Robin des Bois à l’envers.

 

Refrain

 

Bail que vaille

A 69 ans et après 38 ans d’un bail sans partage à la tête du Gabon, le dernier baobab de la France-Afrique n’est pas près de décrocher. Ceux qui ont cru que le «roitelet bantou» allait finir par perdre le goût du pouvoir se sont ravisés. Avec l’âge, il semble affiné son appétit. Omar Bongo Ondimba tient les rênes, contre vents et marrées, d’une démocratie apprivoisée.

La Constitution a été taillée sur mesure et le doyen des chefs d’Etat africains est en bonne selle pour un nouveau bail de 7 ans. Comme dans tous les pays du continent où «on n’a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections», selon la boutade judicieuse de Georges Clemenceau, la volonté du timonier sera faite. Quand on a derrière soi 4 décennies de longévité, «on n’organise pas des élections pour les perdre». Surtout pas lorsqu’on s’appuie sur une machine politique qui porte le sigle emblématique de PDG - Parti démocratique gabonais.

Les prédateurs de la jungle politique gabonaise ont tellement bien appris la leçon que ce sont plus 40 partis politiques satellites qui soutiennent le PDG pour les élections législatives, sénatoriales et présidentielle des 26 et 27 novembre prochains. Comme cela est également de coutume dans ces Républiques où la démocratie est devenue une arlésienne, l’opposition est aux abois et la caravane - de Bongo Ondimba - passe. Pour le spectacle électoral, Pierre Mamboudou, de l’Union du peuple gabonais (UPG), et Zacharie Myboto - un ancien baron devenu opposant avec 23 ans de bons et loyaux services - et 3 autres poils à gratter.

Nouveau bail que vaille. Les choses semblent déjà pliées pour le bonheur de Bongo. Même si ce bonheur ne déborde pas toujours au niveau des 1,4 millions d’habitants que compte ce petit Etat pétrolier qu’est le Gabon. 

18.11.2005

Fessée électorale

Au Burkina Faso, le capitaine Blaise Compaoré vient d'obtenir, officiellement un nouveau bail de 5 ans. L'opposition, plus que jamais divisée et viciée a été lamentablement écrasée à l'issue d'une élection présidentielle visiblement sans enjeu. Les résultats provisoires livrés ce vendredi 18 novembre donne le président sortant plébiscité de 80% des suffrages devant 12 candidats de toutes les tendances confondues. Cette rafle était prévisible mais le directeur de campagne du capitaine a cru enfoncer le clou en qualifiant, dès le 13 novembre, jour du scrutin, la victoire de son candidat de "de massacre et de fessée électorale". Le jeudi qui a suivi, l'hebdomaidre satirique www.journaldujeudi.com a bien rendu le sarcasme du ministre par ce dessin sans commentaire.



Bail que vaille

A 69 ans et après 38 ans d’un bail sans partage à la tête du Gabon, le dernier baobab de la France-Afrique n’est pas près de décrocher. Ceux qui ont cru que le «roitelet bantou» allait finir par perdre le goût du pouvoir se sont ravisés. Avec l’âge, il semble affiné son appétit. Omar Bongo Ondimba tient les rênes, contre vents et marrées, d’une démocratie apprivoisée.
La Constitution a été taillée sur mesure et le doyen des chefs d’Etat africains est en bonne selle pour un nouveau bail de 7 ans. Comme dans tous les pays du continent où «on n’a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections», selon la boutade judicieuse de Georges Clemenceau, la volonté du timonier sera faite. Quand on a derrière soi 4 décennies de longévité, «on n’organise pas des élections pour les perdre». Surtout pas lorsqu’on s’appuie sur une machine politique qui porte le sigle emblématique de PDG - Parti démocratique gabonais.
Les prédateurs de la jungle politique gabonaise ont tellement bien appris la leçon que ce sont plus 40 partis politiques satellites qui soutiennent le PDG pour les élections législatives, sénatoriales et présidentielle des 26 et 27 novembre prochains. Comme cela est également de coutume dans ces Républiques où la démocratie est devenue une arlésienne, l’opposition est aux abois et la caravane - de Bongo Ondimba - passe. Pour le spectacle électoral, Pierre Mamboudou, de l’Union du peuple gabonais (UPG), et Zacharie Myboto - un ancien baron devenu opposant avec 23 ans de bons et loyaux services - et 3 autres poils à gratter.
Nouveau bail que vaille. Les choses semblent déjà pliées pour le bonheur de Bongo. Même si ce bonheur ne déborde pas toujours au niveau des 1,4 millions d’habitants que compte ce petit Etat pétrolier qu’est le Gabon.

17.11.2005

Chiraqueries

Mon cher compatriote préféré s’est exprimé hier, devant les Françaises et les Français, pour les filles et les fils de la République. Un ton optimiste pour lutter contre violences et violations de la loi, contre discrimination et exclusion. Rien à redire sur ces belles paroles. Les méchants au trou, les gentils au travail, et tout le monde main dans la main pour de meilleurs lendemains.

Les réactions s’enchaînent rapidement à la radio… Maires UMP ou PS défendant leurs couleurs tels des supporters de foot, journalistes cherchant à boucler et vendre leurs canards, députés caressant leurs électeurs dans le sens du poil. Le prix du Bouffon d’or revient à De Villier, député européen, s’insurgeant contre le renforcement de la politique de regroupement familial qui « conduit à la polygamie » et critiquant Jacques Chirac d’être devenu « le porte-parole de la France des immigrés ».

Je me dis qu’il reste beaucoup de travail à mes compatriotes et moi-même afin que tous les gentils aient un travail et vivent main dans la main. Je remercie aussi les méchants voyous, aujourd’hui au trou, d’avoir mis le feu aux poudres, ils ont eu au moins le mérite de réchauffer les débats, les médias et les parkings des cités. Quoi qu’on dise c’est grâce à ces méchants que l’on s’occupe désormais des gentils…

 (Lettre de mon amie F16)

La nouvelle plume du Monde

Des couleurs, des photos et Plantu relayé en bas de page. Plus d’espace pour une lecture aérée et de beaux encarts publicitaires qui, eux, ont toujours eu leur place.

Le Monde se renouvelle, il ne veut pas rester derrière son copain Le Figaro qui jouit d’un succès décroissant. Il plaide en faveur d’une maquette plus attractive au service d’une information sérieuse et de qualité. Il défend ses pages réservées à des intellectuels et des universitaires reconnus et se bat pour conserver un caractère littéraire que son adversaire sarko-libéro-financier ne revendique pas. Ambition courageuse à une époque où ceux qui aiment lire se tournent vers la littérature et ceux qui doivent lire vers Les Echos. Les quotidiens souffrent du lire-utile qui a remplacé le lire-plaisir. On ne veut plus entendre parler des guerres et des remaniements sociaux tant que cela ne nous touche pas. Le Monde a changé de formule en espérant que le conflit tchétchène intéressera d’avantage les foules en couleur avec de l’espace entre les colonnes. On peut toujours essayer. Et espérer. Mais la guerre ne mobilisera jamais autant que lorsqu’elle s’invite à nos côtés. Les derniers événements n’ont fait que nous le rappeler.

Il reste à obtenir les chiffres des ventes du Monde depuis le lancement de sa nouvelle formule. Le journal n’a plus qu’à prier pour avoir suscité de nouvelles passions pour de l’information sérieuse et de qualité, en couleur, avec des photos et de l’espace.   

Lettre de mon ami F 16

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